lundi 28 décembre 2009

Le vampire qui ne voulait pas être imprimé

Ca y est ! * s'éponge le front * Ma nouvelle sur les vampires est partie à la poste ce matin. Mais quelle galère ! Il faut que je vous raconte.

Alors, je ne parlerai même pas de ma fainéantise à retravailler mon texte. Il vaut mieux ne faire aucun commentaire sur cette difficile fin d'année. Non, je vais vous parler de quelque chose de beaucoup plus terre à terre, l'impression d'une nouvelle ! Eh oui, comme je le disais dans un post précédent, en cette ère technologique qui est la nôtre, des éditeurs demandent encore qu'on leur envoie des versions papiers de nos oeuvres. En même temps, je les comprends, je n'aime guère lire sur écran...

Tout a commencé en ouvrant mon bon vieux word. J'ai fait une jolie page de présentation de la nouvelle, séparée du reste par une section, et je me suis ensuite attaquée aux entêtes et aux pieds de page. Ce furent d'abord les habituels essais pour que ma première page ne comporte pas d'entête : on met l'entête sur la seconde page, on réalise qu'il y a le "entête identique au précédent" coché, on le décoche, ça laisse l'entête sur la première page, ça le retire du reste, on vire l'entête de la première page, on le remet sur la seconde après avoir décoché le "entête identique au précédent" et ouf. Ensuite, vinrent les numérotations. Le nombre de pages, je maitrise. Il y a un nombre de pages par section. Merci Word. Par contre, indiquer la page où on est... pas moyen de lui faire comprendre qu'il ne faut pas qu'il compte la première page. Je trouve finalement et je me retrouve avec des entêtes de page sur ma première page. Je nettoie la première page et je me retrouve sans entête de page ailleurs que sur la seconde page. Je m'énerve et engueule copieusement mon pc, word et ses fondateurs, sans aucun résultat visible. Je recommence. Il ne me faudra pas moins de trois tentatives pour obtenir un truc bancal mais qui affiche ce que je lui demande... 1/12. Yeees !

J'en crierais bien de joie mais il me faut encore m'activer. Je n'ai qu'une vieille imprimante à la maison qui tourne à raison d'une page par minute, environ. Argh. Pour la faire fonctionner, pas la peine de compter sur mon pc, il n'a pas de prise pour l'imprimante. Tout le monde s'est mis aux imprimantes par clé usb... sauf moi. Donc, je ressors mon vieux pc portable qui doit peser ses 10 livres. Je l'installe près de l'imprimante sur une surface dégagée, une gageure chez moi de trouver une surface dégagée. Je branche le fatras, croise les doigts pour avoir allumé tout ça dans le bon ordre, farfouille dans mon boxon personnel pour retrouver la vieille clé usb que mon portable connait. Il ne connait que celle là... pour les autres, il ne les comprends pas. Je transfère le fichier sur la clé et j'insère la dite clé dans le pc portable. Vous avez suivi ? Vous êtes encore là ? ^^ Et là, j'ouvre le fichier et je lance l'impression. 13 pages ! 13 minutes avec chargement des feuilles blanches à la main pour éviter les bourrages. Ca ne serait pas drôle sinon. J'imprime quelques feuilles et tout se passe bien quand soudain, mon regard se visse sur le bas des pages qui sortent avec des "page 1/1", "page 2/2", "page 3/3". Je hurlerais bien de frustration mais je crains que le son de ma voix ne soit couvert par le bruit des rouleaux de l'imprimante.

Après vérification du fichier et de l'aperçu avant impression, c'est mon imprimante qui n'en fait qu'à sa tête. Je soupire très fort et me résigne. J'enverrai mon texte ainsi. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. J'ai rectifié les chiffres à la main et je l'ai envoyée ce matin avec une petite note explicative sur mes déboires informatiques.

Au final, je crois que j'ai eu plus de mal à imprimer ce texte qu'à l'écrire. Qu'on ne me parle pas de vampires avant un bon moment. Et si jamais je place le texte chez Bifrost, je sais déjà ce que je ferai du paiement. Je m'offre une imprimante !

Sur cette bonne résolution, de bonnes fêtes de fin d'année à tous et merci pour vos lectures et passages sur mon blog. :D

samedi 19 décembre 2009

Premier jet sur les vampires terminé

Ca méritait bien un petit message... J'ai terminé ma nouvelle pour l'appel à textes de Bifrost sur le thème des vampires. Après lecture, mon homme a été d'accord pour dire qu'elle était suffisamment décalée pour être refusée car trop éloignée du thème. On verra. Je dois encore la peaufiner un peu et modifier légèrement la fin et... lui trouver un titre, l'imprimer et aller jusqu'à la poste. Quelle idée de ne pas permettre les envois par mail ! M'enfin comme la date butoir est le 31 décembre, je suspecte le sieur Gilles Dumay de vouloir employer son premier week end de janvier à lire tous les textes reçus avant cette date et c'est vrai que c'est bien plus agréable de le faire dans un fauteuil confortable en regardant la neige tomber derrière les fenêtres que devant un écran d'ordinateur. ^^ Bref, il faut que je me dépêche !

vendredi 18 décembre 2009

Il neige...

Il neige, ici. Oui, je sais. Il neige un peu partout en France mais il neige, ici, maintenant. Il me suffit de tourner la tête pour voir tomber doucement de petites étoiles cotonneuses. J'aime la neige. J'aime ce tapis blanc qui recouvre toutes les petites imperfections de notre monde. Tout devient magique, féérique. On se prend soudain à sourire bêtement en repensant à notre enfance, à ces batailles de boules de neige, ces bonhommes de neige, ces cris de joie et de surprise en sentant la neige glacée couler dans notre dos. J'aime la neige. Hier, je l'ai regardée tomber depuis ma fenêtre durant de longues minutes, laissant mon esprit se griser de toute cette blancheur imaculée. Et ce crissement si particulier quand on pose le pied sur cette couche encore poudreuse. Et cet air si vif, si froid, qui vous rosit les joues et le bout du nez. J'aime la neige.

D'ailleurs, c'est décidé, il neigera dans Sidoine. Parfois les gens se demandent d'où vient l'inspiration des auteurs alors qu'il n'y a pas bien loin à chercher. Il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder le monde qui nous entoure.

Il neige...

mercredi 9 décembre 2009

Pas très bavarde

Je ne suis pas très bavarde en ce moment mais les fêtes de Noël approchent et avec elles, beaucoup d'événements chronophages. Mon histoire de vampire me donne toujours du fil à retordre mais je crois avoir enfin compris ce qui n'allait pas. Une scène semble mal placée. Oui, oui, une simple scène qui m'empêche de terminer cette nouvelle depuis un bon bout de temps. Mais je vais bientôt la clôturer. Je n'ai pas trop le choix. La deadline est le 31 décembre.

Pour parler d'autre chose, je regardais mon programme télé il y a peu pour choisir un film à regarder et je ne sais pas si vous faites pareil mais je choisis en fonction du type de film et de mon humeur du moment. J'adore la classification des films : dramatique, comédie, comédie dramatique, thriller, science fiction, policier. Certaines de ces classes existent aussi en littérature, notamment le policier et la science fiction mais à ma connaissance, il n'y a pas de livre comédie ou dramatique. Vous imaginez ? Quelque part, c'est nous dire à l'avance comment va se terminer le roman. Autant dans un film, ça ne me dérange pas. Si je suis d'humeur maussade, je cherche une comédie pour me redonner le sourire et ça m'intéresse de savoir que tout va bien se terminer. Autant dans un roman... Pourquoi cette classification n'existe pas en littérature ? Est-ce parce qu'un roman se lit sur plusieurs jours ? Est-ce parce que les éditeurs n'y ont jamais songé ? Vous liriez une comédie de science fiction ? Vous aimeriez savoir à l'avance si l'histoire va bien se terminer ? En tous les cas, Opale est plutôt du genre... Non, je préfère que vous le découvriez par vous même. :)

mardi 1 décembre 2009

Salon du livre jeunesse de Montreuil 2009

Non, non, je ne vous ai pas oubliés. J'ai juste été pas mal occupée ces derniers temps.

J'ai eu la joie de rencontrer les grenouilles (membres du collectif cocyclics) lors d'une convention très festive, trop sans doute, puisque la majorité des participants s'est retrouvée avec une forte fièvre et un mal de gorge conséquent. J'y ai heureusement en grosse partie échappé.

Le week end dernier se déroulait le salon du livre jeunesse de Montreuil et je m'y suis rendue en charmante compagnie. J'ai été un peu déçue. Je m'attendais à y voir des décors pour les enfants, des jeux de taille géante, un terrain de jeux pour les enfants et des auteurs friands d'y faire découvrir leurs oeuvres. J'y ai bien croisé quelques auteurs qui montraient leurs albums à des enfants aux yeux brillants, d'autres qui se faisaient un devoir d'illuminer d'une dédicace de charmants minois, mais rien de plus, finalement, que le salon du livre de Paris. J'y ai quand même découvert un certain Thierry Laval, un homme charmant, qui m'a fait une dédicace pour mon fils que je ne peux m'empêcher de vous montrer. La voici.



Au cours de la discussion, j'ai appris qu'il travaillait pour Giboulées, une collection de Gallimard Jeunesse. "On fait partie de la même maison" m'a-t-il dit et j'ai trouvé cela amusant. Bref, je vous conseille ses albums si vous avez de petits bouts de choux.

Sinon, côté travail, j'ai terminé une nouvelle pour l'AT petites bêtes d'Eclats de rêves. Elle n'était pas du tout prévue mais s'est imposée à moi. Elle est triste, très triste, et cela a été pénible de l'écrire. Je me projette dans mes textes et mes personnages lors de l'écriture et j'en ressortais, épuisée, morose, sans goût pour terminer le texte. Heureusement, elle est finie et j'ai pu passer à autre chose, la nouvelle sur les vampires pour l'AT de Bifrost. J'ai encore un mois pour la peaufiner et heureusement. Bien que le premier jet soit pratiquement terminé, je ne suis pas contente de mon travail. Je n'ai pas suffisamment fait ressortir le point que je voulais mettre en exergue, sans doute parce que c'est légèrement capilotracté. Mais bon, je me suis engagée dans cette voie et compte bien terminer mon texte. C'est ça, l'entêtement. En attendant, Sidoine est au point mort. Je ne parviens pas à courir après plusieurs lièvres. Mais l'envie de le reprendre se fait chaque jour un peu plus forte. Ca ne devrait donc plus trop tarder pour que je m'y remette.

Voilà pour les nouvelles et désolée pour ce long silence.

mardi 17 novembre 2009

Au revoir, Pierre Bottero

J'ai longtemps hésité à poster à ce sujet mais parfois, votre coeur vous pousse à faire des choses que votre raison ne comprends pas.

Pierre Bottero est décédé il y a un peu plus d'une semaine maintenant. C'était un auteur de fantasy et de fantastique pour la jeunesse. Il est mort à 45 ans. Je ne le connaissais pas et je n'ai jamais lu une de ses oeuvres et pourtant, je désirais lui rendre hommage. Avec lui, s'est éteint un univers dont nous n'aurons jamais plus de nouvelles. Avec lui, ce sont éteints des personnages, des lieux, des mondes qui n'existaient qu'au travers de sa plume. Il nous reste de lui ses romans à lire et pour moi qui ne le connaissais pas, les témoignages émouvants de ceux qui l'ont connu.

Au revoir, Pierre Bottero.

lundi 9 novembre 2009

Sidoine : Labeur et sueur

Je suppose que vous avez déjà lu une bibliographie. Vous savez cette liste de titres écrits par un auteur. Romans, nouvelles s'y côtoient au fil des années de leur édition. Et là, je ne sais pas pour vous, mais souvent, moi, je reste bouche bée devant l'immensité de la production de certains écrivains. Je me sens soudain très humble, très très humble. Ce n'est qu'une suite de titres, une suite de succès puisqu'il y a eu édition. Rien ne permets de dire et c'est bien là que le bats blesse si l'auteur a eu des difficultés particulières avec tel ou tel texte. La bibliographie ne mentionne nulle part que l'auteur a travaillé sur ces lignes pendant des mois voire des années, qu'il a souffert, qu'il s'est réjoui ou au contraire s'est senti déprimé devant l'ampleur de la tâche. On ne sait même pas s'il a aimé ce qu'il a écrit ou pas. Tout ce que la biblio nous renvoie, c'est cette impression de continuité, d'écriture aisée, sans aucun obstacle sur la voie de l'écrivain. Peut-être est-ce le cas pour certains. Pas pour moi.

Moi, je galère, je rame, je sue, je souffre sur Sidoine. Je ne sais plus combien de fois, j'ai dit "Ca y est ! Je tiens mon histoire !" pour me rendre compte après quelques lignes que non, décidément, ce n'était pas encore ça, qu'il manquait quelque chose, que je me trompais quelque part, sans pouvoir mettre le doigt dessus. C'est le problème avec l'écriture. Il ne suffit pas d'aligner les mots, il faut en plus que le texte plaise, qu'il dégage une certaine émotion. Sinon, il ne passera pas, auprès de personne. Et étrangement, tant que l'auteur n'est pas pleinement en possession de son monde, de son histoire, de ses personnages, l'émotion ne fera pas partie du récit. C'est du moins ce que je pense. C'est ainsi que je fonctionne pour ma part. Et heureusement pour moi, j'ai des bêtas lecteurs qui n'hésitent pas à me dire qu'ils sont allés se coucher en plein milieu de l'histoire car elle ne les interpellait pas suffisamment.

Aussi, aujourd'hui, je vais encore une fois dire "Ca y est ! Je tiens mon histoire !" et je vais pouvoir reprendre la rédaction de Sidoine. Sauf que cette fois et j'espère ne pas me tromper, c'est la bonne. Oubliés les loups garous et la soif du sang qui me semblaient trop "à la mode", oubliées les armures qui me gênaient, oublié le système de magie qui ne me convenait qu'à moitié sans que je parvienne à dire pourquoi. La magie a été revue et rend cohérent le monde imaginé. Les bhargoests, créatures magiques, auront des caractéristiques en propre. Sidoine a enfin un passé cohérent et son caractère m'apparait clairement. Il y a encore un petit blocage du côté d'Oriane. Je l'avoue. Et il faudra encore que j'y cogite mais j'ai avancé. Je sens que ce roman va être un bon roman.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Simplement pour qu'il reste une trace quelque part des difficultés que j'ai eu à rédiger Sidoine, à faire part du travail que représente un roman, de ces allers retours incessants entre la rédaction et le scénario, de cette alchimie nécessaire entre un auteur et son roman, pour que cette ligne qui sera peut-être un jour sur ma bibliographie soit plus qu'une simple ligne. Alors, auteurs, au boulot ! Et lecteurs, n'oubliez pas tout le labeur qu'il y a derrière un roman, même s'il ne vous plait pas. :)

lundi 2 novembre 2009

Les Utopiales 2009

Samedi, j'ai fait une surprise aux grenouilles. Vous savez, les grenouilles, les membres de Cocyclics. Vous savez, Cocyclics, le forum où chacun peut faire lire ses textes, obtenir des conseils, et aider les autres sur leurs propres textes. Si ça ne vous dit vraiment rien, un article de ce blog leur est consacré ici.

Bref, les grenouilles se réunissaient au salon des Utopiales et j'avais décliné l'invitation mais je me suis brusquement décidée à y aller, sans les prévenir. Macalys seule était dans la confidence. On a pris le train ensemble depuis Paris et jamais deux heures ne me semblèrent aussi courtes et si instructives. Nous avons parlé littérature, écriture, auteurs, grenouilles... Je vous laisse imaginer. Et soudain, Macalys me parle de Claire Couturier de chez Mnémos et de tout le bien qu'elle pense de mon roman "Les yeux d'Opale". Je suis restée interloquée, cherchant sur le visage de mon interlocutrice tout sourire si elle se moquait de moi, si j'avais mal entendu, mal interprété, si je m'étais endormie et avais rêvé un instant. Après une dizaine de "Hein, tu es sûre ?" et autant de sourires de Macalys, j'ai réalisé qu'elle me disait la vérité et je peux vous dire que j'étais aux anges. Ben oui, je suis parano. Quand quelqu'un me dit qu'il a aimé mon travail, j'ai tendance à penser qu'il me le dit par pitié ou pour se débarasser de moi... mais je vais me soigner. ^^

A notre arrivée au salon, pas trace de grenouilles. Nous nous sommes donc installées au bar, comme toute bonne grenouille qui se respecte, avant de décider de parcourir les allées du salon et d'enfin retrouver nos pairs. :) Une belle surprise.

J'ai rencontré plein de grenouilles que je ne connaissais encore que par forum interposé et d'autres que je n'avais pas revues depuis longtemps et mettre un visage sur un pseudo, c'est vraiment un plaisir sans comparaison. Enfin, j'éprouve souvent ce plaisir vu que j'ai une affreuse mémoire pour les visages. Si un jour, je ne vous reconnais pas, vous saurez que ce n'est pas du dédain mais juste que ma mémoire me joue des tours. Beaucoup de discussions autour du travail littéraire de chacun, des rencontres, des Utopiales, de la vie. Un vrai bonheur.

Je n'ai pas eu le temps d'assister aux conférences données ce samedi. Par contre, je suis allée faire un tour dans la librairie des Utopiales et je me suis achetée l'anthologie "Retour sur Horizon" des dix ans de Denoël, "Rois et Capitaines" aux éditions Mnémos et l'anthologie AOC Millésime dont est dit beaucoup de bien dans Bifrost. En cadeau, j'ai reçu "Maitre de l'espace et du temps", un recueil de Rudy Rucker que je ne connais absolument pas. Le 4eme de couverture le présente comme le fils spirituel de Frederic Brown et j'adore Frederic Brown. Ca promet un bon moment de lecture. ^^ J'ai profité de la présence des auteurs pour me faire dédicacer l'anthologie de Denoel. Serge Lehman, Philippe Curval, Thomas Day, Catherine Dufour, Jean Claude Dunyach, Xavier Mauméjean et Jérôme Noirez l'ont signée. J'ai été agréablement surprise par la mémoire de Serge Lehman. Alors qu'il signait, je lui ai dit lui avoir envoyé une nouvelle pour l'anthologie, et n'ayant que mon prénom, il s'est souvenu de mon nom de famille. Il a ajouté que je n'étais pas passée loin d'être moi-même dans l'anthologie. Quelle joie ! J'avais le sourire jusqu'aux oreilles. :) Une petite discussion avec Catherine Dufour sur les joies de l'enfantement et sa nouvelle "l'immaculée conception". Une autre discussion sur une histoire de cookies et de Grants avec Thomas Day et Jean Claude Dunyach qui m'a bien fait rire. Je saurai maintenant quoi acheter comme whisky. Merci m'sieur le poutouneur. :)

Après tant d'émotions, ce fut retour au bar, avec les grenouilles et quelques parties de loup garous entre deux discussions. Macalys et moi les avons accompagnées jusqu'à une crêperie avant de les abandonner avec effusions pour reprendre notre train. De nouvelles discussions enrichissantes avec ma partenaire de voyage et nous voilà revenues à Paris. Chacune s'en est retournée chez elle, la tête pleine d'images et de paroles, le coeur en fête.

Vous savez quoi ? Vivement la prochaine rencontre avec les grenouilles ! :)

vendredi 30 octobre 2009

A l'inconnu de Greensboro

On m'avait dit que tenir un blog n'était pas de tout repos et tête de mule commme je suis, je n'ai pas écouté cet avertissement. D'un côté, j'ai bien fait, parce que j'aime beaucoup tenir ce blog. D'un autre côté, trouver des choses à raconter qui soient suffisamment intéressantes pour les gens qui passent sur mon blog est parfois aussi difficile que de trouver un sujet pour une nouvelle.

Il y a peu, un ami qui se reconnaitra me demandait pourquoi je tenais un blog. Etait-ce pour toucher beaucoup de gens ou simplement pour garder traces de mes pensées, de mon avancée dans le monde de l'édition ? Bien que mon objectif premier ait été de faire un journal de mes recherches pour trouver un éditeur à Opale, je dois bien avouer qu'aujourd'hui, je consulte régulièrement google analytics pour savoir combien de personnes sont venues trainer sur mon blog et je dois bien admettre que je suis déçue si ce nombre diminue. Je pense que la majorité des bloggueurs agissent de même et ressentent la même chose.

Ce n'est pas que du travail de tenir un blog, c'est aussi une certaine angoisse, celle de décevoir, et finalement, c'est très proche de l'écriture. Quand on écrit un roman, une nouvelle, le moindre bout de texte, on a envie de faire pénétrer notre lecteur dans notre univers, de voir briller ses yeux d'excitation ou de tristesse ou de peur, selon l'émotion qu'on veut faire partager. Un blog a ceci de commun avec un roman qu'on ne sait qu'il plait que par rapport au nombre de personnes qui y viennent ou l'achètent, plus rarement par les retours obtenus. Heureusement, les chiffres de vente d'Opale ne devraient pas me parvenir au quotidien. Ca devrait m'éviter de m'arracher trop les cheveux. :)

Mais un blog réserve aussi d'heureuses surprises. Vous le savez... quelque part, avec google analytics, je vous espionne. L'une des possibilités de ce jouet est de voir d'où viennent les internautes et cherchant à savoir si Scott Westerfeld repasse par là (mais non, il n'est pas revenu ou alors, il a déménagé. ^^) je regarde souvent cette mappemonde virtuelle. Et jour après jour, je vois clairement la même personne venir encore et toujours. A priori, je ne la connais pas, mais je voudrais lui dire merci. Elle ne laisse pas de commentaire, peut-être par timidité ou parce qu'elle n'a rien à dire, tout simplement, mais je voudrais lui faire savoir que ses visites quotidiennes me font chaud au coeur. Alors, qui que tu sois, inconnu de Greensboro en Caroline du Nord, merci. Ce message est pour toi. :)

Sur ce, je m'en vais retourner dans la vraie vie. Un roman attends que je termine sa bêta lecture. :)

mardi 27 octobre 2009

Du travail et encore du travail...

Les affaires reprennent, doucement mais sûrement.

Non, toujours pas de nouvelles de mon éditrice. C'est long et j'espère que ça ne présuppose pas de mauvaises nouvelles. Je vous tiens au courant, quoi qu'il en soit.

Ayant un peu de temps et aucun projet sur le feu, puisque que je coince lamentablement sur Sidoine, je me suis attaquée à trois nouvelles. La première, "La machine à voler le temps" pour l'AT tempus fugit de Station Fiction, est terminée et envoyée. Je l'ai écrite étonnamment vite et étonnamment facilement. Je ne sais pas si ça se fait habituellement mais voici les quelques lignes du début.

"Je n'ai jamais été quelqu'un de très patient, même enfant. Avec l'âge, je
pensais que ce besoin impérieux d'avoir réponse à toutes mes questions
s'estomperait, me laisserait en paix, mais au contraire, il gagna en force alors
que je quittais l'adolescence. Cela n'aurait eu guère d'importance, comme pour
tant d'autres impatients, s'il n'y avait eu ce rêve, un rêve que je crus d'abord
d'essence divine et que je considère aujourd'hui comme le cadeau empoisonné d'un
être abject et démoniaque."
La seconde traitera du corps et sera pour l'AT "Le Corps" de Parchemins & Traverses. Je n'ai pas encore écrit un seul mot. J'ai l'idée mais il me manque une explication scientifique pour la situation de départ...

La troisième est en partie écrite même si je pense que je devrais beaucoup la retravailler et sera pour l'AT vampires de la revue Bifrost. Elle est très décalée par rapport à ce qu'attends Gilles Dumay, à mon humble avis, mais j'aime beaucoup l'idée. Tant pis si elle est recalée parce que ne convenant pas.

J'ai envoyé ma nouvelle "Relation Mère Fille" à la revue Black Mamba et il n'y a plus qu'à attendre leur réponse.

A côté de ça, ce week end, j'ai trouvé ce qui coinçait dans mon roman "Sidoine". Le héros manque cruellement d'intelligence. On me l'a dit et redit mais on avait beau me le dire, bien que comprenant confusément que mon texte ne tournait pas bien, j'étais incapable de voir ce qui n'allait pas. Au cours d'une discussion qui n'avait strictement aucun rapport avec Sidoine, j'ai eu l'illumination. J'ai enfin accepté de voir que mon personnage n'était pas assez intelligent et pourquoi. La bonne nouvelle est qu'il ne manque que quelques mots ou scènes ici ou là pour que le texte tourne. C'est juste un réglage et non pas une réécriture complète. C'est ce que j'apprécie dans l'écriture. Un simple mot, une simple virgule, peuvent changer la perspective d'un texte entier. Les mots sont vraiment d'une puissance incroyable et les manier quand on est écrivain, c'est se sentir un véritable démiurge.

Non, non, j'ai pas la grosse tête ni les chevilles qui enflent. lol

jeudi 22 octobre 2009

Chaine des couvertures

Puisque Tsumïre m'a gentiment tagguée il y a quelques jours voire semaines de cela, je vais vous parler de couvertures aujourd'hui. :) Et non, je n'avais pas oublié, Tsumïre. :)

Mes premiers souvenirs de lecture de littérature hors jeunesse remontent à très très longtemps, l'époque où j'allais joyeusement piocher en cachette dans les romans de SF de mes frères. Pourquoi en cachette ? Parce qu'à l'âge que j'avais, je n'aurais pas dû lire ces livres. Il y avait de gros monstres et des filles gentiment dénudées sur les couvertures et ça avait rarement un rapport avec le contenu. Ensuite, il y a eu la bibliothèque et le bonheur de voir briller les couvertures argentées à distance. Vous savez ces couvertures si particulières de la SF de l'époque, du moins, pour moi. Pas d'illustration, rien que cette surface miroitante sous les néons de la salle. J'adorais ces couvertures. Sans rien me raconter du livre, elles m'en disaient déjà suffisamment. J'allais me régaler. :)

Aujourd'hui, les maisons d'édition rivalisent d'ingéniosité pour nous attirer vers leurs romans et les couvertures sont bien souvent sublimes. Vous allez dire que je fais de la publicité pour ma maison d'édition mais j'adore les couvertures de Gallimard Jeunesse. D'un roman à l'autre, les couleurs et les textures changent. Ce sont de vrais petits bijoux et j'ai hâte de voir à quoi ressemblera la couverture des Yeux d'Opale.

Ceci dit, je vais vous dévoiler deux couvertures que j'aime beaucoup. La première est celle d'un roman de fantasy que j'adore : Frère Aloysius et le petit Prince. D'ailleurs si Philippe Monot, son auteur, passe dans le coin, il a le droit à un bisou et un vigoureux coup de fouet pour bosser plus vite ! J'attends toujours désespérément la suite de Sardequins ! ^^ Voici la dite couverture.


La suivante est du domaine de la Science Fiction. C'est le genre de couvertures qui me fait rêver, penser à des futurs possibles. Et quand on lit l'ouvrage, on n'est absolument pas déçu du voyage. Il s'agit de Radieux de Greg Egan.



Voilà. :) Je passe maintenant la parole à Feldo et Bélier pour nous montrer leurs couvertures coup de coeur. ^^

samedi 17 octobre 2009

Journée Nationale du Don d'Organe

De nouveau un court message avant un message un peu plus conséquent.

Aujourd'hui, c'est la journée nationale du Don d'Organe. Je ne sais pas si vous vous êtes jamais posés la question de savoir ce que deviendraient vos organes ou ceux de vos proches en cas de décès. Eh bien, en ce jour, il est grand temps de vous poser la question. En France, il existe un grand manque de donneurs d'organes. Pas par manque de générosité. Pas pour des causes religieuses. Pas par peur de laisser une part de soi à un autre. Non, les Français disent majoritairement vouloir donner leurs organes à qui en aurait besoin après leur mort. Mais voilà, le choc du décès conduit souvent la famille à rejeter ce qu'elle considère comme un crime pour le défunt, le don d'organes. En ce jour de journée nationale du Don d'Organe, faites part à vos proches de vos volontés à ce sujet. Etes vous pour ? Etes vous contre ? Il est important pour vos amis, votre famille de le savoir. Et pour être certain d'être bien compris dans le cas où vous seriez pour, n'hésitez pas à demander la carte de donneur d'organe à France Adot. Un lien, une question supplémentaire ? Suivez la carte ci-dessous.

Association pour le Don d'Organe et de Tissus humains

La mienne de carte ne me quitte que rarement.

jeudi 24 septembre 2009

Court message

Un court message pour vous tenir au courant.

Les yeux d'Opale est en cours de relecture chez mon éditrice et ça ne devrait plus prendre beaucoup de temps avant qu'elle ne me recontacte.

jeudi 17 septembre 2009

Les écrivains sont-ils des sportifs de haut niveau ?

Il y a quelques jours, je feuilletais l'un de mes livres de cuisine. Oui, j'adore cuisiner, enfin surtout la pâtisserie, genre tartes, biscuits, cookies... Y en a qui se souviennent de mes cookies au chocolat du dernier salon du livres. Si mes romans ne marchent pas, je pourrais toujours me reconvertir. ^^ Donc, je feuilletais et je suis tombée sur les dépenses caloriques en fonction de son activité et là, étonnée, je découvre qu'écrire représente 120 Kcal/heure et dactylographier 140 Kcal/heure alors qu'être assis au repos dépense seulement 100 Kcal/heure. Vous me direz, c'est quand même pas énorme comme dépense d'énergie supplémentaire, oui, mais...

Il y a quelques temps, j'apprenais que le magazine Bifrost lançait un Appel à Textes sur le thème des vampires. Ce n'est pas un thème qui m'inspire et je n'avais pas enregistré l'information jusqu'à ce que Blacky m'en reparle. Et je ne sais pourquoi, soudain, mon cerveau a décidé qu'il fallait répondre à cet AT et comme une cocotte minute, je suis montée en pression, pour finalement trouver une idée, mardi. Du coup, hier, j'ai écrit un peu plus de 10000 signes, espace compris. J'en suis ressortie éreintée. Ce n'est pas mon rythme habituel de travail et les quelques jours précédents avaient été vierges de toute écriture.

Du coup, je me suis demandée si les écrivains n'étaient pas une sorte de compétiteur, des sportifs de haut niveau. Quand on y songe, l'exercice d'écriture demande une énergie considérable, une énergie essentiellement mentale. Pour prendre mon cas particulier, quand j'écris, je suis dans une bulle, une sorte de transe. C'est comme plonger en apnée. D'ailleurs, il faut que j'en sorte régulièrement pour reprendre un peu d'air avant de replonger. :) J'imagine une scène, la visionne dans ma tête, tout en l'écrivant sur un clavier. Dans ce type d'exercice, la mémoire et l'imagination sont mises à contribution mais également la dextérité pour pouvoir enfoncer correctement les touches du clavier (je tape avec les deux mains pour ma part) et les connaissances autour du langage telles que la grammaire, l'orthographe, mais aussi le soin apporté à la joliesse du texte et du vocabulaire utilisé... Pas étonnant qu'on sorte lessivé d'une séance d'écriture. :)

Ceci dit, au boulot ! Il me reste encore une bonne vingtaine de milliers de signes à écrire pour ma nouvelle.

jeudi 10 septembre 2009

Zorro et Bernardo

Sherlock Holmes et Watson, House et Wilson, Dr. Jekyll et Mister Hide. Ah non, pas ces derniers ! Pourquoi ? Parce que c'est une seule et unique personne voyons...

Mon propos du jour est de vous parler des faire-valoir, de ces personnages qui sont destinés à mettre en valeur le héros, en lui donnant la réplique mais surtout, surtout, en expliquant à tous combien le héros est un homme extraordinaire. :)

L'une des erreurs que l'on commet en débutant dans l'écriture est de dire dans son texte que le héros est très intelligent et très beau et très plein de choses. Le problème est que le lecteur, lui, préfère de loin qu'on lui montre les choses. Les explications de l'auteur ont beau être présentes, le lecteur préfère se faire son propre jugement sur le héros. Et c'est là qu'entre en scène le faire-valoir. C'est par rapport à lui que le héros va montrer à quel point il est intelligent, vu qu'il faut tout ou presque expliquer au faire-valoir, à quel point il est beau, puisque les femmes vont irrémédiablement se tourner vers lui et non le faire-valoir, à quel point, il est fort puisqu'il sauvera d'une mort certaine au moins une fois son faire-valoir, etc. Si votre faire-valoir est une personne normale, le lecteur aura tendance à se mettre à la place du faire-valoir et à considérer de ce fait le héros avec les yeux de votre faire-valoir.

Un autre avantage de la présence d'un faire-valoir ou de tout personnage proche du héros est de pouvoir faire parler votre héros pour approfondir des points essentiels de sa personnalité ou tout simplement éclaircir une intrigue complexe ou encore un univers nouveau pour le lecteur. Dans ce dernier cas, on privilégiera une personne extérieure à ce monde.

Ceci dit, je m'en vais construire un ou deux personnages secondaires pour Sidoine. Grâce à lui et mon homme, j'ai compris qu'il n'y avait rien de mieux que les liens d'amitié pour rendre un personnage sympathique. :)

samedi 5 septembre 2009

google analytics

Cet article n'aura strictement aucun rapport avec la littérature. Il a juste pour but de vous prévenir que ce blog est maintenant géré par google analytics.

Ceux qui ont l'habitude de trainer ici leurs guêtres ont peut-être remarqué qu'il y avait des publicités associées à ce blog et ça faisait un bon moment que je me demandais d'où elles provenaient quand hier, j'ai compris que c'était mon compteur de visites qui les affichaient. Elles étaient gênantes et j'ai donc pris la décision de supprimer le compteur des visites. Mais voilà, un blog sans compteur de visites et malgré les gentils commentaires dont je vous remercie ne rend pas compte du passage existant et l'angoissée que je suis a besoin de savoir si quelqu'un vient lire mes âneries de temps à autre ou pas. Du coup, j'ai décidé d'installer google analytics. Cela ne change rien pour vous sauf que j'ai gagné le droit de savoir par quelle page vous passiez pour venir sur ce blog, le temps passé sur ce blog, votre pays d'origine et le nombre de pages et les pages consultées. Je vous rassure, il n'y a aucun identifiant, pas d'adresse ip à ma disposition...

En signant le contrat google analytics hier, j'ai lu que j'étais tenue de prévenir les internautes de ce "flicage". J'aurais pu prendre un autre compteur gratuit mais le problème est que ces autres compteurs font exactement la même chose que google mais sans le mentionner, sans contrat et sans aucune certitude quant à l'utilisation des données. Avec le contrat google, je suis certaine que ces données n'iront nulle part ailleurs que devant mes yeux.

En espérant ne pas vous avoir fait fuir, voici le texte officiel de google analytics :
« Ce site utilise Google Analytics, un service d'analyse de site internet fourni par Google Inc. (« Google »). Google Analytics utilise des cookies , qui sont des fichiers texte placés sur votre ordinateur, pour aider le site internet à analyser l'utilisation du site par ses utilisateurs. Les données générées par les cookies concernant votre utilisation du site (y compris votre adresse IP) seront transmises et stockées par Google sur des serveurs situés aux Etats-Unis. Google utilisera cette information dans le but d'évaluer votre utilisation du site, de compiler des rapports sur l'activité du site à destination de son éditeur et de fournir d'autres services relatifs à l'activité du site et à l'utilisation d'Internet. Google est susceptible de communiquer ces données à des tiers en cas d'obligation légale ou lorsque ces tiers traitent ces données pour le compte de Google, y compris notamment l'éditeur de ce site. Google ne recoupera pas votre adresse IP avec toute autre donnée détenue par Google. Vous pouvez désactiver l'utilisation de cookies en sélectionnant les paramètres appropriés de votre navigateur. Cependant, une telle désactivation pourrait empêcher l'utilisation de certaines fonctionnalités de ce site. En utilisant ce site internet, vous consentez expressément au traitement de vos données nominatives par Google dans les conditions et pour les finalités décrites ci-dessus. »

mardi 1 septembre 2009

Scott Westerfeld et la littérature jeunesse

Quand j'ai appris qu'Opale était considéré comme un roman jeunesse, cela m'a d'abord choqué et je me suis récriée : "Non, je l'ai écrit pour des adultes !" A partir de ce moment, j'ai cherché ce qui pouvait faire qu'un roman soit considéré pour adultes ou pour jeunesse et je me suis rapidement aperçue que je n'étais pas la seule à me poser ce genre de questions. Il y a notamment eu des discussions à ce propos sur la mare (alias cocyclics).

Il y a peu, j'ai découvert abruptement qu'un auteur de science fiction que j'adore, Scott Westerfeld, écrivait des romans pour adolescents. Vous savez, la série des Uglies et Pretties. Je suis tombée des nues. J'ai adoré "Les légions immortelles" et jamais je ne me serais imaginée que cet auteur si complexe pouvait écrire un roman pour adolescents et pourtant, non seulement il le fait mais avec brio. Ses livres se vendent comme des petits pains. Agacée d'être laissée de côté, désireuse de lire la suite des légions immortelles, j'ai cherché le site de cet auteur pour voir ses projets et je suis tombée sur la faq du site

C'est en anglais mais je vais traduire grosso modo pour les non anglophones. Scott Westerfeld explique qu'il préfère écrire pour les adolescents pour plusieurs raisons.
1) Il a des messages de ces fans adolescents alors qu'il n'en reçoit aucun des adultes. Là, j'ai décidé de lui écrire mais je ne l'ai pas encore fait. S'il suffit de lui dire qu'il est génial pour qu'il écrive la suite, il peut compter sur moi. ^^
2) Il peut aisément changer de genres en littérature jeunesse car les adolescents s'attachent aux auteurs avant de s'attacher à un genre précis.
3) Les livres jeunesses ont une durée de vie plus importante dans les librairies que les romans pour adultes.
4) Les adolescents parlent des livres qu'ils lisent entre eux et cela permet d'obtenir des meilleures ventes sans être obligé de passer à la télé.
5) Si quelqu'un peut traduire le point 5, j'ai pas compris... Désolée.
6) Les livres jeunesses rapportent plus d'argent. D'ailleurs, Scott Westerfeld a décidé de remercier chaleureusement J.K.Rowling tous les jours de sa vie. ^^

Voilà toutes les raisons qui poussent un auteur à préférer écrire pour la jeunesse. Intéressant, non ? Si vous hésitez à écrire de la littérature jeunesse, ça peut peut-être vous aider. :)

lundi 24 août 2009

Envoi d'Opale à l'éditrice

Bon, ben voilà, j'ai appuyé sur le bouton "envoyer" de ma messagerie avec un petit pincement au coeur. Opale est reparti vers mon éditrice et j'ai un peu peur de ce qu'elle pourrait avoir envie de lui faire subir. Il faut dorénavant que je m'arme de patience en attendant la suite. Je compte 2 mois... et après, je téléphone. ^^

Sinon, j'ai participé à la nuit de l'écriture, il y a peu. Le forum de cette joyeuse animation se trouve ici . Le principe est d'écrire de 21h30 à 4h du matin et d'atteindre les 10 000 mots. Et cerise sur le gâteau, il faut que cela signifie quelque chose. Si, si, j'ai demandé à l'organisatrice. ^^

Je subissais un blocage sur Sidoine, ne sachant plus trop par quel bout prendre le bestiau, et j'ai donc profité de cette folle nuit pour faire voler en éclat ce blocage. Je n'ai pas atteint les 10 000 mots, loin de là. Je me suis contentée d'un petit 2000 mots mais au moins, Sidoine ne m'apparait plus comme impossible à terminer.

Je vous livre un extrait de ce que j'ai écrit durant cette nuit. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser votre avis, même s'il est négatif. :)

Sidoine fit avancer sa monture au pas en direction des ruines encore fumantes. Quelques brasiers finissaient de se consumer ici ou là. Seuls leurs faibles crépitements et les craquements du bois se faisaient entendre. Le guerrier écouta un instant le silence avant de secouer la tête. Les bhargoests avaient quitté les lieux. Il continuait de progresser, espérant trouver une preuve que Jeanne avait survécu à l’attaque. L’odeur se faisait de plus en plus forte et écoeurante. Les bhargoests n’avaient laissé des villageois que des cadavres à moitié dévorés, passant visiblement d’une victime à l’autre, sans prendre le temps de terminer les restes. L’odeur du sang supplantait toutes les autres, s’insinuait dans les narines du guerrier, lui montait jusqu’à la cervelle, le faisant grogner en retour. Il fit stopper sa monture et fouilla fébrilement ses poches.
− Penser au vent.
Son regard se posa un instant sur l’encolure de son étalon et il resta comme hypnotisé. Rêvait-il ou voyait-il le flot de sang allant et venant sous l’épaisse peau de l’animal ? Du sang frais et si rouge, si désaltérant. Il en sentait presque le goût métallique sur sa langue. Un hennissement strident le sortit de sa transe et le retrouva les dents plantées dans le cou de sa monture. L’étalon secoua la tête, projetant son cavalier dans une flaque de boue ensanglantée. Sidoine se retint de se jeter au sol pour laper le sol. Avec des gestes tremblants, il ouvrit les pans de sa cape, défit les boutons maintenant le col de sa tunique de cuir fermé et extirpa un petit sac de lin blanc coincé entre sa peau et le tissu. Un instant, la perle blanche à son cou brilla dans la lumière matinale. Il ouvrit le petit sac et en sortit une pincée de poudre aux reflets bleutés qu’il se fourra dans les narines en inspirant profondément. L’apaisement se fit aussitôt ressentir. Sidoine resta assis quelques instants, prenant le temps de reprendre ses esprits.
Ses yeux erraient sur le désastre qui l’entourait. Etonnamment, sa monture n’avait pas décidé de fuir les lieux après qu’il l’ait mordue. Sans doute n’avait-elle ressenti qu’un léger pincement ou alors, elle était trop à bout de force pour condescendre à prendre la fuite devant un humain glouton. Sidoine soupira. Comment espérer que la petite campagnarde avait pu réchapper à un tel cataclysme ? Il finit par se relever et chercha la maison de la jeune femme. Il n’en trouva que des pans de murs sur le point de s’écrouler, ébranlés par la force bestiale des bhargoests. Doigts, mains, pieds, bras et morceaux de jambes avaient été disséminés aux quatre coins de la maison. Soudain, Sidoine aperçut la tête, empalée sur un morceau de bois planté entre deux planches d’une longue table. Une terreur sans nom avait tordu les contours du visage féminin dans un rictus ignoble. Les yeux vitreux posèrent sur le guerrier un regard accusateur. Sidoine haussa les épaules.
− Il fallait que je tombe sur une sainte qui avait la guigne…

jeudi 20 août 2009

Fin des corrections des Yeux d'Opale

Voilà... Mon roman, "Les yeux d'Opale", est terminé. Il est tout beau, tout propre. Ses petites virgules et ses petits points sont alignés bien proprement, avec tout le reste de la signalétique littéraire. Y a plus qu'à le renvoyer chez Gallimard. Mais pour ça, j'attendrai lundi. Ca me laisse encore trois jours au cas où une énorme bourde me sauterait au visage.

Je voulais particulièrement remercier mon dernier bêta lecteur. Je vous ai déjà dit tout le bien que j'en pensais et je n'ai pas changé d'avis, bien au contraire. Un gigantesque merci, Béorn. :)

Bon, sinon, je n'ai toujours pas regrignoté mes ongles et pourtant, je viens d'envoyer ma démission à ma boite. ^^ Une folie. ^^

Bon week end, en avance, tout le monde.

mercredi 19 août 2009

Une bonne résolution tenue

Ca y est... Je suis rentrée de vacances et ça sent drôlement la rentrée prochaine. En fait, il n'y a guère que la canicule pour me rappeler que les vacances ne sont pas tout à fait terminées.

Mon dernier bêta lecteur, dénommé Perle, m'a rendu les dernières corrections d'Opale et il semble avoir apprécié sa lecture. Il y a certains points qui lui sont demeurés obscurs et je vais voir à les éclaircir, par l'ajout de quelques mots voire éventuellement d'une phrase mais rien de plus. Ce n'est pas tant par flemme que par la peur de générer de nouvelles erreurs dans le texte. D'ici demain ou après demain, Opale sera terminé et je l'enverrai à mon éditrice et là, c'est le mystère complet... mais je vous tiendrai au courant de la suite des événements. J'espère en mon for intérieur que le fait de rendre Opale rapidement provoquera une édition rapide mais il est possible que cela n'ait aucun impact. Il reste beaucoup d'étapes encore avant la publication et les maisons d'édition ont des calendriers à respecter.

Enfin, pour parler un peu de moi... ben oui, quoi, on parle jamais de moi... Comment ça, j'exagère ? ^^ Juste pour dire que j'ai arrêté de me manger les ongles... Et comme ça faisait partie de mes bonnes résolutions du début d'année, je vous le signale. D'ailleurs, va falloir que j'aille me les couper, mes ongles, histoire qu'ils cessent de rentrer en contact avec les touches du clavier. C'est d'un désagréable ! Bon, ok, j'arrête de vous ennuyer avec mes petites histoires. ^^

A bientôt.

mercredi 12 août 2009

Le génie

Vous savez que poster sur ce blog, c'est un peu raconter une histoire, à chaque fois ? Le plus difficile est d'écrire la première ligne, celle à partir de laquelle tout le reste du post se déroulera. Enfin, le plus difficile après avoir trouvé de quoi parler, s'entends. ^^

Les lecteurs posent souvent cette question aux auteurs : d'où vient votre inspiration ? Charge alors aux auteurs d'expliquer qu'ils se contentent d'ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure et d'y vivre. Mais cela ne suffit généralement pas aux lecteurs qui bien souvent n'y voient qu'une façon détournée de ne pas répondre à la question. Ils imaginent alors certainement qu'il y a une méthode que seuls certains "élus" connaissent et à laquelle ils n'auront jamais accès. Peut-être...

Elizabeth Gilbert, auteur de "Mange, Prie, Aime" a cherché à mieux cerner d'où pouvait venir l'inspiration et parle du génie dans cette allocution de dix huit minutes que je vous conseille chaleureusement de visionner.

A noter que ce site ne propose pas que l'intervention d'Elisabeth Gilbert. Vous y trouverez d'autres discours sur toutes sortes d'idées originales, censées améliorer le monde.

Je vous souhaite une bonne écoute et n'oubliez pas de toujours parler gentiment à votre génie. :)

mercredi 5 août 2009

Troisième prologue de Sidoine

Aujourd'hui, je vous livre la dernière version du prologue. Il tient compte des changements concernant Oriane. De jeune paysanne aux moeurs légères, il est devenu... vous verrez en lisant. Contrairement au second prologue, celui-ci est plus court. Il devrait s'allonger légèrement lors des corrections pour améliorer le suspens. Je ne sais pas vous mais, pour ma part, je suis incapable de modifier un texte que je viens d'écrire. Il a besoin de reposer quelques temps avant de pouvoir être retravaillé.

Dans cette version, j'ai mis l'accent sur Oriane et Sidoine. On ne voit plus apparaître Njorg mais son ombre maléfique plane sur le premier chapitre. Cette disparition n'est donc pas bien grave. Jusqu'ici, j'avais essayé d'écrire un roman très dark. Vexée qu'Opale soit qualifié de jeunesse alors que je l'avais écrit pour des adultes, j'ai cherché à me forcer à écrire une histoire sombre. Mais chassez le naturel et il revient au galop... Je peux me forcer sur quelques milliers de signes mais au final, ce n'est pas du tout mon style d'écriture. Dans ce prologue, j'ai voulu donner un avant gôût du style que je veux donner au roman : sombre mais pas sans une pointe d'humour noir. Quant à savoir si je pourrais tenir la barre jusqu'au mot fin, c'est une autre histoire...

Allez, je vous laisse lire le 3eme prologue. A noter qu'il est un peu cru et donc, pas forcément adapté aux jeunes gens. Et si vous avez un peu de temps, n'hésitez pas à me dire quel prologue vous préférez et pourquoi. Bonne lecture.

"L’aube ne serait pas là avant plusieurs heures. Un vent belliqueux faisait voler les pans de la lourde cape de laine autour du cavalier. Sidoine arrêta sa monture et observa les lieux. Une courte route menait dans un petit village tandis qu’une autre portion, plus large, s’éloignait dans la campagne et se perdait rapidement dans la brume. Sidoine grommela un juron. Transi de froid, le dos endolori, les extrémités gelées, l’estomac vide et l’esprit embrumé par la fatigue de sa longue chevauchée, le guerrier n’était plus que l’ombre de lui-même. Il réfléchit un instant et haussa finalement les épaules. Cette Jeanne de Domfroy pouvait bien attendre le lendemain pour qu’il la rejoigne. Il avait bien mérité un peu de détente pour le restant de la nuit. Il éperonna son étalon et ne fut pas long à reconnaître l’enseigne du bordel le plus proche.

En ce long mois d’hiver, la nuit tardait à laisser place au jour. Une brume humide et compacte inondait les fossés de cette campagne reculée de l’est du royaume de Falatie, recouvrait monts et collines, redessinait les contours de toute choses. Une bise glaciale soufflait de l’est. Jeanne l’entendait siffler à ses oreilles malgré les murs de pierre grise de la petite chapelle de Domfroy où elle priait. Une bourrasque plus puissante que les autres força les battants de l’entrée, se fraya un chemin à l’intérieur, souffla les cierges, s’engouffra dans les longs cheveux noirs de Jeanne avant de venir mourir au pied de l’autel. Un rugissement sourd résonna en écho. Jeanne tourna la tête. La porte battait contre le mur, laissant apercevoir au dehors une forme plus sombre que la nuit la plus noire.

Des yeux couleur d’émeraude, des cheveux noirs de jais, la taille fine, une poitrine discrète, elle se nommait Oriane. Le guerrier aurait préféré une femme plus en chair, plus âgée, plus… moins… Elle bâilla et la mère maquerelle lança un regard désapprobateur à Sidoine. Sans sa carrure de géant, la bâtarde pendant à son côté, son regard noir, son visage tanné par le froid et le soleil, elle l’aurait certainement foutu à la porte. Il accepta la donzelle. A cette heure, il n’avait plus guère le choix.

Des yeux couleur rubis, une crinière rouge courant de la tête aux reins, une taille dépassant les deux mètres cinquante, une tête de loup posée sur un torse humain, des cuisses humaines reliées à des jambes de loup, des bras humains aux mains griffues, à la pilosité abondante, ainsi apparut le bhargoest à Jeanne. Du sang s’était figé aux commissures de ses babines, mouchetait son corps de tâches sombres. Son regard semblait chercher à la transpercer. Il pénétra dans la chapelle et Jeanne crut qu’il en avait chassé l’air jusqu’à ce qu’un cri déchire l’air, son propre cri. Jeanne se leva et se précipita vers la porte donnant sur l’arrière du bâtiment.

A son cou, la perle rouge sang oscillait sous les coups de butoir de ses reins. Sous lui, la prostituée bougeait à peine, poussant de vagues cris de plaisir de temps à autres, le regard perdu dans les poutres du toit. Sidoine enrageait. Au prix où il la payait, elle pourrait au moins faire semblant convenablement. Il se retira brutalement, retourna la fille, et reprit sa besogne. Au moins, elle avait une belle paire de fesses.

Jeanne courait comme elle n’avait jamais couru de sa vie, aussi vite que ses jambes le lui permettaient, l’homme-loup à ses trousses. Elle avait cessé de prier à voix haute, conservant son souffle pour la course, mais son esprit continuait de lancer des prières en direction du Très Haut. Il ne pouvait pas l’abandonner maintenant, pas ainsi. Elle était l’Elue, celle qu’il avait choisie pour reconquérir le trône de Falatie et y placer le seul et unique roi, Francis de Molière. Ses propres saints le lui avaient dit !

Le corps de la maraude frémissait sous ses assauts répétés. La chair ferme de sa croupe ondoyait sous ses doigts. La longue chevelure de la belle formait un chaste rideau devant son visage et Sidoine se plaisait à croire que ses petits cris de jouissance n’étaient point feints. Il accéléra le mouvement, agonissant sa monture d’excitantes injures.

Le bhargoest était sur elle. Jeanne sentait son souffle dans son cou. Elle voulut lui échapper mais ses jambes refusaient de la porter davantage. Elle s’écroula à ses pieds, le souffle court.

Il sentait la jouissance toute proche maintenant. Il s’était tu, avait fermé les yeux et ahanait à chaque nouveau va-et-vient.

Puisant dans ses ultimes forces, elle se tourna vers la créature mi-homme mi-loup et, dans une dernière tentative de protection, tendit dans sa direction la croix qu’elle portait au cou. Un rire amusé sortit de la gorge humaine.

Il était le roi. Le monde avait cessé d’exister et ne subsistait plus que le plaisir animal de ses reins. Il ouvrit la bouche sur un cri de plaisir.

Le bhargoest, ses mâchoires de loup grandes ouvertes se rapprocha de son visage et Jeanne hurla de terreur.

Sidoine grogna son extase.

La gueule se referma sur la gorge de Jeanne, broyant la jugulaire. Le cri de la jeune femme se transforma en un gargouillis immonde avant de s’éteindre à jamais.

Sidoine se laissa retomber sur le côté. L’instant d’après, il ronflait.

Le bhargoest goûtait la chair fraîche quand un sifflement strident lui fit relever la tête. Il monta la proie sans vie sur ses épaules et courut rejoindre sa maîtresse.

Le soleil brillait sur l’horizon quand le cavalier carapaçonné de noir parvint en vue de Domfroy. Le guerrier arrêta net sa monture. Du village, il ne restait que des décombres calcinés. Quelques fumées fétides s’étiraient paresseusement dans l’air vif.
− Eh, merde ! fit Sidoine."

mardi 4 août 2009

Deuxième prologue

Merci pour vos gentilles remarques sur le premier prologue mais finalement, ce n'est pas du tout la version retenue. Dans ce prologue, je mettais en avant Sidoine et son passé. Je voulais qu'on comprenne son personnage dès le début, qu'on comprenne sa douleur. Et puis, j'ai commencé à écrire et le personnage qui affleurait sous les mots ne correspondait pas au personnage décrit par le prologue. J'avais beau forcer, ça ne coulait pas. J'ai tout arrêté et j'ai repris le prologue mais cette fois, du point de vue de Jeanne. Après tout, ce sont les événements arrivants à Jeanne qui déclenchent l'histoire. Autant commencer par ça.

Je voulais, et je veux toujours, un Sidoine avec un lourd passif et qui, de ce fait, n'est pas libre de ses actions. Pour cela, il fallait que je trouve un événement majeur de son passé. Comme ça ne pouvait pas être la perte d'un amour vu que j'étais incapable de concevoir un guerrier géant ayant eu une peine d'amour, il fallait que je trouve autre chose, quelque chose qui le change profondément. Une amie a alors parlé sur son blog de sa difficulté à décrire une métamorphose homme-loup et ça m'a donné une idée... Non, non, vous ne saurez pas. C'est dit à environ un tiers du roman. Faut pas gâcher la surprise. ^^

Vous me direz... Quel rapport avec le prologue puisqu'on n'y voit pas Sidoine ? Et bien, on y voit la méchante sorcière qui a fait des misères à notre Sidoine quand il était encore adolescent. Et il me fallait bien savoir quelle relation existait entre eux... Ah... et oui, le méchant sorcier a changé de sexe entre les deux prologues. J'arrive mieux à visualiser une méchante sorcière qu'un méchant sorcier. Allez savoir pourquoi...

Trève de bavardage. Voici donc le deuxième prologue. Il est un peu dur également. Si vous êtes sensible, abstenez vous. Et comme le précédent, ce n'est pas la version finale.

"Les nuages, nombreux, cachaient les quelques étoiles de cette nuit sans Lune. Jeanne ne trouvait pas le sommeil. Elle frissonna sous l'épais édredon de plumes. Le froid vif de l'hiver n'en était pas la cause. Un étrange malaise habitait la jeune fille. Elle tendait l'oreille. Les murs fins n'empêchaient ni le froid ni les bruits extérieurs de pénétrer dans sa modeste chambre. Les cloisons de pierre semblaient soudain frêles à Jeanne, prêtes à s'écrouler au premier souffle de vent. Un chien aboya quelque part. Jeanne frissonna de nouveau avant d'enfuir la tête sous l'épaisseur rassurante de la courtepointe. Elle espérait y trouver un peu de chaleur, un peu de réconfort, mais le malaise persistait. Un grondement sourd résonna alors. Jeanne ne put s'empêcher de pousser un petit cri de souris alors que son corps se mettait à trembler de manière irrépressible. Ils étaient là. Ils étaient venus la chercher, elle. Cela ne faisait aucun doute. Elle se recroquevilla un peu plus dans son lit alors que des bruits de cavalcades se faisaient entendre à l'extérieur et que les premiers hurlements humains retentissaient.
— Jeanne ! Lève-toi !
Un cri venu du rez-de-chaussée. La trappe d'accès du premier étage s'ouvrit. Jeanne sortit la tête pour apercevoir son père, Jean, debout sur l'échelle d'accès, qui lui faisait de grands signes. Elle s'extirpa de sa couche, grelottante, descendit à la suite de son père. En bas, ses deux grands frères et sa mère revêtaient des manteaux. Les grondements se faisaient plus nets à chaque instant. Les bhargoests approchaient. Ils ne tarderaient plus à trouver la maison de Jeanne, à la trouver elle, après avoir laissé une piste ensanglantée derrière eux.
— Prends ça !
Son père lui tendait un lourd manteau. Elle l'enfila alors qu'il ouvrait une petite porte qui donnait sur l'arrière de la maison. Déjà, des raclements ébranlaient la porte d'entrée. Les bhargoests n'allaient pas tarder à la franchir. Son père la pressa. Sa mère lui serra la main, un instant. Pieds nus, Jeanne franchit enfin le seuil de la demeure et courut à perdre haleine, droit devant elle, le reste de sa famille sur les talons.
Les premiers arbres de la forêt étaient à leur portée. A l'intérieur, les bhargoests auraient plus de difficultés à les suivre. Le cœur de Jeanne battait follement dans sa poitrine. Terrorisée, la jeune femme priait ses anges. Ils avaient promis de la guider, de l'aider. Elle était celle qui remettrait le véritable roi de Falatie sur le trône. Elle était celle qui bouterait les Azuréens hors de Falatie. Ils le lui avaient juré. Les bhargoests ne pourraient jamais l'attraper. Elle pressa encore sa course, l'âme emplie d'espoir. Un hurlement strident lui apprit la mort de sa mère. Les yeux embués de larmes, le souffle court, Jeanne ne se permit pas même un regard en arrière. Un gargouillis immonde et le claquement sec des os qui se brisent se firent entendre. Jeanne ferma les yeux, un instant, pour les rouvrir aussitôt. Père ou frère ? Elle ne savait pas même qui avait succombé sous les mâchoires féroces des créatures démoniaques. Les arbres étaient son seul espoir. Une cinquantaine de mètres l'en séparaient, une si courte distance, une si longue course.
Son frère Pierre la dépassa. Son frère Paul lui prit la main, l'entraînant en avant à sa suite. Elle redoubla d'effort. Ses pieds ne touchaient presque plus l'herbe de la plaine. Elle avait l'impression irréelle de voler. Le vent lui fouettait le visage, faisait voler ses longs cheveux dorés. Une créature écarlate fondit soudain sur Pierre. Les crocs blancs du gigantesque homme-loup se refermèrent sur la gorge de son frère et lui ravirent sa vie en un instant. Jeanne et Paul stoppèrent net. Le bhargoest se dressait entre eux et la protection de la forêt. Jeanne, la main fraternelle dans la sienne, fit quelques pas en arrière avant de sentir un souffle d'air tiède et empuanti sur son visage. La peur au ventre, elle tourna lentement la tête. Un second bhargoest l'observait de ses yeux rouge sang. En tendant la main, elle aurait pu le toucher. Jeanne lâcha Paul et tomba à genoux, les mains levées en une ultime prière.
— Mes doux saints…
Le bhargoest lui arracha la tête d'un puissant coup de patte. Le pauvre crâne roula quelques instants avant de se coincer dans un renfoncement du terrain. Paul hurla, de douleur, de peur. Les yeux sans vie de Jeanne fixèrent l'homme-loup alors qu'il levait le museau vers le ciel et poussait un long ululement, imité par ses deux congénères. Ensuite seulement, ils commencèrent leur festin.

Agenouillé, Paul ne pouvait détourner les yeux du repas. Le museau des monstrueuses créatures explorait le corps de leurs victimes, sa propre famille, en débusquant le moindre morceau de chair. Un haut-le-cœur prit Paul et répandit sur le sol le contenu de son estomac. Ce fut comme un signal pour les bhargoests. Ils redressèrent leur tête de loup sur leur corps d'homme et reniflèrent l'air nocturne. L'un d'eux s'approcha du jeune homme. Paul fit le signe de croix. Les loups démoniaques l'avaient jusque là ignoré mais ils avaient finalement décidé de rattraper leur erreur. Paul ferma les yeux. De puissantes mâchoires se refermèrent sur sa nuque. Deux filets de sang coulèrent quand les crocs transpercèrent la fine peau du jeune homme. Paul poussa un cri de terreur. Les yeux grands ouverts, il vit sa courte vie défiler devant lui. Tétanisé de peur, il mit quelques instants à réaliser que la bête ne l'avait pas mis à mort. Bien au contraire, comme s'il n'était qu'un louveteau, elle le transportait vers une destination inconnue.
Le trajet sembla long à Paul. Ballotté en tous sens, il luttait contre une nausée tenace et surtout, il pensait… Que lui réservaient ces créatures du Diable ? Allait-il servir de pâture à quelque engeance ? Il eut tout le temps d'imaginer les pires situations. Ses plus ignobles cauchemars devenaient soudain réalité. Enfin, il aperçut un point lumineux devant eux. Ils approchèrent rapidement. Le point lumineux grandit et Paul reconnut un feu de camp. Derrière les flammes, éclairé par elles, se tenait quelqu'un. Le jeune homme ne put s'empêcher de frémir. Un mage sanguinaire… Les légendes racontaient qu'ils contrôlaient les bhargoests. Certaines prétendaient même qu'ils les créaient par magie à partir d'humains. Il n'y avait pas créature plus cruelle au monde. Paul sut alors que la mort était proche. L'homme-loup qui le portait le jeta au sol avec violence. Le jeune homme roula jusqu'aux abords du feu. Tremblant, il attendit quelques instants avant d'oser relever la tête. Une femme, vêtue d'une longue robe de fourrure, se tenait près de lui. Le haut de son crâne et son dos étaient recouverts d'une peau de loup dont la gueule béante surmontait son visage. Elle se pencha vers Paul. Ses longs cheveux roux frôlèrent le visage du jeune homme. A la lueur des flammes, il la dévisagea. Elle était belle, terriblement belle. Un vent léger écarta un pan de la chevelure de la sorcière et Paul eut un mouvement de recul. L'œil droit lui manquait. Là où une terrible cicatrice s'achevait après avoir zébré ses traits depuis le coin de la lèvre inférieure gauche. Un frisson parcourut le jeune homme alors que le regard de la magicienne s'attardait sur lui.
— Ce n'est pas Sidoine !
Elle releva la tête et apostropha les bhargoests à la fourrure écarlate.
— Vous vous êtes trompés ! Incapables !
Les créatures firent entendre de petits grognements de dépits. L'œil mauvais, la femme désigna Paul, toujours tremblant à ses pieds.
— Il ne sera pas venu pour rien… Tenez le !
Le jeune homme sentit de puissantes mains griffues le saisirent. Il se débattit, paniqué, alors qu'on le remettait debout de force et qu'on arrachait le devant de sa chemise. D'un mouvement d'épaules, la sorcière se débarrassa de sa robe, révélant un petit sac rouge suspendu à son cou par une lanière de cuir de la même couleur. Elle l'ouvrit et en sortit des herbes qu'elle jeta dans le feu. Aussitôt, une fumée blanchâtre à l'odeur étonnamment sucrée et épicée s'éleva dans l'air. Paul bloqua sa respiration mais les volutes l'entourèrent bientôt. Maintenu par des mains fermes, il n'eut d'autre choix que de respirer. La femme s'avança alors vers lui, un large couteau en main, et Paul cessa de chercher à s'échapper, subjugué par la beauté de ce corps féminin dévoilé, envoûté par les vapeurs ensorcelées. Une main attrapa sa tignasse et fit brutalement basculer sa tête en arrière. Il tressaillit quand la lame aiguisée du couteau se posa sur sa jugulaire et pénétra profondément ses chairs. Il hurla quand la magicienne apposa ses lèvres sur la plaie ouverte et téta son sang goulûment.
Njorg se redressa bientôt, les lèvres, le menton et la poitrine couverts de sang chaud. Un sourire carnassier auréolait le visage de la sorcière repue. En expirant, l'homme lui avait offert plus que son sang. Son énergie vitale, sa force lui appartenaient à présent. Njorg se tourna vers l'Est, là où devait se trouver son ancien disciple, et leva le poing.
— Je te trouverai Sidoine ! Où que tu sois ! Et je te ferai payer ! Payer très cher !
Un rire sardonique éclata dans la nuit sans Lune."

lundi 3 août 2009

Premier prologue de Sidoine

J'ai repris l'écriture de Sidoine avec mes nouvelles idées sur Oriane et en travaillant sur le prologue, j'ai réalisé que des prologues, j'en avais écrit plusieurs pour cette histoire, prologues qui resteraient à jamais prisonniers des limbes électroniques de mon pc. Je ne sais pas comment écrivent les auteurs en général mais moi, je jette beaucoup, surtout mes débuts. Je peux les recommencer plusieurs fois de suite pour démarrer l'écriture d'un roman. Je dis ça mais en même temps, j'en suis qu'à mon second, de roman. Ca ne permet pas vraiment de faire des généralités.

Bref, j'ai décidé de mettre les différentes moutures sur mon blog. Pour ceux qui les liraient, l'histoire racontée par ces prologues ne préfigurent en rien de l'histoire véritablement racontée dans la version finale de Sidoine. Il faudra les lire et les oublier aussitôt. ^^

Aujourd'hui, je vous mets le premier de la liste. C'est du premier jet et il est possible qu'il s'y trouve des fautes d'orthographes et des passages mal dits. Vous m'excuserez de ne pas avoir envie de retravailler de futurs rebuts. ^^

Edit : Une petite précision, ce texte n'est pas destiné à la jeunesse. La scène peut éventuellement choquer les âmes sensibles.


"La peur au ventre, il franchit la dernière marche et tendit sa torche. La lueur entamait à peine les ténèbres souterraines. Il frissonna et fit un pas hésitant sur les dalles de pierre rendues glissantes par l'humidité. Son cœur cognait dans sa poitrine, martelant ses oreilles. Il prit une profonde respiration, la regretta aussitôt alors qu'une odeur putride envahissait ses narines. Ecoeuré, il se força à marcher. Il se mouvait lentement comme pris dans un brouillard résistant à chacun de ses gestes. Il aurait pu, il aurait dû, fuir, et pourtant, il se sentait irrésistiblement attiré en avant. Un rectangle sombre auréolé d'une lumière jaunâtre se découpa devant lui. Il avança la main et la posait sur le vantail quand un hurlement strident le tétanisa.
— Emilie !
Son propre cri lui rendit l'usage de ses muscles. La porte s'ouvrit sous sa poussée. Il hoqueta devant l'horreur de la scène. Son Emilie, écartelée sur une grande croix de bois sombre, alors qu'un homme la besognait en poussant des râles de plaisir. Cet homme, il le reconnut. Therion. Son mentor, son presque père, Therion.
— Noooooooon !
L'homme se retourna, le sexe dressé, laissant voir la jeune femme attachée debout, nue, le corps tailladé, ensanglanté de sang, de son propre sang. Il l'avait torturée !
— Sid…
Son prénom, murmuré par des lèvres tant aimées et réduites en charpie sanguinolente, lui transperça le cœur. Le regard d'Emilie, cet appel pour sa délivrance, quelle qu'elle soit, lui vrilla les tempes. Il bondit en avant. Le poignard de Therion s'abattit. La lame traversa le cou d'Emilie. Dans un soubresaut, elle rendit l'âme, ses yeux grands ouverts fixant Sid. Ses genoux se dérobèrent sous lui. Il hurla de douleur.
— L'amour n'est pas pour nous, Sidoine… murmura son mentor.


$$$

Sid se réveilla en sursaut et s'assit, le cœur battant à tout rompre, le souffle rapide. D'une main tremblante, il essuya la sueur poisseuse qui maculait son front et observa les lieux, hagard. L'aube se levait à peine sur la campagne environnante. Un petit cours d'eau murmurait à une dizaine de mètres de lui. Derrière lui, quelques saules le séparaient d'une route poussiéreuse. Son étalon, Sable, broutait à quelques pas.
Sidoine mit quelques instants à se souvenir où il se trouvait : nulle part. Il grimaça un sourire. Au moins, s'il avait hurlé durant son cauchemar, il n'avait réveillé personne. Il rejeta la cape de laine noire qui lui avait servi de couverture et se leva, bâilla à s'en décrocher la mâchoire et s'étira longuement pour combattre la raideur qui s'était emparée de ses muscles. Il termina de se réveiller en chassant par de puissants coups du plat de la main les quelques brins d'herbe restés collés à ses vêtements de cuir noir. Sable hennit et s'ébroua.
— Comme tu dis...
Il s'approcha du ruisseau et s'agenouilla, laissant échapper un léger gémissement. Ses articulations le faisaient souffrir. Il n'avait plus vingt ans depuis longtemps et son corps le lui rappelait régulièrement. Il se pencha et s'aspergea visage et chevelure d'eau fraîche. Les mains posées dans la terre meuble, l'esprit ailleurs, il laissa les gouttes glisser le long de ses joues recouvertes d'une barbe naissante, tomber de ses cheveux noirs mi-longs, perler au bout des longs cils qui surmontaient son regard sombre. Enfin, il se secoua, se redressa, ramassa cape et épée bâtarde et rejoignit sa monture. "

jeudi 30 juillet 2009

Arrivée de Crapchot

Lundi soir, je me suis fait un petit plaisir.

Pas de dégustation de chocolat ou de la fameuse crème aux speculoos, non. Je me suis payée un netbook. Ce n'est pas tant que j'avais réellement besoin d'un tel engin que le plaisir de pouvoir vadrouiller dans la maison en toute impunité, voire me vautrer dans le canapé pour écrire. Si ça c'est pas de la jouissance... ^^

Bref, un beau samsung nc10 a rejoint la grande famille électronique de la maison. Il est blanc malgré mon désir d'une autre couleur et j'avoue avoir du mal avec la résolution assez claire de l'écran sous word mais je ne vais pas me plaindre. Je l'ai appelé Crapchot. Les rares personnes qui ont lu Opale sauront de quoi je parle. Pour les autres, hummm... allez... Un crapchot est un animal du monde d'Opale. C'est une sorte de crapaud velu et mauve. Il est utilisé pour envoyer des messages. Un peu comme les pigeons voyageurs. Il ne vole pas mais par contre, il se téléporte sur une distance d'environ 50m. Donc, voilà, je trouvais que le nom correspondait tout à fait à un pc qui se veut mobile. :)

Du coup, j'ai entamé le scénario du second tome d'Opale dessus et le soir, je vais pouvoir flemmarder devant la télé, mon crapchot sur les genoux, à travailler, tout en me gavant de séries américaines insipides. Le luxe. ^^

Ah, si quelqu'un sait régler le contraste sur ce genre de bête, je prends...

A bientôt.

dimanche 26 juillet 2009

C'est fini !

Voilà. Les corrections d'Opale sont terminées.

Elles ont été relativement rapides pour les dernières pages. Normal. C'est là que se situe la majeure partie de l'action et je me sens nettement plus à l'aise pour écrire des scènes d'action que des scènes de description. Il y a aussi le fait que j'avais très très envie de terminer et de passer à autre chose.

J'attends encore les corrections de mon dernier relecteur, une perle. Je vais d'ailleurs lui préparer une liste de questions sur son ressenti sur le texte. A relire mon manuscrit après l'avoir laissé près d'une année de côté, j'ai été surprise par les émotions qui transparaissaient dans certaines scènes et j'aimerais savoir s'il a éprouvé les mêmes que les miennes.

J'ai compté de combien j'avais réduit le texte et les éditions Gallimard vont être déçues si elles escomptaient un gros raccourcissement. J'ai retiré environ 36700 caractères, espaces compris, soit un peu plus de 3% du texte. Opale demeure un pavé. Toutefois, je pense que ce million de caractères est nécessaire à l'histoire et je n'ai pas l'impression d'avoir fait du volume pour faire du volume, impression jusqu'ici confirmée par mon dernier relecteur.

La prochaine étape est donc les dernières corrections résiduelles et surtout l'envoi à Gallimard Jeunesse du manuscrit corrigé. Et à partir de là, pour moi, c'est le grand saut dans l'inconnu. Je ne sais pas du tout ce qu'il va se passer. J'avoue espérer ne pas devoir refaire des corrections sur mon texte. Et j'espère aussi beaucoup que Gallimard Jeunesse décidera d'éditer Opale en un seul gros tome. Le couper en deux est certes possible mais nécessiterait des modifications et le texte me parait équilibré tel qu'il est. On verra.

Une seule chose est sûre. Je continuerai de vous donnerai des nouvelles sur le déroulement de cette grande aventure. J'en profite d'ailleurs pour remercier les personnes qui lisent ce blog et s'inquiètent de son abandon quand je ne poste plus. Ca me fait chaud au coeur de vous savoir présents.

Bon dimanche

mardi 21 juillet 2009

Quelques nouvelles après un long silence

Le mois de juin a filé plus vite que prévu et le mois de juillet est déjà bien entamé et je refais surface. Il y a des moments dans la vie où tout vous parait soudain vain, même son propre blog, et puis tout finit par rentrer dans l'ordre. Alors, désolée de cette absence momentanée. Je sais qu'on est en plein mois de juillet mais je vais tâcher de prendre la bonne résolution de poster ici régulièrement.

Alors que s'est-il passé de beau en un mois ? Eh bien, les corrections ont bien avancé puisque j'en suis environ à 75%. Je pensais pouvoir raccourcir mon texte, au moins un peu, mais j'ai calculé et j'ai réduit de 5% à tout casser. Sur 1,2 millions de signes avec espace, ça ne se sent pas. Du coup, la question de savoir si Gallimard va choisir d'éditer Opale en un ou deux tomes reste toujours d'actualité. Mon penchant actuel va à un seul tome et j'espère qu'il en sera ainsi.

Quoi d'autre ? Une conférence particulièrement intéressante sur la fantasy en France dont je vous parlerai dans un prochain billet. Ca date un peu mais après tout, on dit "mieux vaut tard que jamais".

Pour le reste, Sidoine et Oriane sont toujours à l'arrêt sur le papier mais le scénario continue d'évoluer dans ma petite cervelle. Il s'avère que je me suis trompée concernant le personnage d'Oriane. Dommage que je ne l'ai pas réalisé avant. Du coup, je vais devoir reprendre l'intégralité du texte écrit et le revoir, voire le jeter. Ca fait un peu mal au coeur de jeter 350 000 signes tout beau mais en même temps, il m'était quasiment impossible de continuer l'écriture puisque le personnage d'Oriane m'échappait totalement. Ca me rappelle le début d'Opale... j'avais fait la même chose. :) Le personnage d'Oriane ayant pris un autre cap, cela va me permettre d'adapter encore plus l'histoire véritable de Jeanne d'Arc à l'histoire que j'invente, à moins que ce ne soit l'inverse. Bref, tout s'enchaîne si bien que je me demande si j'invente vraiment ou si je redécouvre l'Histoire telle qu'elle fut vraiment. Hummm... vaut mieux que j'évite de trop le dire pour éviter de me faire mal voir par les fans de Jeanne d'Arc. :)

Voilà qui conclut ce billet. Je me hâte de terminer les corrections d'Opale pour enfin reprendre l'écriture de Sidoine et Oriane. Le temps leur semble long. :) A bientôt.

jeudi 28 mai 2009

Références

Côté corrections, j'ai enfin passé le paragraphe qui me bloquait depuis plusieurs jours. Il va juste falloir que je vérifie qu'il est plus court que le précédent comme demandé par ma correctrice. Comme je l'ai entièrement réécrit, il va me falloir compter les signes. ^^

Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler du choix des références dans l'écriture d'un texte. Chacun de nous a un vécu, une expérience de la vie, qui lui fait comprendre les mots d'une manière bien particulière. Si je parle de voiture, par exemple. Les uns vont imaginer un bolide rouge qui fonce à grande vitesse sur des routes sinueuses, d'autres vont penser à la voiture familiale, d'autres encore vont penser à sa mécanique ou aux problèmes écologiques que les voitures engendrent actuellement. Nous sommes tous inégaux devant les mots et leur interprétation. Pourtant, il existe des domaines où les termes sont relativement neutres et engendrent les mêmes images dans l'esprit des lecteurs. Je vous donne un exemple.

"La princesse attendait au sommet de la plus haute tour du château. Elle avait dénoué ses longs cheveux qui cascadaient jusqu'à ses hanches. Son regard azur explorait les environs. Où était-il donc ce prince tant désiré ?"

Tout le monde imagine à peu près la même chose : une belle jeune femme blonde en haut d'une tour, à la fenêtre de sa chambre. Pourtant, je n'ai pas dit qu'elle était belle, ni qu'elle était blonde... ni qu'elle avait la peau blanche... ni qu'elle était dans sa chambre... mais parce que ce domaine lexical fait appel à l'imaginaire du conte enfantin, aux mêmes références, nous imaginons grosso modo la même chose. Maintenant, si je dis.

"La jeune femme attendait un époux valable en observant l'horizon depuis une haute tour."

Non seulement, on perd le lyrisme et le romantisme mais en plus, ça devient ridicule... Comment espérer rencontrer l'homme de ses rêves en observant l'horizon ? Et pourtant, on dit la même chose mais sans les références. Mais dans le cas de la princesse. On sait pertinemment que ce prince existe bel et bien et ô, miracle, va bientôt sonner à la porte du chateau. ^^

En science fiction, au fil du temps, des références se sont créées également. Ce qui permet à l'écrivain d'employer un terme précis sans avoir à l'expliciter. Le problème est qu'un lecteur ne connaissant pas le domaine peut se perdre en cours de lecture à cause de cette absence de référence qui ne s'acquière que d'une seule manière : en lisant de la science fiction. En Fantasy, c'est la même chose. Tout le monde sait ce qu'est un elfe ou un ent. Du moins, tous ceux qui ont lu Tolkien.

Mais voilà, se contenter des mondes créés par d'autres, ce serait trop simple. Souvent, la première chose que font les auteurs en littérature de l'imaginaire, c'est de créer leur propre univers. Et c'est là que les ennuis commencent...

"La zorg, du haut de Chastelat, attendait un noble Vautoul qu'elle pourrait aimer."

Vous voyez ce que je veux dire ? Il faut recréer les références, expliquer que la zorg est une jeune femme à se faire damner un saint, le Chastelat, le nom du palais, et un Vautoul, un habitant d'un pays voisin...et tout cela sans noyer le lecteur sous une profusion de termes plus étranges les uns que les autres ou un historique complet du monde dans lequel vos personnages évoluent. C'est d'ailleurs souvent là que le bas blesse chez les auteurs débutants, l'envie de tout raconter dès le début.

Pour cette raison, écrire de l'imaginaire dans un monde créé de toutes pièces est un travail beaucoup plus fastidieux qu'écrire de la littérature blanche ou de l'imaginaire dans des mondes conçus par d'autres et déjà connus et c'est bien dommage que cela ne soit pas reconnu à sa juste valeur.

P.S. : Si quelqu'un sait comment retirer les publicités sur blogger, je suis preneuse !

mercredi 20 mai 2009

Prix pépin 2009

Bonjour tout le monde. Aujourd'hui, j'en suis à un peu plus de 30% de mes corrections sur Opale. Ca avance doucement...

Il y a quelques jours, j'ai reçu la nouvelle de résultat du prix pépin 2009 et c'est triste mais je ne suis ni dans les gagnants ni dans les désignés pour participer au prix du public. Mais je dois bien avouer que les autres nouvelles sont nettement mieux que la mienne. Elles sont plus gouleyantes. ^^ Ca se dit ? En tous les cas, je vous invite à aller voter pour les nouvelles que vous préférez parmi les sélectionnées. C'est ici : http://pepin2009.blog.mongenie.com/ Attention, il faut voter pour 3 nouvelles, pas plus pas moins.

Pour le plaisir, je mets ici les miennes. Immatérielle a gagné le prix en 2005.

Immatérielle
La téléportation humaine sur Terre fut un tel succès que son concepteur, Léon Lime, décida de rallier Sirius par ce moyen. Mal lui en prit. Certes son corps y parvint instantanément et sans un accroc, mais son âme, elle, mit neuf ans à l'y rejoindre.

Euthanasie
Les étoiles assistaient, impuissantes, à sa lente agonie. La planète leur adressa une supplique muette. Les étoiles durent se résigner. Rien ne la sauverait et elle souffrait tant de son cancer humain. Elles consentirent. La comète du 09 avril 2067 mit fin aux tourments de la Terre.

Captcha
J'aime tant la crème Lime ! J'en fais l'éloge partout sur le net. Pourtant, je ne me souviens pas l'avoir goûtée. Etrange… Hier, l'un de mes forums préférés a renforcé son système de sécurité anti-bots. Je n'ai pu y accéder. Mes doutes sont alors devenus certitudes. Je ne suis pas humain.

Qu'est-ce que vous faites encore là ? Allez voter !!! ^^

Edit : On me fait remarquer que j'ai oublié de préciser ce qu'est le prix pépin. C'est un concours qui récompense la meilleure nouvelle de science fiction de moins de 300 signes, espaces compris. Vous savez tout. ^^

dimanche 17 mai 2009

Schyzophrénie

Il y a quelques jours, j'ai reçu mon à valoir. Ca m'a fait bizarre de recevoir un chèque pour ce que j'avais écrit, inventé. On a l'habitude d'être rétribué pour une production, quelque chose qu'on crée concrètement ou un travail de réflexion mais là, c'est un peu comme si je venais de vendre une part de moi même, de mon esprit. J'imagine que dans le futur, un lointain futur, on branchera des électrodes sur les écrivains et que les éditeurs donneront accès à leurs pensées aux lecteurs. Ils pourront ainsi pénétrer leur univers imaginaires, rencontrer les personnages inventés, visionner les histoires directement, sans passer par la phase papier.

En fait non... Ca ne se fera jamais. Pourquoi ? A cause de la création littéraire. Si vous entriez dans ma petite cervelle, vous n'y trouveriez pas les mondes que j'ai décrits dans mon roman, ni les personnages, ni quoi que ce soit. Vous ne trouveriez qu'une seule chose : moi, moi, et encore moi. Non, non, je ne fais pas une brusque crise d'égocentrisme aigue. ^^ Mais la création littéraire n'est pour moi rien d'autre que la possibilité pour l'auteur d'extraire de lui même, de sa propre personnalité, de son vécu, les personnages, les lieux qu'il va décrire. Il faut être schyzophrène pour être un bon auteur. Il faut posséder en soi le pire des êtres et le meilleur des êtres et cela, je pense que chacun de nous le possède. Nous ne sommes pas une entité unique. Nous sommes constitués d'une infinité de petits "moi", des moi orgueilleux, prétentieux, aimant, envieux, détestables, amicaux, violents, troublants, roublards... Ce sont ces petits "moi" que l'auteur sait retrouver au sein de sa multitude et mettre en avant pour en faire un personnage concret. Etre auteur, quelque part, c'est se connaître soi-même.

dimanche 10 mai 2009

Signature de contrat


Surprise !

J'ai été prise sur le fait, en train de signer mon contrat chez Gallimard Jeunesse. ^^ Je suis toute fière, je l'avoue. Quand j'écrivais Opale, j'imaginais du bout des neurones être un jour éditée mais je n'aurais jamais espéré l'être chez Gallimard Jeunesse. C'est un peu comme la cerise sur le gâteau de mes rêves. ^^

Je me rends compte que je vous ai laissés sans nouvelles depuis un bon moment et ce n'était même pas pour travailler sur Opale. La vie et ses obligations ont pris tout mon temps et mon énergie. C'est ainsi. Je suis à peu près à 20% des corrections d'Opale. Mais ce n'est qu'un premier jet. A force de modifier, remodifier et remodifier encore les mots, on perd la vision globale du chapitre et je relirai une nouvelle fois l'ensemble pour voir si tout coule bien. Et encore une fois si besoin. Et encore... Non. lol. Je m'arrêterai là sinon, je ne m'arrêterais jamais de chercher à peaufiner le moindre détail. C'est un peu effrayant de se dire qu'on corrige pour la dernière fois, qu'on ne pourra plus revenir en arrière, et du coup, ça prends plus de temps que nécessaire. Je me suis donnée une date butoir, le 1er septembre, pour renvoyer cette mouture à mon éditrice et je sais déjà qu'elle aura encore d'autres corrections à me demander.

C'est décidément du travail de pondre un roman et je reste admirative devant les gens qui ont à peine la trentaine voire moins et ont déjà plusieurs romans à leur actif. Je ne pense pas faire partie de cette classe d'auteurs prolixes. J'aime bien trop l'oisiveté. ^^

lundi 27 avril 2009

Soulagement - Corrections finales reçues

Ouf ! Un gigantesque ouf !

J'ai reçu les dernières corrections de la part de Gallimard Jeunesse et je m'inquiétais pour rien concernant les scènes de viol et de torture. Il y a bien quelques demandes de changement de termes et une phrase qu'on me propose de supprimer mais c'est tout, absolument tout. Je suis soulagée ! Il ne me reste plus que deux choses à faire. Signer mon contrat et avancer les corrections d'Opale.

Autant la signature du contrat ne me prendra que quelques secondes autant les corrections vont s'étaler sur plusieurs mois, je le crains. Pour l'instant, j'en suis à environ 100 pages sur 700 à corriger. Mais je me connais, je ferai certainement une dernière relecture approfondie de ces 100 pages déjà traitées.

Je voulais également dire quelques mots de Mnémos et surtout remercier cette maison d'édition. Si vous avez lu mon dernier post, vous vous souvenez peut-être que je les avais appelés pour leur dire que mon roman avait été sélectionné par Gallimard Jeunesse et leur demander de me retourner le manuscrit en leur possession. Sachant que le comité de lecture l'avait lu, je leur ai demandé s'ils pouvaient m'envoyer une fiche de lecture. Je m'attendais donc à trouver une bête feuille avec des points positifs et des points négatifs en accompagnement de mon manuscrit. Mais non. C'est un mot très gentil que le comité de lecture de Mnémos a pris le temps de rédiger et je les en remercie. Cela m'a fait plaisir d'apprendre que ce que j'avais écrit leur avait autant plu (surtout le lunsdum ^^) et de lire qu'ils étaient ravis pour moi d'être éditée chez Gallimard Jeunesse. On m'a dit plusieurs fois que le monde de l'édition était un monde de requins. J'aurais tendance à dire le contraire.

Je vais me remettre au travail... :)

jeudi 23 avril 2009

Au revoir Sidoine. Au revoir Oriane.

Aujourd'hui, je dis au revoir à Sidoine et Oriane. C'est un peu triste mais c'est pour la bonne cause. J'ai reçu hier mon contrat de Gallimard Jeunesse et il faut que je me mette sérieusement au travail pour les corrections d'Opale. J'ai eu une surprise d'ailleurs en découvrant avec le contrat d'édition un petit contrat portant sur l'audiovisuel. Je pensais qu'on ne signait ce genre de choses que lorsque le livre faisait un tabac mais on m'a appris que c'était obligatoire pour l'éditeur d'envoyer ce type de contrat en même temps que le contrat d'édition.

Du coup, hier matin, j'ai téléphoné aux maisons d'édition qui avaient encore Opale sous le coude et ne m'avaient pas donné de réponse.

J'ai commencé par Mnémos et j'ai été surprise d'apprendre qu'ils avaient lu Opale et bien aimé. En fait, ils étaient en train de choisir parmi trois manuscrits celui qu'ils allaient éditer et Opale faisait partie des trois. Ca m'a fait plaisir et en même temps, j'ai regretté qu'ils n'aient pas été plus rapides. Eux aussi d'après la personne que j'ai eu au téléphone. Je ne sais honnêtement pas si j'aurais signé chez eux ou Gallimard si j'avais eu le choix. Je suppose que la raison m'aurait fait choisir Gallimard. Je me réconforte en me disant que le prochain roman que j'écris, c'est à Mnémos que je l'envoie. En attendant, ils devraient me renvoyer mon manuscrit avec une fiche de lecture. Je l'ai réclamée pour savoir ce qu'ils en pensaient un peu plus précisément.

J'ai ensuite téléphoné à Chrystelle Camus de Nestiveqnen qui a poussé des cris de joie en apprenant la nouvelle et a décortiqué mon contrat avec moi tout en me donnant plein de conseils utiles. Je la remercie énormément, bien que ne sachant pas si elle passe ici ou pas. Une éditrice qui prend le temps d'expliquer à un auteur débutant comment fonctionne le monde de l'édition, sans que cet auteur ne fasse partie de ses auteurs, c'est une merveille. Merci Chrystelle !!!! Et je croise les doigts pour Nesti.

Mon dernier coup de téléphone fut pour le Belial et fut très court.

Voilà. Maintenant, j'ai les corrections de Gallimard pour à peu près la moitié du roman et je n'ai plus qu'à m'y mettre sérieusement. Mon éditrice m'a dit de prendre mon temps mais je n'aime pas les choses qui trainent. En même temps, Opale est si gros qu'il va me falloir plusieurs mois de travail pour venir à bout des corrections demandées. Et quelques questions demeurent. Les scènes chaudes, sexe et torture, sont à la fin du roman et je m'inquiète un peu des corrections que Gallimard voudra pour ces scènes. Je ne veux ni les supprimer ni les édulcorer. Plusieurs personnes de Gallimard m'ont assurée qu'ils ne voulaient pas de retravail particulier de ces scènes mais j'espère avoir les corrections rapidement pour en être certaine. On parle tous la même langue mais les mots ne signifient pas toujours la même chose suivant les personnes.

Je me mets au boulot !

Et pendant que je traine dans le coin. Merci à tous pour les commentaires laissés. Ils me font très plaisir même si ces derniers temps, j'ai eu tendance à les lire sans y répondre. N'hésitez donc pas. :D

mercredi 15 avril 2009

Festival trolls et légendes de Mons

J'avais promis de parler du festival trolls et légendes de Mons... promesse tenue. Je préviens juste que ce post va être long.

Je ne m'étendrai pas trop sur le festival en lui même. Il y avait une partie costumes et objets en tout genre concernant le moyen âge et les grandeurs nature, une partie consacrée aux jeux, et bien sûr une portion dévolue aux livres. Ce n'était pas bien grand mais suffisant pour se remplir les mirettes et vider son porte-feuilles plusieurs fois.

J'y ai rencontré plein de gens sympas à commencer par les grenouilles de Cocyclics toujours aussi pleines de bonne humeur. D'ailleurs, c'est de l'une d'elle en particulier que je veux vous parler, Garulfo, du moins de l'une de ses lectures qu'elle nous a expliqué alors qu'on prenait un bain de soleil à quelques mètres des tentes des compagnies de grandeur nature. J'avoue ne pas me souvenir du nom de l'auteur de ce livre ni du titre mais j'ai écouté avec attention les propos de Garulfo. Elle parlait de la notion de suspens et des informations à donner aux lecteurs au cours de la rédaction d'un roman ou de la scénarisation d'un film. Souvent, les auteurs débutants ont la fâcheuse tendance de confondre mystère et suspens. Ils entourent les personnages qu'ils décrivent de non dits et, bien que connaissant les événements, ne les décrivent pas à leur lecteur pour faire plus mystérieux. Et ils ont tout faux. Les lecteurs, rebutés par un univers dont on leur clos radicalement la porte, ne comprennent pas où veut les emmener l'auteur et arrêtent leur lecture. Savoir distiller les informations pour permettre aux lecteurs de comprendre l'univers où on les convie sans les lasser ou les assommer et en conservant une bonne dose de suspens est un véritable challenge pour tout auteur de roman ou de nouvelle.

Pourquoi je vous explique cela ? Déjà parce que c'est diablement intéressant, de mon point de vue, et aussi parce que quelques heures plus tard, j'ai eu la chance de pouvoir discuter de ce thème avec Pierre Pevel. Je vous en ai déjà parlé. Il a écrit une trilogie que le chevalier de Wieldstat, Kantz. Dans cette trilogie, on ne connait certains éléments concernant Kantz que dans le 3eme tome. J'ai demandé à l'auteur si l'idée lui était subitement venue ou s'il avait cette idée dès le début. Et il doit être normand parce qu'il m'a répondu "un peu des deux". En fait, il savait dès le début où il allait mais sans les détails. Je lui ai expliqué que de mon point de vue de lectrice, c'était dommage qu'il n'ai pas donné cette information dès le premier tome. Cela expliquait beaucoup de choses sur le personnage et l'aurait rendu plus sympathique au lecteur. Cela a fait sourire Pierre Pevel et il n'a pas cherché à me contredire. J'aurais aimé approfondir le débat mais un train l'attendait.

Sinon, j'ai rencontré Samantha Bailly, jeune auteur, qui sortait son premier livre aux éditions milles saisons. Cela s'appelle "La langue du silence" et c'est le premier tome d'un diptyque "Au delà de l'Oraison". Samantha est une jeune fille très sympathique et très simple, avec une grande force de caractère et il en faut quand on veut devenir écrivain professionnel. Je sais que le tome 2 est en cours de correction alors jetez vous vite sur le premier tome.
J'ai croisé Claire Panier Alix qui m'a rassurée sur l'état de santé de Nestiveqnen dont on n'a plus guère de nouvelles en ce moment. Ils devraient reprendre et heureusement car c'est la meilleure maison d'édition, à mon sens, dans le registre des débutants talentueux.

J'ai eu un authographe de Catherine Dufour pour son recueil de nouvelles "L'accroissement mathématique du plaisir". J'ai commencé ma lecture par "l'immaculée conception" et je ne suis pas déçue du tout. En fait, je l'ai dévorée. ^^
J'ai également vu Gilles Dumay mais là, ça devient presque une habitude...
J'ai discuté avec Jeanne A. Debats de son pc portable. Comme je veux m'en acheter un, je me renseigne auprès des concernés. Et du coup, j'ai eu la joie de connaître l'éditrice de Griffes d'Encre, une jeune femme pleine d'énergie et véritablement rayonnante. A la voir, je n'avais qu'une envie... écrire n'importe quoi pour me faire éditer par Griffes d'Encre. ^^

Une journée bien remplie qui s'est continuée par un resto marocain excellent et une soirée de jeux très animée et très sympathique. Vivement qu'on remette ça !

samedi 11 avril 2009

Les autoroutes

Aaaahhhh... l'autoroute... sa monotonie... ses embouteillages... ses péages... Aaaahhh... l'autoroute... Non, non, vous êtes bien toujours sur un blog d'écrivain en devenir. Mais il faut que je vous explique l'intérêt des autoroutes pour moi.

Je conduis. Ca, c'est un point. J'adore conduire. Sans doute, l'impression d'avoir une quelconque influence sur ma vie, en tenant un volant. Mais passons. On n'est pas là pour parler de moi... quoi que... :D Conduire sur autoroute a un côté mécanique et répétitif qui a un avantage considérable. Le corps occupé par la manipulation du volant et des pédales, l'esprit apaisé par la monotone rectitude de la route, on s'abandonne douillettement à un état de semi-veille qui me semble proche de ce que l'on ressent juste avant de s'endormir. C'est comme si le cerveau tournait en roue libre et là, l'imagination s'emballe.

Hier, en revenant des vacances, j'étais dans cet état, regardant la route sans vraiment la voir, le regard ailleurs, plus loin, très loin. Mon homme venait de me parler de la suite d'Opale, regrettant que je lui ai demandé de ne plus m'en parler jusqu'à ce que j'ai terminé d'écrire les aventures de Sidoine. Je lui avais une fois de plus demandé d'être patient, sachant pertinemment que ma cervelle ne peut travailler sur deux choses aussi différentes qu'Opale et Sidoine dans le même temps. Et là, dans cette semi-torpeur, Opale s'impose à moi. Je vois alors défiler devant mes yeux ébahis le tome deux, en flash. Je m'étais creusée la tête pour la suite, imaginant un road movie, tout en me disant qu'il manquait quelque chose, que ça ne cadrait pas, sans pouvoir déterminer ce qui me manquait. Et là, tout s'est brusquement mis en place. Chacun des personnages du premier tome continuait sur sa lancée et tout s'imbriquait si parfaitement, avec une telle cohésion.

J'ai hésité à en parler à mon homme. Il a la fâcheuse tendance de raisonner et trouver des failles dans les scénarios que j'invente. C'est une aide très précieuse mais parfois agaçante. Quand vous venez de passer des heures voire des jours à essayer de construire quelque chose et qu'on vous le détruit en deux secondes... même pour votre bien, ça a tendance à agacer. Et puis, résignée et désireuse de le faire partager ma vision, je lui ai raconté le tome deux. Et étonnamment, il a été aussi emballé que moi.

Il y a des détails à peaufiner, des pourquoi et des comment à se poser, mais le scénario du tome 2 d'Opale est quasiment dans ma tête. C'est vraiment magique !

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, ce week end, je me rends à Mons, au festival de Trolls et Légendes où je vais rencontrer des grenouilles et pas des moindres !!! et des amis rencontrés uniquement sur internet. Ca va être la fête ! Je suis même devenue rousse pour l'occasion. C'est dire ! Je vous raconterai tout ou presque, à mon retour.

lundi 30 mars 2009

Cocyclics. Qu'est-ce ?

Ouh là. Le temps passe et passe encore et je ne suis pas très active sur ce blog. On va mettre ça sur le compte de l'épuisement après un salon du livre mouvementé. :D

Je ne vais pas vous parler de littérature aujourd'hui, du moins pas directement. Je vais vous parler de Cocyclics. Ceux qui fréquentent ce blog et qui ne font pas partie de la mare aux nénuphars ont sans doute eu du mal à comprendre pourquoi je parlais régulièrement de grenouilles et autres amphibiens. Aujourd'hui vient l'heure des explications.

Cocyclics est un collectif de bêta lecteurs et lectrices qui s'adressent aux oeuvres de la SFFF (Science fiction, Fantasy, Fantastique).

Bon, alors, qu'est-ce qu'un bêta lecteur ? C'est un altruiste qui décide de consacrer une grosse partie de son temps à aider un auteur. Comment ? En lisant ce que l'auteur écrit. Roman, nouvelle, tout y passe. Mais ça ne s'arrête pas là. Au travers de sa lecture, le bêta lecteur fait remonter à l'auteur tous les points qui ne conviennent pas : fautes d'orthographe, de grammaire, de répétition, de cohérence, mais également les points d'achoppement comme les scènes qui passent mal, les incompréhensions, un style inadapté. Grâce à toutes ces remarques, l'auteur peut retravailler son texte pour l'améliorer. Il a alors le droit à un nouveau passage auprès de son bêta lecteur. Vous imaginez le travail de folie que cela représente pour un bêta lecteur et également l'énergie que cela demande à l'auteur.

Voilà ce que propose Cocyclics ! Permettre à des auteurs de voir leurs écrits lus et commentés par des bêta lecteurs. Mais attention. Vu la somme colossale de travail que la bêta lecture représente, il faut montrer patte blanche. Comment ? C'est très simple. Il existe un forum nommé la mare aux nénuphars, dédié à Cocyclics. Vous voyez d'où vient le terme de grenouille désignant les membres de Cocyclics. ^^ Sur ce forum, donc, chacun est libre de poster de courts extraits de ses oeuvres pour avoir l'avis de tous et surtout, chacun est invité à commenter les extraits des autres. C'est un donnant donnant. Plus vous commenterez les textes des autres et plus vous serez actifs et aiderez les autres, et plus on commentera vos textes et plus on vous aidera et plus vous aurez de chance de voir votre roman accepté pour une bêta lecture par les directeurs et directrices de cocyclics. De plus, lire et commenter des extraits d'autres auteurs est une aide précieuse pour chaque auteur. Une erreur que l'on fait soit-même et qu'on a parfois du mal à reconnaitre peut vous sauter littéralement au visage dans le texte d'un autre. Bêta lire est extrêmement formateur.

En dehors de la bêta lecture, le collectif de Cocyclics est un endroit extrêmement sympathique. L'ambiance y est conviviale. Le nénuphou, boisson locale, y coule à flots. Chacun peut y faire part de ses malheurs ou bonheurs quotidiens et se voir réconforté ou félicité dans la foulée. Lecteurs, auteurs, tout le monde y est le bienvenu.

Alors, vous avez envie de découvrir les auteurs de demain avant tout le monde, vous avez envie de fourrer votre nez dans le texte d'autres pour leur faire subir la torture de vos commentaires effilés, vous écrivez mais ne savez pas ce que ça vaut, vous avez envie de partager votre passion pour l'écriture ou la lecture ? Venez donc faire un tour dans la mare et vous ne serez pas déçus.

Voici les clefs :
La gazette de Cocyclics : http://tintamare.blogspot.com/
La mare aux nénuphars : http://cocyclics.org/punBB/index.php

A bientôt.