jeudi 20 février 2014

Récit imaginaire ou réel

Hier, j'ai achevé, oui, oui, achevé, pas terminé, le second chapitre de mon thriller Dimitri. Est-ce que je vous en donne un court extrait ? Allez, soyons fou...

Son cœur manqua un battement en découvrant la dernière demeure de son frère, un parallélépipède en épaisses planches de chêne sans autre ornementation qu’une croix russe sur le couvercle. Le prêtre avait terminé son homélie. Des hommes puissants s’emparèrent des cordes détrempées qui passaient sous le cercueil et tirèrent de toutes leurs forces pour le soulever. Ils avancèrent, côtoyant la profonde fosse, manquant glisser dans la boue, avant de laisser les cordes se dérouler et le cercueil descendre au fond. L’émotion submergea Dimitri. Il serra les dents pour ne pas hurler de douleur, la poitrine en feu, incapable d’endiguer les larmes qui roulaient sur ses joues. La boîte glissait lentement vers les profondeurs et chaque centimètre suppliciait son âme, déchirait ses entrailles. Il ne voulait pas dire adieu à Alexeï, pas encore. Il avait tant de choses à lui dire. On lui arrachait son frère, là, maintenant. On le condamnait à une séparation éternelle. S’il pouvait empêcher ce cercueil de toucher le fond de ce trou, il en était certain, Alexeï serait de nouveau à ses côtés. Son cœur lui ordonnait d’agir, sa raison affirmait qu’il était trop tard. Trop tard. Le bruit du cercueil raclant le sol lui tira un sanglot caverneux, un gémissement de supplicié. Tout était fini, terminé.

Pas besoin de préciser les circonstances de cette scène, n'est-ce pas ?

Ecrire Dimitri, un thriller qui se déroule dans le monde réel et dans notre espace temps, est parfois étrange pour moi. Google tourne à plein régime. Où se passe tel événement ? A quoi ressemble tel endroit ? Quelle route peut-on emprunter pour aller de tel lieu à tel autre ? Comment fonctionne cette institution ? Là où j'avais l'habitude de laisser mon imagination faire tout le travail, il faut que je fasse des recherches pour coller au monde réel. Là où j'inventais des lieux qui n'obéissaient qu'à ma volonté, me voilà en train de vérifier le moindre détail pour obtenir la cohérence inhérente à un thriller. Ce n'est pas du tout la même façon d'appréhender les choses.

Ce n'est pas du tout le même travail, mais c'est toujours le même plaisir. Je découvre. J'étudie. J'analyse. Je suis une lambine de l'écriture, c'est sûr. Derrière chaque ligne sur le papier se cachent des dizaines, des centaines de mots écrits dans des fichiers informatiques, sur des feuilles volantes, des mots qui détaillent le pourquoi du comment, des mots qui expliquent, qui organisent, qui ne feront jamais partie du récit mais qui demeurent là, à portée de mes doigts pour assurer le décor de mon récit, sa structure, sa cohérence. Avant j'écrivais ces mots, le nez en l'air, dans mes pensées, décrivant les images qui me venaient naturellement, maintenant, je scrute le net et retranscris ce que je vois.

Ca ne sert à rien me diront certains de s'emberlificoter dans les détails, mais j'ai la certitude que si. Il y a peu, je rencontrais une fan de Brunetti, vous savez le commissaire de Donna Leon, et elle m'expliquait s'être rendue à Venise, où réside le commissaire de fiction, pour visualiser les descriptions fournies par l'auteur. Elle s'est amusée à refaire certains des parcours de Brunetti. CQFD.

Bon, je vous laisse. Le chapitre trois de Dimitri m'attend.

11 commentaires:

  1. Vouououh !!! ton extrait me donne déjà des frissons dans le dos ! Un thriller...j'adore ! J'suis assez fan de ce genre (en tant que lectrice).
    Un tout petit extrait qui en dit tellement déjà !! allez, au boulot Géraldine, j'ai hâte de connaître la suite ! ;-)
    et bon courage !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci toi. :D Mais c'est qui cette Géraldine ? ^^

      Et toi aussi, zhou, au boulot ! Non mais... :)

      Supprimer
    2. rah ah ah !! non mais l'autre, elle commente et elle est même pas capable de retenir le prénom de l'auteure ! ;-)
      ce doit être un acte manqué car je devais sûrement penser aussi en même temps à Géraldine Hary (auteure également) et j'ai tapé son prénom !
      mais je pensais à bien à toi BENEDICTEEEE !
      Ok, je sors...

      Supprimer
    3. Bon, ça va pour cette fois, hein... mais uniquement si tu appelles Géraldine Bénédicte à la première occasion. :p

      Supprimer
  2. Un peu trop de li-ant dans ce passage.

    Le parallélépipède est un peu long, on sent la matheuse en toi. :-)

    Sinon oui, le ton est donné.
    Après un tel désespoir, il ne peut plus qu'y avoir une colère en retour.
    Une colère et une vengeance de même niveau.

    Bisous
    l'Amibe_R Nard

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ton avis, Bernard. J'en tiendrai compte pour mes corrections. Et oui, le parallélépipède m'a trahie. ^^

      Bisous

      Supprimer
  3. Entendre le cercueil racler le sol, brrr, quelle scène terrible ! Sinon, je suis bien d’accord sur l’idée que le diable est dans les détails, plus ceux-ci sont présents, meilleur est le roman.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et j'aime un peu trop les détails. ^^ Au point que j'en mets en sachant pertinemment qu'ils ne seront visibles que de moi. On ne se refait pas. ^^

      Supprimer
  4. Tu as raison, c'est bien comme ça ^^

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour,
    J'attends toujours avec impatience le tome 2 des yeux d'Opale ! Quand va t il être édité ? Merci d'avance pour votre réponse.
    Géraldine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Géraldine. Je n'ai pas de date à donner, malheureusement. La gestation de ce second tome prend du temps et je n'ai pas d'éditeur pour le moment. La fin de son écriture est prévue pour juin de cette année. C'est tout ce que je peux dire, pour l'instant.

      Supprimer