vendredi 20 février 2009

Chapitre 3 terminé

Le plus grand bonheur d'un auteur est de voir son monde se construire sous ses doigts et d'en être, en quelques sortes, le Dieu créateur. Du moins, c'est mon plus grand bonheur à moi. Nous modelons des mondes entiers, imaginons des races, des personnages qui en définitive ne restent en vie que grâce à nous. Je me souviens d'une scène d'un film, un film dont je ne me souviens plus du nom. Un écrivain visitait l'imprimerie où était fabriqué son livre et passait devant la personne qui s'occupait, sur une sorte d'ordinateur, de préparer la mise en page de son texte. Voyant une phrase où l'un de ses personnages portait une robe rouge, il demanda à la préposée à son texte, de modifier ce rouge en bleu. C'était sa dernière possibilité de faire une modification. A l'instant même de l'impression, son texte lui échappait, son univers lui échappait pour se figer, et visiblement, c'était douloureux pour l'auteur.

Mais bon, cela reste de la fiction... il n'est pas possible en pratique de modifier un terme comme ça dans un roman. Pourquoi ? Parce qu'en général, le terme a été mûrement réfléchi, choisi, et qu'il a un impact sur le reste du texte. Vous imaginez que suite à sa modification, d'une page à l'autre le personnage de cet auteur change de couleur de robe ? Ce serait risible... C'est un peu ce qu'il m'est arrivé en faisant mes corrections l'autre jour. J'ai visiblement changé une scène en modifiant le début de mon texte et en oubliant de répercuter cette modification sur le reste. Du coup, c'était incompréhensible... mais bon, étrangement, aucun de mes bêta lecteurs ne m'en a fait la remarque. Alors, soit tout ce que j'écris est incompréhensible et là, il faut que je me pose des questions, soit ils n'ont pas osé me dire qu'ils n'avaient rien compris et là, je ne peux que leur donner raison vu mon sale caractère ^^, soit tout simplement, la lecture de ce passage s'est faite en diagonale parce que c'est une description et que les plus belles descriptions, on se les faits dans sa propre tête en chipant quelques mots clés dans le texte.

Tout ça pour dire que l'auteur aura beau avoir une scène détaillée en tête, l'avoir posée sur le papier avec autant de réalisme que possible, ce sera toujours le lecteur qui aura le dernier mot et réinventera le texte dans son imaginaire à lui.

Sur ce, je m'en vais continuer mes corrections

7 commentaires:

  1. C'est clair! Ca peut donner un drôle de dialogue entre l'auteur et le bêta par exemple ^^ Bon courage pour les corrections!

    RépondreSupprimer
  2. Le film, c'est "l'homme qui aimait les femmes" de Truffaut. Le personnage, c'est une petite fille qui pleure au bas d'un escalier...

    Eh oui, il faut aussi envisager l'hiyptohèse que les bêta sont moins attentifs quand il s'agit de relecture.
    Relire notre propre texte, c'est souvent un plaisir, mais celui de quelqu'un d'autre, c'est moins follichon...

    Tu devrais peut-être faire relire ton texte, une fois qu'il sera entièrement corrigé, à un dernier bêta qui ne le connait pas.

    RépondreSupprimer
  3. Oh que oui, Blackwatch ! Il y a parfois des malentendus assez drôlatiques (Ca se dit ?)

    Merci pour l'info, Beorn. Je vais tâcher de le retenir. Quant à faire relire mon texte par un dernier bêta lecteur, NON ! Je sais que les bêta lecteurs apportent beaucoup mais chacun voit les choses à sa manière et demander une nouvelle lecture consiste à demander de nouvelles corrections et ensuite, il faudrait le redonner à quelqu'un qui ne l'a pas lu et recommencer. On ne s'en sort plus. Il faut décréter de manière complètement subjective que le texte est terminé. Il ne sera jamais parfait. Il faut l'admettre. Et moi, je déteste me relire. Je n'aime pas mon style, un comble. lol

    RépondreSupprimer
  4. Tu as raison, une nouvelle bêta classique serait malvenue (surtout une fois que le roman a déjà été accepté par l'éditeur).

    Mais tu peux demander à ton nouveau lecteur de ne relever QUE les fautes d'orthographes et les incohérences manifestes (du genre de la couleur de la robe...).

    Sinon, pour en revenir aux bêta : je ne veux certainement pas les accabler, c'est juste qu'à un moment, il faut que l'auteur prenne confiance en lui, aussi. :)

    RépondreSupprimer
  5. Pour en revenir aux bêtas, je me souviens d'un jeune auteur qui m'avait donné son roman à lire et... je n'avais pas du tout accroché. Je m'étais efforcée d'en lire le plus possible mais n'était pas parvenue à la fin. On s'est rencontrés et honnêtement, je lui ai dit mon sentiment vis à vis de ce qu'il avait écrit, que c'était bien mais que ça manquait de certaines choses. A mon grand étonnement, cela l'a fait sourire et il m'a expliqué que d'autres que moi avaient aimé et que ça lui suffisait, qu'il n'attendait pas de réponse de ma part parce qu'il en avait eu assez. A l'époque, j'avais trouvé que c'était orgueilleux comme réaction de ne pas écouter les critiques d'un lecteur. Aujourd'hui, je ferais pareil que lui. Pas parce qu'Opale a trouvé un éditeur mais parce qu'il faut à un moment dire stop ! Ca ne plaira pas à tout le monde. C'est obligé. Et faire lire et relire à des tas de gens ne sert plus à rien. :D Les bêta lecteurs, c'est comme tout, il ne faut pas en abuser. ^^

    Mais tu as raison pour les incohérences et les fautes d'orthographe... Par contre, trouver un cobaille prêt à lire plus d'un million de signes sur écran, je vais avoir du mal. ^^

    RépondreSupprimer
  6. Bah, contre un bisou, je veux bien moi !

    RépondreSupprimer
  7. Pourquoi pas, Beorn. :) On en rediscute quand j'aurai terminé ? Pour l'instant, j'en suis toujours à 4 chapitres sur 50. Je sens que ça va être long ! :D

    RépondreSupprimer