vendredi 29 novembre 2013

Extrait du prologue du Code Minotaure

Hier, j'ai terminé le prologue du Code Minotaure et j'avais très envie de vous le faire partager. Et comme rien ne m'en empêche... Donc, voici le texte, pas le prologue en entier mais la plus grande partie. Soyez tolérant vis-à-vis d'éventuelles fautes ou répétitions, c'est du premier jet. Vous êtes bien sûr les bienvenus pour tout commentaire.

Ah et j'attire l'attention d'éventuels jeunes lecteurs sur le fait que c'est un peu gore... On m'objectera que les jeunes lisent ou voient pire. Certes, mais je préfère leur permettre de ne pas lire ce qui pourrait les choquer.


Le lieutenant Vladislav Mirakovky souffla sur ses mains gantées de cuir épais. Un frêle nuage de vapeur d’eau se forma et s’étira dans la pâle lumière d’un réverbère tout proche. Il frappa du pied, brisa la fine couche de glace du trottoir. Il jeta un regard à sa montre. Deux heures à présent qu’il patientait.   − Qu’est-ce qu’ils fabriquent ? marmonna-t-il, attirant l’attention des hommes de la milice.La chapka enfoncée sur le crâne, le col de leurs lourdes parkas remonté jusqu’aux oreilles, les douze miliciens se dissimulaient aux quatre coins du carrefour. Vladislav porta la main à la poche de son manteau de fourrure, la laissa retomber. Ce n’était pas le moment de fumer.Tout était calme. La majorité des Moscovites dormait au chaud, derrière leurs volets barricadés. Le lieutenant se mit à fixer la simple porte de bois brut, là-bas, tout au fond d’une étroite ruelle. Dans ce quartier populaire de Moscou, tout pouvait se cacher derrière pareil seuil. La question était de savoir ce qui avait pu attirer ici l’homme de main de Vladimir Alexandrov et pourquoi Loukian, pirate informatique aux tendances nihilistes, l’accompagnait. Vladislav et ses hommes n’attendaient qu’un ordre pour le découvrir.Son portable vibra. Il le porta à son oreille.   − Mirakovky !   − La fouille à l’aéroport n’a rien donné. Vassili Bolgarov et Loukian n’avaient rien sur eux, mon lieutenant.   − Vous êtes certain ?   − Oui, mon lieutenant. On leur a fait une fouille complète. Rien.Vladislav raccrocha.   − On y va ! aboya-t-il.Aussitôt, ses hommes se regroupèrent et au pas de gymnastique se rapprochèrent de la porte. Il les suivit, méfiant. Deux miliciens balancèrent un bélier contre la porte. Le bois se fractura. Un nouveau coup le fit exploser en un millier d’échardes. Les policiers se précipitèrent à l’intérieur. Vladislav les suivit.Le silence les accueillit, un silence ponctué de gémissements. Une table trônait au beau milieu d’une large pièce rectangulaire. Les murs disparaissaient derrière de lourds bureaux encombrés d’écrans et de claviers informatiques. Au sol ou sur des chaises, gisaient une vingtaine d’hommes et de femmes. Recroquevillés en position fœtale ou les yeux grands ouverts sur un monde plus juste, la bave aux lèvres, ils avaient livré leur dernier combat pour la vie.   − Celui-là est viv…La fin de la phrase fut couverte par un gigantesque grondement. Vladislav fut soulevé de terre, projeté contre un mur avec force, tel un pantin désarticulé. Le monde explosait. Le sol de ciment se fendit sur toute sa longueur. Les murs oscillèrent sur leurs fondations. Le plafond tangua et s’écroula. Mirakovky se tassa, la tête protégée de ses bras. Le temps lui sembla s’arrêter. Il ferma les yeux, attendant le pire.Il les rouvrit sur un nuage de poussière s’élevant des décombres fumants. Le lampadaire du coin éclairait les lieux d’une lumière blafarde. Toussant, crachant, Vladislav s’extirpa avec peine d’un monceau de bois et de briques. Haletant, il se redressa, le corps douloureux. Autour de lui, tout n’était que ruine. Le bâtiment avait été soufflé par l’explosion, ravageant les pans de murs des maisons voisines. Il ne devait sa survie qu’à la providence.   − Lieutenant ?Un faisceau de lumière perça l’obscurité. Vladislav silla. Un milicien l’observait depuis le seuil de la pièce, hébété, le visage en sang. Sa lampe torche pointée vers le sol éclairait les décombres. Ils étaient les seuls à être encore debout au milieu de l’hécatombe. Dans la lumière, une main fendit la poussière. Un homme se mourrait. Vladislav s’en approcha. Il ne s’agissait pas d’un milicien. Il s’agenouilla à son côté. Son ventre n’était plus qu’une large plaie. Ses tripes s’étaient répandues au sol. De sa bouche s’écoulait une bile jaunâtre.   − Co…code… mino…mino…taure, articula-t-il avec peine.   − Qu’est-ce que c’est ? questionna Mirakovky.La victime semblait s’endormir. Le lieutenant glissa sa main dans la plaie béante, s’empara d’un viscère, le pressa. L’homme hurla.   − Qu’est-ce que c’est ? répéta Mirakovky.   − Mon… Monde… Fin… gémit-il, avant de rendre l’âme. 

3 commentaires:

  1. Waow, quel extrait choc ! Ca promet, bravo !

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    1. Merci beaucoup, Escrocgriffe, pour ce retour enthousiaste. :D

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  2. Merci à toi de partager cet extrait ;)

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