mardi 16 février 2010

Sacrifice

Je ne suis pas très bavarde une fois de plus mais une fois de plus, je suis plongée dans les... tadam... corrections d'Opale. Oui, oui, je sais. J'ai dit qu'elles étaient terminées. Mais en faisant les annexes, j'ai réalisé que certains passages mériteraient d'être réécrits, des mots changés ici ou là. Du coup, j'ai décidé de relire le roman en entier, une fois de plus. Et le pire, c'est que je trouve encore des fautes d'orthographes, des choses mal dites, de légères incohérences. Il y a toujours à faire. "Jusqu'à l'édition" me disait hier Marie, la personne qui s'occupe de moi chez Gallimard.

J'en suis à un peu moins de 25% de relecture et je bute sur une phrase depuis hier. Je vais bien finir par y parvenir mais la tristesse qui m'a envahi hier m'empêche d'être à 100%. Pourquoi je suis triste ? En fait, plus que triste, je me sens mal, vraiment mal. On m'a demandé hier de couper une scène du roman, la scène de viol. Après un an de corrections sans qu'il en soit question, la scène a soudain été déclarée persona non grata. Pour quel motif ? La loi jeunesse...

Et ça me fait mal au coeur. J'en pleurerais de rage, de dépit. Ce n'est pas tant que cette scène soit cruciale au roman, à l'intrigue. Elle aura lieue mais ne sera pas explicitement montrée aux lecteurs, voilà tout. Ca ne change rien au roman. Je ne pense pas que ça l'appauvrisse. Mais voilà, j'y ai passé du temps. Je l'ai voulu parfaite. Je l'ai écrite avec mes tripes, mon âme ! Ce n'est pas rien d'écrire une scène de viol. Ce n'est pas une scène comme une autre. Je me sens lâche d'avoir accepté sa suppression. En ayant accepté, je me fais l'impression d'être un traitre pour mes personnages, pour mon roman, envers moi-même. Ca fait mal !

Je regrette que l'on ne m'ait pas prévenue avant. Je savais avant de signer mon contrat que ça risquait de poser problème mais on m'avait assuré que non. Et puis, vlam. En même temps, je comprends parfaitement le point de vue de mon éditrice. Elle a raison de me faire supprimer cette scène qui risque de porter préjudice au roman. Je n'ai pas écrit ce texte pour des jeunes mais il va être publié pour eux et même s'ils n'était pas initialement prévus ces jeunes, je me vois mal faire ma forte tête et leur imposer une scène qui pourrait les choquer. Non, il faut bien que je la sacrifie. Mais voilà, ça c'est la raison qui parle et mon coeur n'est pas d'accord avec elle.

Pour terminer ce post sur une note plus gaie. Grâce à Marie, je me suis aperçue hier que le numéro de téléphone inscrit sur les manuscrits que j'avais envoyés aux différentes maisons d'édition n'était pas bon. Vous savez, le truc qu'on vérifie quinze fois avant d'imprimer... Ben, il y a une erreur dedans... Heureusement que celui de la lettre d'accompagnement était correct. Alors, un conseil, n'hésitez pas à inscrire vos coordonnées à différents endroits lors de vos envois aux éditeurs, et sans faire de copier/coller. Enfin, ce qui est bien, c'est que j'ai contacté la personne à laquelle appartient ce numéro de téléphone pour m'excuser d'éventuels appels et je suis tombée sur un charmant monsieur qui a de la suite dans les idées : il veut un exemplaire dédicacé d'Opale. ^^ Y en a qui ne perdent pas le Nord. :)

13 commentaires:

  1. "Non, il faut bien que je la sacrifie. Mais voilà, ça c'est la raison qui parle et mon coeur n'est pas d'accord avec elle."

    Oui, oui, cependant tu l'as écrite cette scène. Tu sais qu'elle existe, et qu'elle a existé pour la suite du roman.

    Rien de perdu me semble-t-il.
    Dans un roman, on ne montre pas tout au lecteur.
    Un petit sacrifice.


    Pour la loi jeunesse, j'aurais dit que c'était... prévisible. :-)
    Car il se trouve toujours deux facettes dans une telle histoire, le côté violée, le côté violeur.
    Responsabilité de l'auteur. (C'est une des facettes qui interdit de tout dire, de tout écrire... en réalité, de tout montrer)


    Alors sèche la grosse larme au bout de ton cil...
    Tu auras d'autres occasions, plus adultes, de montrer cette scène. En écriture, rien n'est perdu, tout se transforme et s'adapte. :-)

    Bisous
    Ton Amibe_R Nard (qui peut t'offrir des suggestions sur une phrase butante, si tu le souhaites ;-) )

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  2. A part faire le deuil, et penser à la joie que tu éprouveras quand des lecteurs viendront te parler de ton livre, je ne vois pas.

    Et puis, je te conseille de garder cette scène quelque part, pour ne pas l'oublier.

    Peut-être la publieras-tu plus tard sur ce blog?

    Allez courage pour la fin des corrections ! L'amour du travail bien fait, ça reste une bonne chose.

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  3. Je suis désolée pour toi, pour cette scène... Je me souviens encore, quand tu l'écrivais, quand la corrigeais... Je sais qu'elle te tenait au coeur, et j'imagine que tu dois être déçue... Mais bon, comme ça a été dit au dessus de moi, rien ne t'empêchera de la publier ici. Elle n'est pas perdue pour autant.

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  4. @ Bernard : Non, la scène n'est effectivement pas perdue mais elle ne sera pas dans le roman. Et je compte bien me rattraper de mes frustrations sur Sidoine. :) Il sera adulte ce roman, na ! ^^ Bisous à toi et merci pour ta proposition d'aide. J'en suis venue à bout cette fois mais je ne manquerai pas de faire appel à tes services une autre fois.

    @ Syven : Je pense beaucoup à mes futurs lecteurs pour terminer mes corrections. Quand je me sens lasse, je me dis que je le fais pour eux et je retrouve de l'énergie. :) Merci pour ton réconfort. :)

    @ Aline : C'est vrai que tu as participé à l'écriture de cette scène, à sa correction. :) Je la mettrai peut-être sur ce blog avec une mention indiquant que c'est pour les plus de 16 ans. :) Ou alors, je l'imprime et la distribue pendant les dédicaces. ^^ Merci en tout cas. :)

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  5. Ça ne doit pas être facile de couper une scène qui tient tant à coeur. En même temps, vu la teneur de la dite scène, je ne suis pas surprise...

    C'est vrai que ça aurait été mieux pour toi de le savoir dès la signature.

    Pour ton prochain contrat, tu spécifieras bien tes vétos éventuels ! ;D

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  6. ('tain, ça me l'a encore fait, pourtant j'ai vérifié !)

    C'était NB, sous le pseudo CoCy.

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  7. C'est en effet dommage mais elle n'est pas perdue pour autant : si tu la publies sur ton blog, tes lecteurs pourront la consulter, comme une scène coupée en bonus sur un DVD :)
    La distribuer sur feuilles volantes risque de te coûter cher en revanche :p
    En tout cas, bon courage pour ces corrections et bravo pour ton énergie ^^

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  8. Ça me rappelle une longue discussion qu'on avait eu sur le sujet il y a quelques temps... publier un roman, c'est passer par des sacrifices durant les corrections, plus ou moins importants selon les cas, mais qui font mal au cœur. Un an après, j'ai encore des regrets et il m'arrive d'en pleurer. Mais il faut se dire que c'est le contrat... et je vis nettement mieux les corrections du tome 2, j'arrive à mieux imposer mes opinions tout en faisant des concessions. C'est un long travail qui dépend de plein de paramètres (le roman, le public, les personnalités dans l'équipe, etc)

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  9. @ NB : Ah, c'était toi. Je me demandais. ^^ Et pour le prochain contrat, ce sera un roman adulte, comme ça... pas de censure. ^^

    @ Xanadu : Merci. Oui, je sens que je la publierai sur le blog. :) Comme ça, il en restera une trace. :) Merci pour les encouragements. :)

    @ Samantha : Oui, ça dépend de beaucoup de choses et notamment de la sensibilité de l'équipe éditoriale qui change d'une personne à l'autre. Ce n'est pas évident de faire des concessions, pas évident de modifier ce qu'on a fait avec tant de passion. J'ai été tenue éveillée cette nuit par une phrase qui me hantait, une simple phrase, un simple mot que je dois modifier. C'est de la folie comme un roman peut vous tenir à coeur. :) Mais bon, le principal est que le roman continue de nous plaire et qu'ils plaisent à nos lecteurs. )

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  10. Je constate que tu as trouvé une nouvelle méthode de promotion : donner les numéros de téléphone des futurs lecteur avant même le tien :) Ca a l'air efficace !

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  11. @ Guillaume : C'est une idée, tiens. mdr

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  12. Pour ma part, je préfère éviter la lecture de ce genre de scènes, ça me rend malade à chaque fois (physiquement j'entends).
    Par contre, je veux bien t'aider pour le "décoquillage" final :D héhé...
    Et moi aussi je pourrai avoir une dédicace, dis dis ?!
    Bises !

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  13. @ Shaya : alors, c'est pas plus mal que cette scène n'y soit pas. Ca m'aurait rendue malade de te rendre malade. :) Merci pour ta proposition pour le décoquillage final. J'aime bien ce mot, décoquillage. :) Et oui pour la dédicace, un gigantesque oui. :)

    Bisous

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