dimanche 17 mai 2009

Schyzophrénie

Il y a quelques jours, j'ai reçu mon à valoir. Ca m'a fait bizarre de recevoir un chèque pour ce que j'avais écrit, inventé. On a l'habitude d'être rétribué pour une production, quelque chose qu'on crée concrètement ou un travail de réflexion mais là, c'est un peu comme si je venais de vendre une part de moi même, de mon esprit. J'imagine que dans le futur, un lointain futur, on branchera des électrodes sur les écrivains et que les éditeurs donneront accès à leurs pensées aux lecteurs. Ils pourront ainsi pénétrer leur univers imaginaires, rencontrer les personnages inventés, visionner les histoires directement, sans passer par la phase papier.

En fait non... Ca ne se fera jamais. Pourquoi ? A cause de la création littéraire. Si vous entriez dans ma petite cervelle, vous n'y trouveriez pas les mondes que j'ai décrits dans mon roman, ni les personnages, ni quoi que ce soit. Vous ne trouveriez qu'une seule chose : moi, moi, et encore moi. Non, non, je ne fais pas une brusque crise d'égocentrisme aigue. ^^ Mais la création littéraire n'est pour moi rien d'autre que la possibilité pour l'auteur d'extraire de lui même, de sa propre personnalité, de son vécu, les personnages, les lieux qu'il va décrire. Il faut être schyzophrène pour être un bon auteur. Il faut posséder en soi le pire des êtres et le meilleur des êtres et cela, je pense que chacun de nous le possède. Nous ne sommes pas une entité unique. Nous sommes constitués d'une infinité de petits "moi", des moi orgueilleux, prétentieux, aimant, envieux, détestables, amicaux, violents, troublants, roublards... Ce sont ces petits "moi" que l'auteur sait retrouver au sein de sa multitude et mettre en avant pour en faire un personnage concret. Etre auteur, quelque part, c'est se connaître soi-même.

8 commentaires:

  1. Moi, j'ai très hâte de rencontrer tes "toi" dans Opale !
    P.S: trop contente de t'avoir parlé samedi!

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  2. Voilà la réponse à la fameuse question "mais où vas-tu chercher tout ça ?" qu'on pose toujours aux auteurs... ;o)

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  3. >... c'est un peu comme si je venais de vendre une part de moi même, de mon esprit

    Mama, elle se sent vendue, alors qu'il s'agit de la vente d'une production.
    Un petit arbre comparé avec ce qui va venir :-)))

    >Vous ne trouveriez qu'une seule chose : moi, moi, et encore moi.

    Tu veux dire que le Lundsum collant, c'est toi ! 8-))

    Que tu es méchante comme ton héros le plus noir ? (Hum, je comprends mieux pourquoi il est presque doux comme un agneau :o)) )


    >Nous ne sommes pas une entité unique. Nous sommes constitués d'une infinité de petits "moi", des moi orgueilleux, prétentieux, aimant, envieux, détestables, amicaux, violents, troublants, roublards... Ce sont ces petits "moi" que l'auteur sait retrouver au sein de sa multitude et mettre en avant pour en faire un personnage concret. Etre auteur, quelque part, c'est se connaître soit même.

    Quoiii, tu serais donc une créature plus parcellaire qu'une Amibe ???

    J'y crois pas.
    Et si on remplaçait moi par roi

    Nous ne sommes pas une entité unique. Nous sommes constitués d'une infinité de petits "roi", des roi orgueilleux, prétentieux, aimant, envieux, détestables, amicaux, violents, troublants, roublards... Ce sont ces petits "roi" que l'auteur sait retrouver au sein de sa multitude et mettre en avant pour en faire un personnage concret. Etre auteur, quelque part, c'est se connaître soi-même.

    Ah ouais, ça sonne quand même mieux.

    Même si je tergiverse sur ta conclusion. Parce qu'un auteur, c'est aussi tout ce qu'il a capté du monde, tous ces autres qui l'ont touché, impressionné, repoussé, révulsé... et même embrassé. Par la pensée ou la proximité. Tout ce qui vit en lui.

    Mais tu as raison, c'est encore se connaître soi-même ! (sans t et avec tiret, chuuut rectifie en douce, personne n'a vu ;-)), ils sont encore les yeux plein de confettis des imaginales )

    L'Amibe_R Nard

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  4. Oui, ami Amibe, tu as raison et j'ai failli dire à peu près la même chose : les personnages, c'est aussi tous ces "toi" qu'on a rencontrés... Mais ce sont des "toi" digérés et recrachés par le grand "Moi".
    (monsieur Freud, au secours !!)

    Bref, ils sont donc un peu "moi" aussi.

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  5. @ Blacky : Moi aussi, j'étais contente et j'espère te revoir en réel bientôt. :D

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  6. Je ne suis pas d'accord avec toi, Amibe, et j'aurais tendance à rejoindre Beorn. Ce sont bien des petits "moi" et pas des petits "roi" et ces petits "moi" sont bien nourris par nos rencontres, notre vécu, nos souvenirs, les lieux visités, tout ce qui fait notre vie, en somme. Comment existeraient-ils sinon ? Ils ne naissent pas ex nihilo.

    Quand à savoir si je suis un lunsdum collant, le fait que j'adore le fromage peut sans doute t'éclairer.

    Et honnêtement, Amibe, tu trouves que Lurinok est doux comme un agneau ? Moi, j'aimerais pas trop me retrouver avec lui dans la même pièce. Ni avec le Vénéré d'ailleurs. Avec Erian, je te l'accorde... A moins que tu ne penses à Barek comme héros le plus noir ?

    Bon, je vais corriger mes fautes d'orthographe... Groumpf !

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  7. Hum... oui, en effet, les personnages sont des petits "moi" dans le sens où ils vivent en nous, jusqu'à ce que nous les partagions avec d'autres. Mais, c'est pareil en lecture. Le temps d'un livre, les petits "moi" de l'auteur sont les petits "moi" du lecteur. Surtout qu'en celui-ci ressent et vit le récit.

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  8. Je suis complètement d'accord avec toi, Tsumïre. Le lecteur lit avec ses petits "moi" à lui et c'est ainsi qu'il recrée le monde imaginé par l'auteur à l'aune de ses connaissances à lui. Et c'est ce que je trouve merveilleux dans l'écriture, voir un lecteur te raconter le monde que tu as imaginé avec ses mots et ses visions à lui. :)

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