mardi 20 avril 2010

Corrections de mon roman

Dans mon précédent post... Ouh là, il date... je vous avais dit que je vous parlerai des corrections de mon roman chez Gallimard Jeunesse. Et c'est aujourd'hui que je m'y colle. :) Attention. Je pense que la façon dont sont prises en charge les corrections varie d'une maison d'édition à l'autre.

Quand j'ai envoyé mon roman aux éditeurs, je savais qu'il y aurait des corrections à faire. J'avais entendu maintes rumeurs prétendre que les éditeurs coupaient systématiquement 20% des romans qu'ils éditaient et bien que me demandant où j'allais bien pouvoir supprimer 20% de mon manuscrit, je m'attendais à des coupes franches. Elles ne sont pas venues et j'en ai déduit que les rumeurs étaient infondées comme souvent.

Une fois mon roman sélectionné par Gallimard, il fut confié aux bons soins d'une correctrice qui le relu et m'indiqua les mauvaises tournures de phrases, les fautes d'orthographes, les répétitions, les passages peu compréhensibles et surtout les passages trop longs et qui cassaient le rythme de l'action. Bon gré mal gré, j'ai corrigé mon texte suivant ses conseils, râlant sur les demandes de concision, pensant que c'était impossible de raccourcir et y parvenant pourtant pour réaliser que le texte n'en était que meilleur. Après ce passage épuisant, j'eus le droit à un second tour. On croit que son texte est le plus concis possible, qu'il n'y a plus une seule faute d'orthographe et bam, la correctrice trouve des passages trop longs et des fautes. Je crois que les corrections apprennent à être humble. :)

Une fois cette étape franchie, mon manuscrit fut transmis à une correctrice spécialisée en orthographe et grammaire qui, de surcroit, vérifiait qu'il n'y avait nulle incohérence. Les corrections précédentes m'avaient déjà laissée pantoise par leur justesse. Cette fois, j'ai été sidérée de voir jusqu'à quel niveau de détail, cette personne pouvait analyser le texte. Quand vous voyez en page 435 une remarque précisant que le mot que vous avez inventé et employé en page 34 n'est pas orthographié de la même manière et qu'il faut unifier les termes, je ne sais pas vous mais moi, ça m'a sacrément impressionnée. Je n'ose imaginer le travail que cela représente.

Ces corrections-ci, je n'ai pas eu à les intégrer dans mon texte car le texte est figé chez Gallimard Jeunesse. Je n'ai plus le droit d'y toucher. Snif. Par contre, j'ai le droit d'accepter ou de refuser les corrections proposées et c'est donc ce que j'ai fait. Cela représente peu de travail de ma part puisque ça consiste juste à barrer les corrections dont on ne veux pas.

Maintenant, le texte va être relu par une 3ème correctrice formée comme la précédente. A priori, il ne devrait plus y avoir de fautes du tout mais je ne me fais plus d'illusions. Quant il n'y en a plus, il y en a encore.

Je devrai donc de nouveau accepter ou refuser les corrections proposées et ensuite, si j'ai bien tout compris, mon éditrice et moi même devrons relire le Bon à Tirer, le document que va recevoir l'imprimeur pour y rechercher d'éventuelles coquilles restantes avant impression définitive.

Comme vous le voyez, la correction d'un roman n'est pas une mince affaire et il implique plusieurs personnes dont des correctrices expertes. Ce sont toutes ces relectures qui prennent le plus de temps dans la réalisation d'un livre mais en même temps, s'en passer, c'est prendre le risque de donner aux lecteurs un ouvrage comportant des fautes et ça... vous admettrez que ce n'est vraiment pas top. :)

Alors, un grand merci à mes correctrices qui ont tant pris soin de mon manuscrit.

17 commentaires:

  1. Je confirme, c'est super important la correction. Dans les derniers bouquins que j'ai lu ces derniers jours, j'ai souvent pensé à toi (à chaque fois que je voyais une faute, en fait) qui pestait quand tu devais corriger... Je me disais que oui, tu pestais et que oui, ça ne devait pas être le plus marrant d'une publication, mais qu'est-ce que c'est important qu'il n'y ai plus de fautes !

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  2. Pour ce qui est de couper dans son texte, c'est vrai qu'au début c'est très douloureux parce qu'on aime bien (trop?) ce qu'on a écrit.
    Mais on manie avec plus d'élan la machette à phrases "superflues" une fois qu'on se rend compte de ce que le texte final va y gagner. :-)

    Saint-Exupéry dixit :"la perfection n'est pas atteinte quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à enlever! "

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  3. C'est la que je me rends compte de la chance d'avoir vécu un cycle CoCy. Parce que le coup des mots dont l'orhtographe change en cours de route, j'y ai déjà eu droit ! Enfin, je suppose qu'il y aura quand même tout un tas de chose à corriger (d'ailleur, j'ai commencé à revoir certaines scènes).

    En tout cas, merci de partager ton expérience !

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  4. Hello

    Pour un mot qui change d'une page à l'autre, grâce à Word et à "Ajouter au dictionnaire", on se rend vite compte des changements.

    On peut aussi intégrer les mots dans une base de données, ce qui permet d'en vérifier l'orthographe.

    Les correcteurs utilisent aussi des logiciels qui, comme les bêta, surlignent les phrases longues, les mots bizarres, etc. Ce qui aide beaucoup dans le travail.

    Mais l'oeil peut suffire.
    Avec l'habitude, même en lecture en diagonale la faute saute hors du texte.

    Trois correctrices/bêta, je trouve que c'est bien. Un vrai gage de sérieux pour ton livre.

    Après, pour les ultimes fautes que l'on découvre juste avant envoi et validation... Tant pis, il en faut bien une ou deux par 100 000 caractères.

    En tout cas, c'est bien que tu aies l'obligation de raccourcir et de simplifier, (compression d'un tiers, c'est bon pour le texte en premier ou deuxième jet) on est toujours trop bavard.

    Dit-il en connaisseur ! :o)
    l'Amibe_R Nard

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  5. @ Aline : Tu as raison. Qu'est-ce que j'ai pu pester ! ^^ C'est la partie la plus désagréable de l'édition de corriger son texte surtout un gros comme ça ! Mais quel plaisir d'avoir quelque chose de propre. :)

    @ Syldem : C'est vrai ce que tu dis. Au début, on s'accroche au moindre mot écrit parce qu'on se souvient du travail pour coucher chacun de ces mots sur le papier. Ensuite, on coupe avec moins d'état d'âme. :)

    @ NB : Oh oui, NB, il y a toujours des choses à corriger. D'ailleurs parce que nos corrections ne sont pas exemptes d'erreurs et aussi parce que certaines corrections modifient le texte et mettent en exergue des fautes qu'on n'avait pas vu avant. Bon courage pour tes corrections. :)

    @ Bernard : Ce qui est fort c'est que mes correctrices travaillent sur papier. :) Après, je ne sais pas du tout comment elles travaillent mais elles sont très très pointilleuses et compétentes. :) Et non, j'ai pas viré un tiers de mon texte mais seulement 5%. ^^ Mais c'est difficile de raccourcir un texte, même de 5%. :)

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  6. Quel travail effectivement !

    C'est quand même très bien qu'ils utilisent autant de moyens pour rendre le texte le plus parfait possible. Ca prouve qu'ils tiennent vraiment compte des lecteurs qu'il y aura derrière.
    Comme Aline, je suis déjà tombée sur des romans avec pas mal de coquilles...et c'est très désagréable !

    Bon courage en tout cas !

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  7. Cela veut dire qu'il y aura eu en tout et pour tout quatre phases de corrections de tout le roman depuis que tu as appris qu'il allait se faire éditer ? Oo"
    Est-ce que ça t'a pris beaucoup de temps pour tout revoir ? À quel rythme à peu près ?

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  8. @ Peewee : Oui, Gallimard tient à la qualité de ses ouvrages, visiblement. :) Je ne dirai pas que le roman sera exempt de coquilles. Ca peut toujours arriver mais on aura tout fait pour l'éviter. :)

    @ Feldo : Oui, il y aura eu 4 phases de correction. C'est beaucoup, je trouve, mais nécessaire. Les premières corrections sont celles qui m'ont prises le plus de temps. Je crois que ça m'a pris 3 mois. Les secondes de l'ordre d'un mois. Et les dernières, deux jours seulement. Le rythme dépend fortement du temps de lecture des correctrices. Opale est vraiment un gros morceau. Mais pour te donner une idée, il n'y a eu pratiquement aucun temps mort depuis qu'Opale a été sélectionné en février 2009.

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  9. J'aime beaucoup ton "quand il n'y en a plus, il y en a encore !" :o)
    Enfin, après trois correctrices (sur un manuscrit qui, je l'ai lu, était déjà très soigné) les affreuses petites bêtes ont dû finir par comprendre qu'elles n'étaient pas les bienvenues !

    Allez, courage, tu tiens le bon bout !!!

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  10. Eh bien, c'est un véritable marathon! Dire que lorsqu'on croit en finir avec les corrections, lorsque l'on se croit sauver parce qu'on vient de décrocher un contrat, on doit remettre son ouvrage sur la table d'opération... En même temps, je rêve de parvenir à ça. En tout cas, merci Bénédicte de nous faire partager ton expérience. Un écrivain averti en vaut deux, non ? ^^

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  11. Coucou Bénédicte !
    J'attends avec impatience la sortie de ton roman. C'est long, c'est long... !
    Bon courage pour toutes tes corrections !

    Gyl

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  12. Très intéressant cet article :) j'ai envie de dire : tu touches le bout ! Je me souviens de gros moments de découragement il y a quelques mois, mais quand on tient le livre entre les mains... ;)

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  13. Désolée de vous répondre aussi tardivement.

    @ Beorn : Oui, j'espère qu'il n'y aura pas, plus de coquilles dans le texte final. :) Sinon, tu me le diras. ^^

    @ Léa : C'est vrai qu'on s'imagine que de trouver un éditeur est le plus difficile pour nos romans mais non, il reste encore pas mal de travail après. :) Et oui, tu vaudras deux auteurs quand tu auras trouvé un éditeur pour ton roman. ;)

    @ Gyl : Oh que oui, c'est long. Je compte les mois qui me séparent encore de septembre... Heureusement que j'ai un Sidoine à écrire. Ca m'occupe. ^^

    @ Samantha : Je me sens impatiente à présent mais plus du tout découragée. C'est vraiment la dernière ligne droite. En plus, l'équipe de Gallimard est vraiment super avec moi. :)

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  14. Mah, j'ai vu 4 fautes en lisant votre texte rapidement. Un calvaire, c'est certain. Il en reste toujours... Moi j'utilise le site Sus aux fautes pour corriger mes textes. Vous connaissez des sites de ce genre ?

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    1. 4 fautes ? Ah bon ? Dans quel texte ?

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    2. "parlerai", "le relu", "fautes d'orthographes", "de surcroit", "on ne veux pas", "quant" :)

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    3. C'est pour ça qu'ils ont des correcteurs chez Gallimard Jeunesse... pour corriger les fautes d'orthographe. Quant à mon blog, eh bien, il est ce qu'il est. Je n'ai jamais eu la prétention de n'y faire aucune faute. Désolée pour vos yeux...

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