jeudi 10 septembre 2009

Zorro et Bernardo

Sherlock Holmes et Watson, House et Wilson, Dr. Jekyll et Mister Hide. Ah non, pas ces derniers ! Pourquoi ? Parce que c'est une seule et unique personne voyons...

Mon propos du jour est de vous parler des faire-valoir, de ces personnages qui sont destinés à mettre en valeur le héros, en lui donnant la réplique mais surtout, surtout, en expliquant à tous combien le héros est un homme extraordinaire. :)

L'une des erreurs que l'on commet en débutant dans l'écriture est de dire dans son texte que le héros est très intelligent et très beau et très plein de choses. Le problème est que le lecteur, lui, préfère de loin qu'on lui montre les choses. Les explications de l'auteur ont beau être présentes, le lecteur préfère se faire son propre jugement sur le héros. Et c'est là qu'entre en scène le faire-valoir. C'est par rapport à lui que le héros va montrer à quel point il est intelligent, vu qu'il faut tout ou presque expliquer au faire-valoir, à quel point il est beau, puisque les femmes vont irrémédiablement se tourner vers lui et non le faire-valoir, à quel point, il est fort puisqu'il sauvera d'une mort certaine au moins une fois son faire-valoir, etc. Si votre faire-valoir est une personne normale, le lecteur aura tendance à se mettre à la place du faire-valoir et à considérer de ce fait le héros avec les yeux de votre faire-valoir.

Un autre avantage de la présence d'un faire-valoir ou de tout personnage proche du héros est de pouvoir faire parler votre héros pour approfondir des points essentiels de sa personnalité ou tout simplement éclaircir une intrigue complexe ou encore un univers nouveau pour le lecteur. Dans ce dernier cas, on privilégiera une personne extérieure à ce monde.

Ceci dit, je m'en vais construire un ou deux personnages secondaires pour Sidoine. Grâce à lui et mon homme, j'ai compris qu'il n'y avait rien de mieux que les liens d'amitié pour rendre un personnage sympathique. :)

9 commentaires:

  1. Très intéressant cet article ^^ Une bonne méthode pour montrer et non dire, en effet.

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  2. Je plussoie ! Ça a été un de mes grand boulot de phase II des fedeylins : ajouter un personnage "normal" pour servir de référent / comparaison avec le héros.

    Et ça marche !

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  3. Ben quoi ?

    Bob Morane et Bill Balantine
    Lucky Luke et Joly Jumper !
    Tintin et Milou (+Capitaine Haddock)
    Arsène Lupin et Grognard
    etc.

    Tu l'as dit... l'auteur débutant (pas que le débutant d'ailleurs) a tendance à écrire narcissique.
    Sauf que la narration au "je", on a du mal. Surtout avec Narcisse ! :-)

    Au "il", on sent que l'auteur est là, dans le duo, et qu'il aime un peu trop (trop souvent) son héros. (Comme une mère poule qui couve son petit, à qui il ne peut rien arriver)


    Les points intéressants du "faire-valoir", je n'aime pas trop ce terme (pour plein de raisons, dont le "faire" d'ailleurs :o) )

    - permettre un dialogue (les monologues en plein désert, c'est bien, mais le héros passe pour un taré). Soit permettre une interaction, pour le héros puisse donner la pleine puissance de son expression. Exprimer ses sentiments, ses hésitations.

    - permettre un changement de point de vue (faire-valoir dans les yeux de l'autre, ou tout simplement pouvoir décrire le héros en action : pitain, comment tu l'as fait fort ce double-piqué sabre entre les dents et recourbé dans le dos du méchant ! Mais, ça, c'est le côté trop faire-valoir extatique).
    Pour l'auteur, changer de point de vue, c'est augmenter sa palette de possibilités.

    - On a encore la main secourable. Ben oui, souvent le héros est prisonnier, dans l'incapacité de réagir (par chance, il ne sait pas tout sur tout !)... et voilà le copain qui arrive et le libère. C'est pourquoi le "faire-valoir" est limité, lorsque le copain représente autre chose.
    Le copain, c'est comme le héros, sauf qu'il peut agir à la place du héros (offrir des fleurs à la dulcinée de son copain, à cause d'une trop grande timidité), il peut aussi prendre les coups à la place du héros, et inversement (s'ils ne sont pas trop violents... sans héros, l'histoire trébuche) !
    Il peut encore servir d'aide. Pendant que le héros colmate la fuite du barrage avec son doigt, le copain va chercher du secours.
    Ou aller chercher de l'information à la place du héros ou pendant que le héros est occupé à batailler. (plusieurs yeux, plusieurs oreilles, plusieurs bras)
    Sans oublier que le copain a aussi des copains ! (et des copines, lorsque le héros est pur et sans attache ! :-) )
    En plus, le copain du copain, ça évite au héros d'avoir tout une foule de copains ! et d'être vraiment ultra-populaire : tout le monde il l'aime, tout le monde il est gentil avec lui. :o))

    Un copain peut aussi mourir, comme dans la vraie vie.

    Bref, il est quand même loin de la potiche blonde, ou James Bond Girls, ou encore du Docteur Watson (belle potiche s'il en est une, et on l'a reproché à Conan Doyle... même si ce dernier s'en tire en prétextant que Watson écrit les mémoires de Sherlock Holmes, et donc qu'il s'efface pour laisser la place à son ami, dans une attitude toute britannique. Autre couple britannique : Hercule Poirot et Hastings, sauf qu'Hastings est le bras armé lorsque le besoin d'action montre son nez.)

    Un copain permet des interactions, avec différents avis... (qui a dit que les copains étaient toujours d'accord, qui a dit qu'ils n'iraient pas se bagarrer pour avoir raison ou pour avoir la fille, idem chez les filles)... lorsque le faire-valoir tourne un peu trop au béni-oui-oui : que le héros il est beau, qu'il a toujours raison.

    Ou à la princesse prétexte, à la Marie couche-toi là, au repos du guerrier. :-(
    Personnage sans vie, sans profondeur... qui démolit un roman plus sûrement qu'un rouleau compresseur écrabouille et pulvérise un oeuf.

    Ne créez pas des potiches, ni des faire-valoir, mais de vrais personnages : des copains de coeur, des copains d'honneur, avec leurs personnalités, leurs volontés, leurs buts et même leurs super connaissances du héros : ce que le héros leur a confié, ce qu'ils ont vécu ensemble, ce qui les rend si complices malgré ce qui les oppose et les réunit en même temps.

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  4. Parce que, même si Bénédicte dit que le lecteur va se mettre dans la peau du faire-valoir, elle se trompe : on est à la place du héros ! Pas ailleurs ! :-)))

    Jamais ailleurs, c'est Notre aventure !
    Alors, autant que les copains soient bons... et pénibles, bougeants, vivants !
    Inoubliables.


    Bénédicte m'étonne encore lorsqu'elle conclut :
    "ou encore un univers nouveau pour le lecteur. Dans ce dernier cas, on privilégiera une personne extérieure à ce monde."

    Mais pourquoi tant de haine ?
    On utilise un enfant qui grandit, ou une jeune princesse qui sort, enfin, de son palais ! ;-)))

    Ce qui classe alors le roman en jeunesse ! :-))))
    A cause de la quête initiatique. (i. e. : découverte du monde via des yeux innocents)



    Les romans pour adultes s'imposent au lecteur par touches successives, par les connaissances ou les réactions du héros.

    Si j'ai peur du Schlounz et que je me lave les mains avec du savon à deux reprises.
    Je n'ai pas besoin d'être un enfant pour comprendre ce que c'est... surtout si mon copain rajoute que, décidément, les cadavres ne sont plus ce qu'ils étaient, et que le ragoût sera moins chargé de suie ce soir ! :-)))


    Reste que le héros peut être un paysan inculte, ou un gars/une fille qui n'a pas beaucoup voyagé... un récurrent dans combien de livre de Fantasy ?

    Sauf que le héros en ressort, presque toujours, comme un épouvantable niais... et quel lecteur aime endosser le rôle d'un niais ?

    Un niais qui n'a rien vécu, qui est pâle comme une sole rachitique : un morceau de carton poussé sur le décor du monde.

    Non ! Non ! Non !
    Un vrai héros adulte a du vécu. Il connaît bien des choses, et les compare entre elles, montre ses préférences.
    S'il préfère la suédoise rayonnante, à l'africaine voluptueuse ou à l'asiatique épicée, c'est qu'il les a testées... toutes ces cuisines ! :o)
    Ce qui, de par ses choix, le caractérise !


    Bien Amicalement
    L'Amibe_R Nard

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  5. Je suis rassuré de voir que je ne fais pas la faute du débutant ^^

    J'ai bien aimé ce petit texte qui nous fait réaliser ô combien est parfois complexe un personnage :)

    Mon personnage est timide et n'a pas l'étoffe d'un héros.
    Je pense que le lecteur se fait son propre jugement sur mon personnage principal et que je ne lui en donne absolument pas trop.
    Par contre mon faire-valoir n'est pas uniquement un personnage mais un ensemble de choses qui font que le héros se sent tel qu'il est et agira en conséquence.

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  6. @ Bernard : Mais tu t'es lâché, là. lol

    Mais j'ai jamais dit qu'un faire-valoir devait être une potiche ou un personnage sans profondeur. Je suis comme toi. Je n'aime pas les personnages secondaires sans vécu, sans ampleur. :)
    Et on est peut-être à la place du héros mais le référent demeure le faire-valoir. C'est lui qui nous sert d'étalon.
    Et oui, une princesse enfermée dans son palais ou un enfant qui ne connait pas le monde adulte sont bien des personnages extérieurs au monde que l'auteur décrit. CQFD. :)
    Quant à Hastings, je ne le connais qu'à travers de la série avec David Suchet et il n'a rien d'un héros. La seule fois où quelqu'un lui a tiré dessus, il s'est fait tout petit. Non, ce n'est pas du tout la main armée de Poirot. C'est juste le type qui ne comprends rien à l'intrigue et à qui Poirot explique les choses. Et pourquoi ? Pour que le lecteur comprenne. Donc, on n'est pas dans la peau de Poirot mais bien dans celle de Hastings dans ce cas. NA ! lol

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  7. Oui, j'ai dégouliné :-)))

    Hastings, c'est quand même le gars qui conduit, qui va s'empêtrer dans la boue (lorsque Hercule, de la série, ne pourrait tacher son veston ou son pantalon :-)) )

    Bref, c'est le gars qui passe devant, pour prendre les coups !
    Et parfois, Hercule lui explique - c'est vrai - la situation, ou une partie, ou alors il le laisse astucieusement dans l'expectative... avant d'ouvrir la table de la solution à tous les convives.
    Le lecteur en sachant toujours un peu plus qu'Hastings, mais pas plus que le distingué Hercule Poirot.

    La place du lecteur ?
    Derrière le héros actif... celui que l'on voit :-)

    Bisous
    l'Amibe_R Nard

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  8. Le faire-valoir, c'est bien utile, mais il peut facilement faire cliché. Oui, je sais, les meilleures idées sont des clichés bien utilisés...

    Je trouve que, comme Bernard l'a dit, le plus important, c'est de donner un interlocuteur au héros. Ne serait-ce que pour l'entendre parler, pour savoir comment il se comporte avec un de ses semblables sur le long terme etc. Sinon, il est difficile de donner un aperçu de sa personnalité.

    Attention aussi à autre chose, n'oublions pas la grande règle du roman : RIEN n'a sa place s'il ne sert pas l'intrigue d'une manière ou d'une autre. ça vaut aussi pour le faire-valoir. :o)

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  9. Tsss... Vous faites la paire tous les deux, tiens. ^^ J'ai jamais dit qu'il fallait introduire un personnage sans consistance dans son roman ni mettre des scènes inutiles. Je dis juste que c'est une méthode pratique pour faire passer des informations sur son personnage que de mettre en place un faire-valoir. ^^

    Donc, je suis d'accord avec vous... dans les grandes lignes... Groumpf ! ^^

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