mardi 17 novembre 2009

Au revoir, Pierre Bottero

J'ai longtemps hésité à poster à ce sujet mais parfois, votre coeur vous pousse à faire des choses que votre raison ne comprends pas.

Pierre Bottero est décédé il y a un peu plus d'une semaine maintenant. C'était un auteur de fantasy et de fantastique pour la jeunesse. Il est mort à 45 ans. Je ne le connaissais pas et je n'ai jamais lu une de ses oeuvres et pourtant, je désirais lui rendre hommage. Avec lui, s'est éteint un univers dont nous n'aurons jamais plus de nouvelles. Avec lui, ce sont éteints des personnages, des lieux, des mondes qui n'existaient qu'au travers de sa plume. Il nous reste de lui ses romans à lire et pour moi qui ne le connaissais pas, les témoignages émouvants de ceux qui l'ont connu.

Au revoir, Pierre Bottero.

lundi 9 novembre 2009

Sidoine : Labeur et sueur

Je suppose que vous avez déjà lu une bibliographie. Vous savez cette liste de titres écrits par un auteur. Romans, nouvelles s'y côtoient au fil des années de leur édition. Et là, je ne sais pas pour vous, mais souvent, moi, je reste bouche bée devant l'immensité de la production de certains écrivains. Je me sens soudain très humble, très très humble. Ce n'est qu'une suite de titres, une suite de succès puisqu'il y a eu édition. Rien ne permets de dire et c'est bien là que le bats blesse si l'auteur a eu des difficultés particulières avec tel ou tel texte. La bibliographie ne mentionne nulle part que l'auteur a travaillé sur ces lignes pendant des mois voire des années, qu'il a souffert, qu'il s'est réjoui ou au contraire s'est senti déprimé devant l'ampleur de la tâche. On ne sait même pas s'il a aimé ce qu'il a écrit ou pas. Tout ce que la biblio nous renvoie, c'est cette impression de continuité, d'écriture aisée, sans aucun obstacle sur la voie de l'écrivain. Peut-être est-ce le cas pour certains. Pas pour moi.

Moi, je galère, je rame, je sue, je souffre sur Sidoine. Je ne sais plus combien de fois, j'ai dit "Ca y est ! Je tiens mon histoire !" pour me rendre compte après quelques lignes que non, décidément, ce n'était pas encore ça, qu'il manquait quelque chose, que je me trompais quelque part, sans pouvoir mettre le doigt dessus. C'est le problème avec l'écriture. Il ne suffit pas d'aligner les mots, il faut en plus que le texte plaise, qu'il dégage une certaine émotion. Sinon, il ne passera pas, auprès de personne. Et étrangement, tant que l'auteur n'est pas pleinement en possession de son monde, de son histoire, de ses personnages, l'émotion ne fera pas partie du récit. C'est du moins ce que je pense. C'est ainsi que je fonctionne pour ma part. Et heureusement pour moi, j'ai des bêtas lecteurs qui n'hésitent pas à me dire qu'ils sont allés se coucher en plein milieu de l'histoire car elle ne les interpellait pas suffisamment.

Aussi, aujourd'hui, je vais encore une fois dire "Ca y est ! Je tiens mon histoire !" et je vais pouvoir reprendre la rédaction de Sidoine. Sauf que cette fois et j'espère ne pas me tromper, c'est la bonne. Oubliés les loups garous et la soif du sang qui me semblaient trop "à la mode", oubliées les armures qui me gênaient, oublié le système de magie qui ne me convenait qu'à moitié sans que je parvienne à dire pourquoi. La magie a été revue et rend cohérent le monde imaginé. Les bhargoests, créatures magiques, auront des caractéristiques en propre. Sidoine a enfin un passé cohérent et son caractère m'apparait clairement. Il y a encore un petit blocage du côté d'Oriane. Je l'avoue. Et il faudra encore que j'y cogite mais j'ai avancé. Je sens que ce roman va être un bon roman.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Simplement pour qu'il reste une trace quelque part des difficultés que j'ai eu à rédiger Sidoine, à faire part du travail que représente un roman, de ces allers retours incessants entre la rédaction et le scénario, de cette alchimie nécessaire entre un auteur et son roman, pour que cette ligne qui sera peut-être un jour sur ma bibliographie soit plus qu'une simple ligne. Alors, auteurs, au boulot ! Et lecteurs, n'oubliez pas tout le labeur qu'il y a derrière un roman, même s'il ne vous plait pas. :)

lundi 2 novembre 2009

Les Utopiales 2009

Samedi, j'ai fait une surprise aux grenouilles. Vous savez, les grenouilles, les membres de Cocyclics. Vous savez, Cocyclics, le forum où chacun peut faire lire ses textes, obtenir des conseils, et aider les autres sur leurs propres textes. Si ça ne vous dit vraiment rien, un article de ce blog leur est consacré ici.

Bref, les grenouilles se réunissaient au salon des Utopiales et j'avais décliné l'invitation mais je me suis brusquement décidée à y aller, sans les prévenir. Macalys seule était dans la confidence. On a pris le train ensemble depuis Paris et jamais deux heures ne me semblèrent aussi courtes et si instructives. Nous avons parlé littérature, écriture, auteurs, grenouilles... Je vous laisse imaginer. Et soudain, Macalys me parle de Claire Couturier de chez Mnémos et de tout le bien qu'elle pense de mon roman "Les yeux d'Opale". Je suis restée interloquée, cherchant sur le visage de mon interlocutrice tout sourire si elle se moquait de moi, si j'avais mal entendu, mal interprété, si je m'étais endormie et avais rêvé un instant. Après une dizaine de "Hein, tu es sûre ?" et autant de sourires de Macalys, j'ai réalisé qu'elle me disait la vérité et je peux vous dire que j'étais aux anges. Ben oui, je suis parano. Quand quelqu'un me dit qu'il a aimé mon travail, j'ai tendance à penser qu'il me le dit par pitié ou pour se débarasser de moi... mais je vais me soigner. ^^

A notre arrivée au salon, pas trace de grenouilles. Nous nous sommes donc installées au bar, comme toute bonne grenouille qui se respecte, avant de décider de parcourir les allées du salon et d'enfin retrouver nos pairs. :) Une belle surprise.

J'ai rencontré plein de grenouilles que je ne connaissais encore que par forum interposé et d'autres que je n'avais pas revues depuis longtemps et mettre un visage sur un pseudo, c'est vraiment un plaisir sans comparaison. Enfin, j'éprouve souvent ce plaisir vu que j'ai une affreuse mémoire pour les visages. Si un jour, je ne vous reconnais pas, vous saurez que ce n'est pas du dédain mais juste que ma mémoire me joue des tours. Beaucoup de discussions autour du travail littéraire de chacun, des rencontres, des Utopiales, de la vie. Un vrai bonheur.

Je n'ai pas eu le temps d'assister aux conférences données ce samedi. Par contre, je suis allée faire un tour dans la librairie des Utopiales et je me suis achetée l'anthologie "Retour sur Horizon" des dix ans de Denoël, "Rois et Capitaines" aux éditions Mnémos et l'anthologie AOC Millésime dont est dit beaucoup de bien dans Bifrost. En cadeau, j'ai reçu "Maitre de l'espace et du temps", un recueil de Rudy Rucker que je ne connais absolument pas. Le 4eme de couverture le présente comme le fils spirituel de Frederic Brown et j'adore Frederic Brown. Ca promet un bon moment de lecture. ^^ J'ai profité de la présence des auteurs pour me faire dédicacer l'anthologie de Denoel. Serge Lehman, Philippe Curval, Thomas Day, Catherine Dufour, Jean Claude Dunyach, Xavier Mauméjean et Jérôme Noirez l'ont signée. J'ai été agréablement surprise par la mémoire de Serge Lehman. Alors qu'il signait, je lui ai dit lui avoir envoyé une nouvelle pour l'anthologie, et n'ayant que mon prénom, il s'est souvenu de mon nom de famille. Il a ajouté que je n'étais pas passée loin d'être moi-même dans l'anthologie. Quelle joie ! J'avais le sourire jusqu'aux oreilles. :) Une petite discussion avec Catherine Dufour sur les joies de l'enfantement et sa nouvelle "l'immaculée conception". Une autre discussion sur une histoire de cookies et de Grants avec Thomas Day et Jean Claude Dunyach qui m'a bien fait rire. Je saurai maintenant quoi acheter comme whisky. Merci m'sieur le poutouneur. :)

Après tant d'émotions, ce fut retour au bar, avec les grenouilles et quelques parties de loup garous entre deux discussions. Macalys et moi les avons accompagnées jusqu'à une crêperie avant de les abandonner avec effusions pour reprendre notre train. De nouvelles discussions enrichissantes avec ma partenaire de voyage et nous voilà revenues à Paris. Chacune s'en est retournée chez elle, la tête pleine d'images et de paroles, le coeur en fête.

Vous savez quoi ? Vivement la prochaine rencontre avec les grenouilles ! :)