mercredi 25 février 2009

Patatras

J'ai suivi les corrections demandées par mon éditrice jusqu'au chapitre 4 et j'attends maintenant de savoir si les deux premiers chapitres lui conviennent et la suite des corrections attendues. En gros, je suis au chômage technique côté Opale. Du coup, j'ai repris l'écriture de Sidoine et Oriane.

Enfin, repris est un bien grand mot. Disons que je reste devant ma page pas blanche depuis au moins deux jours sans être fichue d'ajouter un mot. Pourquoi ? C'est la question que je me pose depuis deux jours. Je ne sais pas comment écrire la suite. J'ai pourtant un scénario qui tient la route. J'ai mis les actions des "méchants" (J'aime pas le terme car trop manichéiste à mon gout mais c'est plus simple) et celles des "gentils", cela semble cohérent, mais au moment d'écrire la scène, pas moyen, je bloque. En fait, j'ai eu la bonne idée de me baser sur des faits historiques et j'ai donc un groupe présupposé d'un certain nombre de personnages, 8 pour être exacte. Je veux leur faire vivre un événement mais le problème est qu'il y aura forcément des morts dans le groupe si j'applique mon scénario... et je ne peux pas avoir de morts. C'est bête, hein ? Vous me direz qu'il n'y a qu'à s'éloigner de l'historique. Après tout, j'écris pas un roman historique, loin de là. Oui, ce serait une solution mais je suis du genre buté. Abandonner le scénario et l'écrire autrement ? Oui... sauf que bien évidemment j'ai écrit deux ou trois scènes que j'aime beaucoup et que je vais devoir détruire. Sniiifff.

L'autre jour, je disais que le métier d'auteur était jouissif parce qu'on pouvait faire ce qu'on voulait dans l'histoire qu'on raconte. La preuve que non. Il faut quand même suivre un scénario ou au moins un fil conducteur, demeurer cohérent, et je ne parle pas du cas où vos personnages refusent tout simplement de jouer le rôle que vous leur avez attribué. Ce sera pour une autre fois. ^^

Je vous donnerai des nouvelles d'Oriane et Sidoine bientôt. Je vous dirai même qui ils sont. Si si. ^^

vendredi 20 février 2009

Chapitre 3 terminé

Le plus grand bonheur d'un auteur est de voir son monde se construire sous ses doigts et d'en être, en quelques sortes, le Dieu créateur. Du moins, c'est mon plus grand bonheur à moi. Nous modelons des mondes entiers, imaginons des races, des personnages qui en définitive ne restent en vie que grâce à nous. Je me souviens d'une scène d'un film, un film dont je ne me souviens plus du nom. Un écrivain visitait l'imprimerie où était fabriqué son livre et passait devant la personne qui s'occupait, sur une sorte d'ordinateur, de préparer la mise en page de son texte. Voyant une phrase où l'un de ses personnages portait une robe rouge, il demanda à la préposée à son texte, de modifier ce rouge en bleu. C'était sa dernière possibilité de faire une modification. A l'instant même de l'impression, son texte lui échappait, son univers lui échappait pour se figer, et visiblement, c'était douloureux pour l'auteur.

Mais bon, cela reste de la fiction... il n'est pas possible en pratique de modifier un terme comme ça dans un roman. Pourquoi ? Parce qu'en général, le terme a été mûrement réfléchi, choisi, et qu'il a un impact sur le reste du texte. Vous imaginez que suite à sa modification, d'une page à l'autre le personnage de cet auteur change de couleur de robe ? Ce serait risible... C'est un peu ce qu'il m'est arrivé en faisant mes corrections l'autre jour. J'ai visiblement changé une scène en modifiant le début de mon texte et en oubliant de répercuter cette modification sur le reste. Du coup, c'était incompréhensible... mais bon, étrangement, aucun de mes bêta lecteurs ne m'en a fait la remarque. Alors, soit tout ce que j'écris est incompréhensible et là, il faut que je me pose des questions, soit ils n'ont pas osé me dire qu'ils n'avaient rien compris et là, je ne peux que leur donner raison vu mon sale caractère ^^, soit tout simplement, la lecture de ce passage s'est faite en diagonale parce que c'est une description et que les plus belles descriptions, on se les faits dans sa propre tête en chipant quelques mots clés dans le texte.

Tout ça pour dire que l'auteur aura beau avoir une scène détaillée en tête, l'avoir posée sur le papier avec autant de réalisme que possible, ce sera toujours le lecteur qui aura le dernier mot et réinventera le texte dans son imaginaire à lui.

Sur ce, je m'en vais continuer mes corrections

dimanche 15 février 2009

Chapitre 1 et 2 terminés.

Ouf... Un gros ouf de soulagement... Après rediscution mailique avec mon éditrice, les choses se sont éclaircies et je comprends à présent pourquoi je n'ai pas encore de contrat. C'est vraiment un problème de choix d'édition et rien d'autre. Ouf. J'ai le coeur plus léger.

Finalement, ils ne savent plus s'ils vont éditer Opale en un ou deux volumes. Pour moi, les deux solutions ont leurs défauts et leurs avantages. Editer Opale en un seul tenant permettra de garder sa structure intacte, une structure délicate, polie au milimètre si je puis dire. Chaque chapitre correspond à une voix, un personnage, qui dévoile ses aventures mais aussi sa manière de voir les aventures des autres. Les chapitres sont conçus de telles manières que les deux peuples, Opalien et Onyxien, ont la parole à tour de rôle, et cerise sur le gâteau, les personnages principaux, Héléa et Angus, parlent tous les 4 chapitres. Je vous laisse imaginer le travail sur le scénario pour arriver à un tel résultat. :) Couper Opale va, je le crains, détruire cette belle structure, du moins, au niveau de la coupure. C'est possible mais... c'est un peu dommage et d'un sens, je préférerais le garder en un seul volume. En même temps, un gros volume d'un auteur inconnu, je doute que beaucoup de gens l'achètent. Et deux volumes d'un auteur inconnu, est-ce que ça tenterait beaucoup de gens ? Je suis heureuse que ce ne soit pas à moi de décider. Je m'en remets complètement à mon éditrice et s'il faut couper, je ferai de mon mieux, comme toujours. :)

Sinon, je suis en plein dans les corrections. Bon sang, que c'est dur ! Et pourtant, elles ne sont pas bien nombreuses et portent, heureusement, sur le style et pas du tout sur le fond. Je passe tout mon temps libre dessus et ça avance, doucement, mais sûrement. J'ai terminé le deuxième chapitre. Il ne m'en reste plus que 48. ^^

J'ai hâte à présent, hâte de tenir mon bébé entre mes mains, mais hâte aussi de retourner à l'écriture qui me manque cruellement. Dans un coin de ma tête, je pense à Sidoine et Oriane, les personnages principaux du livre que je suis en train d'écrire et ils me manquent. J'imagine les scènes qu'ils ont vécues et celles qu'ils doivent encore vivre, les comble de détails. Je crois que c'est à ça qu'on sait si un roman vaut le coup d'être écrit ou pas... Quand les intrigues et les personnages ne vous lâchent plus, c'est que vous tenez quelque chose, même si c'est simplement le fait de se faire plaisir en écrivant leurs histoires. ^^

J'y retourne. Haut les coeurs !

mardi 10 février 2009

Rencontre avec mon éditrice

Aujourd'hui, j'ai donc rencontré mon éditrice. J'étais bien angoissée mais finalement, ça s'est bien passé. Sauf que je n'ai pas de contrat et que j'avoue que ça me déstabilise un peu.

Mon éditrice m'a accueillie chez Gallimard Jeunesse et nous a trouvé un petit coin tranquille pour discuter. Après m'avoir dit combien ses lecteurs avaient aimé mon imaginaire et mon style (Wahou ! N'en jetez plus...), elle est passée aux choses sérieuses en me disant grosso modo ce que je devais modifier. En fait, c'est surtout des passages qui sont trop longs. J'ai reçu en cadeau quelques chapitres avec des idées de correction pour m'aider à resserrer mon texte. Oui, on dit comme ça chez Gallimard Jeunesse... Resserrer le texte. Je ne connaissais pas cette façon de dire. Elle m'a ensuite expliqué qu'elle ne pouvait me donner de contrat pour le moment parce qu'ils ne savaient pas encore comment ils allaient publier Opale : En collection ou hors collection. Ca m'a surprise mais ne connaissant pas du tout le monde de l'édition, je ne demande qu'à croire qu'un contrat ne peut être établi qu'à cette condition. Dernier point, je devrai découper mon monstre en deux livres. Mais ça, je m'y attendais et comme je lui ai expliqué, le manuscrit comprends en fait deux livres. Je devais envoyer le premier aux éditeurs tout en travaillant sur le second et finalement, j'était tellement dans ce que j'écrivais que j'ai terminé les deux en une seule fois et je ne le regrette pas. Certains points du début ont été revus suite à certains détails de la fin.

Je suis heureuse et un brin mal à l'aise. Heureuse d'être éditée. Il semble que cela ne fasse aucun doute pour mon éditrice. Mais légèrement mal à l'aise à cause de l'absence de contrat et aussi parce que je ne peux m'empêcher de me demander si je serai à la hauteur des corrections demandées. Je vais croiser les doigts... enfin, non, les décroiser au contraire et retravailler une nouvelle fois mon texte.

Haut les coeurs !

Ah oui, j'oubliais... sortie prévue fin 2010 si tout se passe bien pour le premier tome. Youpi !

lundi 9 février 2009

J'écris de la daube

J'écris de la daube, c'est ce que je me dis après chaque séance d'écriture. ^^ Je me réconforte en me disant que je ne suis pas le seul auteur à éprouver cela après avoir laborieusement travaillé sur un texte. Je me réconforte surtout que en me souvenant que je ressentais la même chose en écrivant Les yeux d'Opale.

D'où vient cette impression ? Dans mon cas, du manque de suspens de mon texte. Je sais où je vais, les événements qui vont survenir, et du coup, l'enchainement me semble simpliste, la trame quasi inexistante. Je me dis que cela n'intéressera personne, qu'on comprendra la suite de l'histoire dès les premières lignes et bien sûr je me trompe. Le lecteur ne sait pas du tout où je veux aller, ce que vont faire les personnages et c'est ce qui génère le suspens et l'entrainera à lire la suite avec avidité.

J'écris de la daube... je sue sang et eau sur mes textes. Je ne dois pas être la seule, là non plus, à demeurer parfois une heure sur une description, sur la recherche du terme exact, sur la meilleure façon de poser une phrase. C'est dur d'écrire. On doit y mettre son âme, son coeur, son intellect. On en ressort lessivés. Et pourtant, c'est jouissif, un bonheur absolu, une joie pure et intense. Pendant des heures, on reste immergé au coeur de son univers, parmi les êtres que l'on a créés de toutes pièces. On oublie tout. Le monde, le vrai, peut bien s'écrouler. Il n'existe plus.

J'ai cru comprendre que dans la littérature blanche, certains écrivains utilisaient l'écriture comme une thérapie. Il n'y a qu'à voir le nombre de biographies ou d'autofictions existantes dans nos librairies pour voir que le phénomène se généralise. Est-ce que les écrivains des littératures de l'imaginaire font de même ? Je ne pense pas. Là où les écrivains de la littérature blanche se soignent en déballant leur vécu, comme s'ils se trouvaient chez un psychiatre, les écrivains des littératures de l'imaginaire, eux, transforment dans leurs textes le monde qui les entoure pour le faire correspondre à leurs peurs ou à leurs attentes. Là, où les écrivains de la littérature blanche se regardent le nombril ou le nombril d'autres, les écrivains de l'imaginaire cherchent à comprendre le monde qui les entourent, voire l'humanité, ses quêtes, son avenir, son passé. Ce n'est pas mieux ou moins bien. C'est juste un point de vue complètement différent : microcosme ou macrocosme.

Demain, j'ai rendez vous avec mon éditrice. J'éviterai soigneusement de lui dire que j'écris de la daube... et la laisserait juger sur pièce. Souhaitez moi bonne chance.

lundi 2 février 2009

Couvertures

Aujourd'hui, je vais vous parler de couvertures... celles des livres.

Ce week end, nous sommes allés en famille faire un tour dans un Cultura. J'aime bien aller dans ce genre d'endroit pour feuilleter des livres, lire les résumés en quatrième de couverture, observer les jolis bandeaux rouges ou bleus qui entourent certains romans vous assurant que c'est le nouveau Franck Herbert, J.K. Rowling ou je ne sais quel écrivain renommé ou indiquant simplement le ou les prix obtenus par l'ouvrage. Ca m'amuse, je l'avoue : du pure merchandising.

J'y ai trouvé le dernier Iain M. Banks, l'un des mes écrivains préférés. Je me délecte depuis des années de son cycle de la Culture. Non seulement, c'est divinement écrit mais les histoires, complexes, sont un véritable plaisir. Je vous le conseille. Et là, surprise ! La couverture est argentée. Quelle bonne idée, a eu la maison d'édition, Robert Laffont, de revenir à ce type de couverture. Elles ont enchanté mon enfance. Jeune, quand je parcourais les rayons des librairies et bibliothèques, je cherchais avec avidité ces couvertures argentées qui se démarquaient des autres livres. J'étais sûre d'y trouver le genre de lectures que j'affectionnais : de la SF !

Je suis aussi allée faire un tour au rayon Jeunesse, voir les livres de Gallimard Jeunesse, une fois de plus. J'en ai détaillé les couvertures, les épaisseurs, la taille des caractères, les finitions, les titres, les auteurs, enfin bref, tout ce qui fait un livre... m'imaginant avec une assurance toute nouvelle à quoi pourrait bien ressembler Opale. Et là, je tombe, ébahie, sur une couverture cartonnée aux lettrines toutes de vert vêtues. Je l'effleure doucement, ouvre le livre, le feuillette, pour découvrir que l'encre utilisée à l'intérieur est d'un beau vert. Il s'agit de "Tobie Lolness" de Timothée de Fombelle. Je repose l'objet et trouve juste à côté une pile de romans à la couverture joliment gaufrée : "Mesdemoiselles de la vengeance" de Florence Thinard. Wahou, c'est beau !!! Ce sont des rééditions et donc, il y a peu de chance pour qu'Opale ait une belle couverture comme ça mais sait-on jamais... En tous cas, ils font de beaux livres chez Gallimard Jeunesse. :)

Et une dernière couverture, mais neigeuse cette fois ! Je ne sais pas pourquoi on dit couverture neigeuse. A bien y regarder, c'est pas une couverture qui recouvre mon jardin ce matin, c'est une couette, un édredon ! Dorénavant, c'est décidé, pour une telle épaisseur, je parlerai de couette neigeuse. N'est-ce pas ce qu'on appelle une license poètique ? ^^

A bientôt