mercredi 16 novembre 2011

J'écris pour moi !

Presqu'un mois que je n'ai pas donné de nouvelles mais, en fait, je dois bien l'avouer, j'ai sombré... Ce n'est pas que l'annonce de Gallimard Jeunesse. Il y avait plein de petites choses qui me titillaient, liées ou pas à l'écriture, et je me suis mise à déprimer. A un tel point que j'ai décrété que je n'écrirai plus, malgré les nombreux et adorables messages de soutien que j'ai reçu, ici et ailleurs. J'ai rangé mon crapchot, bien résolue à ne plus y toucher. Et j'ai déambulé dans la maison. J'ai allumé la télé et l'ai éteinte après quelques minutes de zapping. Merci aux programmes télé d'être globalement aussi peu intéressants. Je suis restée assise dans mon canapé et là, je me suis demandée ce que j'allais faire. Parce qu'arrêter d'écrire, c'est bien, mais rester inactive, ça m'est impossible, et juste traîner sur internet, ça ne me plait pas tant que ça... J'ai réfléchi à la question, sans trouver de réponse. Et puis, il y avait un bloc de papier près de moi, un crayon pas très loin. J'ai trouvé une feuille vierge et inscrit le premier mot "Irbis". Cinq minutes plus tard, je rédigeais le début d'un nouveau roman. Deux heures plus tard, j'étais toujours en train d'écrire et je réalisais que c'était vraiment la seule chose au monde que j'aimais faire. Et pourtant, pas moyen de reprendre Opale ou ce pauvre Sidoine et à nouveau, j'ai réfléchi. Pourquoi parvenais-je à me projeter dans une nouvelle histoire et étais-je incapable de terminer ce que j'avais démarré. Et j'ai enfin compris. J'ai toujours envie d'écrire. Comme je le dis dans les quelques interviews où je parle de moi, c'est vital pour moi. Mais je n'ai plus envie d'écrire pour les autres. Je n'ai plus envie de me demander ce qui va plaire ou ne pas plaire, de faire des plans, de travailler sur tel ou tel point pour que le récit corresponde à un standard quelconque. A trop intellectualiser mon écriture, j'en étais arrivée à en faire un travail alors que ça aurait dû demeurer un plaisir. J'ai abandonné Irbis et commencé autre chose, un texte sans plan, sans monde, avec juste une idée en tête, et des personnages qui se révèlent à moi au fur et à mesure de mon écriture. Editable, pas éditable ? Je m'en moque. J'écris pour moi, pour le plaisir, comme j'ai écrit le premier Opale. Et depuis que j'ai pris cette décision, j'ai réussi à me remettre à la suite d'Opale et à rédiger le synopsis de Sidoine. Alors, non, écrire pour moi ne signifie pas que je ne chercherai pas un éditeur. Cela veut juste dire que je vais arrêter de me mettre la pression pour rien, arrêter de me demander si je vais être à la hauteur des lecteurs qui attendent la suite d'Opale, arrêter de me demander si ce que j'écris correspond bien à telle collection ou telle autre, bref, écrire pour moi et si ça plait aux autres, tant mieux.

Cette décision vous paraîtra sans doute sans importance, sans répercussion notable, mais pour moi, elle signifie beaucoup. A tel point que je voulais vous en faire part.

Et je tâcherai de parler de notoriété la prochaine fois... Si si... ^^

Bonne journée aux courageux et courageuses qui lisent ce blog. :)

12 commentaires:

  1. Et tuas bien raison. fais toi plaisir avant tout!!! Non mais! :))

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  2. Salut Bénédicte.
    Justement je pensais à toi hier et j'allais t'envoyer un petit mot.
    C'est une très bonne décision que tu continues à écrire sans te préoccuper de tout ce qui tourne autour. A vouloir trop faire plaisir aux autres, se dépêcher de boucler un roman, etc... c'est stressant et difficile à vivre (nous sommes nombreux à être passé par là.)J'ai moi-même fait une pause d'un an avant de me remettre à écrire et ça n'en a été que plus bénéfique.
    De tout cœur avec toi.
    Dom

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  3. Coucou Bénédicte,
    Je pense que tu avais besoin de ce moment , finalement seule avec toi même pour te retrouver dans l'écriture qui correspondait. l'important est que tu aies du plaisir.Plus de pression.
    Courage
    Claire
    PS; J'ai proposé Opale dans une petite bibliothèque à coté de chez , il est en tête de gondole. ce n'est pas une grande médiathèque de la capitale mais ce sont des lecteurs intéresses et passionnés.Mon exemplaire d'opale aura une deuxième vie.

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  4. Salut ! Je suis contente que tu aies repris !
    Il y a quelques années, j'avais décidé de faire une pause dans la démarche éditoriale, j'avais envie d'écrire mais sans le stress de savoir si c'est bankable, j'avais besoin d'écrire pour enlever les histoires de ma tête... Alors, pendant ce temps, j'ai beaucoup écrit, j'ai évolué... je sens que j'ai atteint la maturité nécessaire pour réessayer l'année prochaine, qui sait ?
    Écrire est une drogue dont on se passe rarement, et si on est en bons termes avec l'écriture, elle nous le rendra. Alors je te comprends 100% quand tu dis que tu écris pour toi et non pour le marché. ♥ (Et si ce que tu écris pour toi est bankable, alors tant mieux, aussi ! :-D)

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  5. @ Phooka : Merci, m'dame. ^^ Groumpf ! Je réalise que j'ai raté l'occasion de groumpfer sur mon blog, tiens !

    @ Gemma : Oui, c'est stressant et illusoire. La perfection n'est pas de ce monde et ce qu'on écrit ne plaira jamais à tout le monde. Si ça plait à quelques uns, c'est déjà énorme ! Heureuse de savoir que pour toi aussi, l'écriture est un plaisir avant tout. :)

    @ Claire : Coucou. Oui, j'avais besoin de faire un point. Il fut salutaire. :) Super pour Opale. Tu es un ange d'avoir ainsi cédé ton exemplaire à ta bibliothèque. :) Merci.

    @ Jo Ann : Oui, il faut vraiment le voir ainsi. Ecrire pour soi et ensuite seulement voir si ça peut plaire à d'autres et pas l'inverse. Bonne chance pour les éditeurs si tu te lances l'année prochaine. C'est plus très loin. :)

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  6. Salut,
    J'ai découvert ton livre il y a quelque jours dans une médiathèque (celle de Villeneuve d’Ascq, tu dois peut être connaitre, c'est au sud de Lille :-) ) et j'ai adoré.
    C'est pour ça que je suis bien heureux de voir que tu recommence/continue d’écrire pour toi même et pas pour les autres : ce serais dommage que tu modifie ton style d’écriture, qui est déjà excellent, pour plaire au "publique"...
    Il faut écrire pour soi même et pour son plaisir, pas pour celui des magnats de l'éditions ^_^.
    Bref, continue, ce que tu écrit et super ! j'attend la suite d'opale : quel sorte dans 1 ans ou dans 10 ans, qu'importe, j’espère juste quelle sortira un jour (ce que je ne doute pas :D).

    Bonne continuation,
    augustin-59

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  7. Que rajouter ?

    Hum...
    Que publier n'est pas une fin en soi. ;-))

    Ecrire, oui.

    Bisous
    l'Amibe_R Nard

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  8. @ Augustin : Merci pour ce gentil message. Je connais Villeneuve d'Ascq de nom. J'ai habité très longtemps pas trop trop loin mais je n'y suis jamais allée. Je suis heureuse de voir qu'on y trouve Opale et encore plus que mon écriture t'ait séduit. :) Et oui, Opale II sortira un jour. C'est une certitude. J'espère avant 10 ans quand même, histoire que l'attente ne soit pas trop longue. ;)

    @ Bernard : Tu as raison, comme souvent, pas toujours mais souvent. ^^ Bisous

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  9. Bravo,
    pas évident de faire face à la pression. L'écriture est quelque chose d'intime et le regard extérieur peut parfois couper l'inspiration. Chacun donne son avis, on essaye de plaire au plus grand nombre et la petite voix s'éteint.
    Courage, je suis sûre que tu trouveras ton public.

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  10. @ Tigrette : tu as raison et c'est bien dommage de se mettre la pression alors que rien n'est encore fait. :) Merci pour tes encouragements. :)

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  11. Je ne me fais pas de souci pour toi, Bénédicte, je sais bien, moi, que tu ne peux te passer d'écrire !

    Alors un projet ou un autre, peu importe !

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  12. @ Léa : Merci. C'est gentil. ^^ Et oui, plein de projets, tout plein. ^^

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