lundi 3 août 2009

Premier prologue de Sidoine

J'ai repris l'écriture de Sidoine avec mes nouvelles idées sur Oriane et en travaillant sur le prologue, j'ai réalisé que des prologues, j'en avais écrit plusieurs pour cette histoire, prologues qui resteraient à jamais prisonniers des limbes électroniques de mon pc. Je ne sais pas comment écrivent les auteurs en général mais moi, je jette beaucoup, surtout mes débuts. Je peux les recommencer plusieurs fois de suite pour démarrer l'écriture d'un roman. Je dis ça mais en même temps, j'en suis qu'à mon second, de roman. Ca ne permet pas vraiment de faire des généralités.

Bref, j'ai décidé de mettre les différentes moutures sur mon blog. Pour ceux qui les liraient, l'histoire racontée par ces prologues ne préfigurent en rien de l'histoire véritablement racontée dans la version finale de Sidoine. Il faudra les lire et les oublier aussitôt. ^^

Aujourd'hui, je vous mets le premier de la liste. C'est du premier jet et il est possible qu'il s'y trouve des fautes d'orthographes et des passages mal dits. Vous m'excuserez de ne pas avoir envie de retravailler de futurs rebuts. ^^

Edit : Une petite précision, ce texte n'est pas destiné à la jeunesse. La scène peut éventuellement choquer les âmes sensibles.


"La peur au ventre, il franchit la dernière marche et tendit sa torche. La lueur entamait à peine les ténèbres souterraines. Il frissonna et fit un pas hésitant sur les dalles de pierre rendues glissantes par l'humidité. Son cœur cognait dans sa poitrine, martelant ses oreilles. Il prit une profonde respiration, la regretta aussitôt alors qu'une odeur putride envahissait ses narines. Ecoeuré, il se força à marcher. Il se mouvait lentement comme pris dans un brouillard résistant à chacun de ses gestes. Il aurait pu, il aurait dû, fuir, et pourtant, il se sentait irrésistiblement attiré en avant. Un rectangle sombre auréolé d'une lumière jaunâtre se découpa devant lui. Il avança la main et la posait sur le vantail quand un hurlement strident le tétanisa.
— Emilie !
Son propre cri lui rendit l'usage de ses muscles. La porte s'ouvrit sous sa poussée. Il hoqueta devant l'horreur de la scène. Son Emilie, écartelée sur une grande croix de bois sombre, alors qu'un homme la besognait en poussant des râles de plaisir. Cet homme, il le reconnut. Therion. Son mentor, son presque père, Therion.
— Noooooooon !
L'homme se retourna, le sexe dressé, laissant voir la jeune femme attachée debout, nue, le corps tailladé, ensanglanté de sang, de son propre sang. Il l'avait torturée !
— Sid…
Son prénom, murmuré par des lèvres tant aimées et réduites en charpie sanguinolente, lui transperça le cœur. Le regard d'Emilie, cet appel pour sa délivrance, quelle qu'elle soit, lui vrilla les tempes. Il bondit en avant. Le poignard de Therion s'abattit. La lame traversa le cou d'Emilie. Dans un soubresaut, elle rendit l'âme, ses yeux grands ouverts fixant Sid. Ses genoux se dérobèrent sous lui. Il hurla de douleur.
— L'amour n'est pas pour nous, Sidoine… murmura son mentor.


$$$

Sid se réveilla en sursaut et s'assit, le cœur battant à tout rompre, le souffle rapide. D'une main tremblante, il essuya la sueur poisseuse qui maculait son front et observa les lieux, hagard. L'aube se levait à peine sur la campagne environnante. Un petit cours d'eau murmurait à une dizaine de mètres de lui. Derrière lui, quelques saules le séparaient d'une route poussiéreuse. Son étalon, Sable, broutait à quelques pas.
Sidoine mit quelques instants à se souvenir où il se trouvait : nulle part. Il grimaça un sourire. Au moins, s'il avait hurlé durant son cauchemar, il n'avait réveillé personne. Il rejeta la cape de laine noire qui lui avait servi de couverture et se leva, bâilla à s'en décrocher la mâchoire et s'étira longuement pour combattre la raideur qui s'était emparée de ses muscles. Il termina de se réveiller en chassant par de puissants coups du plat de la main les quelques brins d'herbe restés collés à ses vêtements de cuir noir. Sable hennit et s'ébroua.
— Comme tu dis...
Il s'approcha du ruisseau et s'agenouilla, laissant échapper un léger gémissement. Ses articulations le faisaient souffrir. Il n'avait plus vingt ans depuis longtemps et son corps le lui rappelait régulièrement. Il se pencha et s'aspergea visage et chevelure d'eau fraîche. Les mains posées dans la terre meuble, l'esprit ailleurs, il laissa les gouttes glisser le long de ses joues recouvertes d'une barbe naissante, tomber de ses cheveux noirs mi-longs, perler au bout des longs cils qui surmontaient son regard sombre. Enfin, il se secoua, se redressa, ramassa cape et épée bâtarde et rejoignit sa monture. "

5 commentaires:

  1. Bonjour !

    Bénédicte, Amibe, merci pour vos réponses n_n. Nan nan, n'ayez crainte, je ne suis pas angoissée^^' ! J'utilise toujours des mots trop forts pour écrire, mais ça va !

    Merci aussi pour vos conseils ! J'écris depuis longtemps, maintenant, des scénarios, et je me suis lancée, le coeur battant, dans l'écriture d'un roman !
    Après une 1e expérience brouillonne, j'ai fait lire mon ouvrage (CR) à quelques amis. J'ai aussi présenté mon histoire mon blog, histoire de parler un peu de mon travail ! Là, je viens d'achever une 2e histoire, disons, une "suite et une version améliorée de la 1e" : celle-là aussi, je la fais lire à quelques cobayes (rires).

    Vous avez raison : mieux vaut ne pas se précipiter !

    ***

    Sid.
    ça m'a scié, ce prologue ! Je ne m'y attendais pas ! On entre tout de suite dans une scène forte, poignante et violente, qui donne envie de connaître la suite n_n. Et lorsqu'ensuite, le rythme devient plus calme, avec le réveil de Sid, ça accroît encore plus l'envie de le connaître^^

    Moi j'aime bien !
    (pardon pour la tartine ><)

    Bye bye !

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  2. Les amis, c'est bien, Oscar, mais il vaut mieux le faire lire à des gens qui n'ont pas de raison de te faire plaisir. La mare est parfaite pour ça.

    Et merci pour Sid. ^^

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  3. Tout à fait d'accord avec Oscar quant au rythme ébouriffant de ce début ! :)
    Vivement qu'on te bêta-lise ^^...

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  4. Yes, ce début a un très bon rythme ! En tout cas si le cauchemar doit faire flipper... c'est gagné ;)

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  5. Merci, Shaya. :)

    Oui, Samantha, le cauchemar devait faire flipper. ^^

    Mais finalement, ce n'est pas le prologue retenu. :)

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