mercredi 19 mars 2008

Deuxième chapitre

Cycle 162 - Jour 3745



Rapport de l'entité 673240B – Identifiant 37450001
Infiltration du groupe test 8976BH : 95 %
Risques encourus : 0.0005 %
Indice psychologique des individus : 99.9 %
Capacité d'action : 98.7 %


L'aéro passa à moins de cinquante mètres du toit du building. Angus poussa un cri de joie à la vue des chiffres. L'intelligence de bord ne s'était même pas signalée. Il reporta son attention sur l'extérieur. Droit devant lui, se dressait le quadrilatère de Milta, un conglomérat d'un kilomètre de haut sur dix de côté. Angus piqua vers lui, grisé par la vitesse. Les contours des quatre gigantesques tours qui en formaient les coins se dessinèrent peu à peu. Entre elles, des centaines d'immeubles emplissaient l'espace, reliés par des flots continus de véhicules aériens, de longues files indiennes qui zébraient le ciel et constituaient un réseau complexe. Angus repéra une ouverture dans l'entrelacs et poussa les moteurs à fond. Il se rapprochait rapidement et put bientôt discerner les engins volants les uns des autres. Certains traversaient parfois sa route, loin devant lui.
— Votre attention. Le risque de collision atteint cinquante et un pour cent. Veuillez modifier votre trajectoire.
Angus sursauta. Il avait presque oublié la présence de l'intelligence de bord. Il jura entre les dents. Il avait besoin de toute sa concentration pour effectuer la manœuvre.
— Votre attention. Le risque de collision atteint cinquante neuf pour cent. Veuillez modifier votre trajectoire.
Le jeune homme ignora le message. Entre ses mains moites, les commandes devenaient glissantes. Il déglutit bruyamment. Je vais passer. Je vais passer.
— Votre attention. Le risque de collision est de soixante-sept pour cent. Veuillez modifier votre trajectoire ou le pilote automatique s'enclenchera dans dix secondes. Neuf. Huit…
Angus pesta. Pas le pilote auto ! Il était encore éloigné de cinq cents mètres du premier aéro quand le décompte prit fin. Les commandes devinrent inertes sous ses doigts et l'appareil reprit de l'altitude. Sous le coup de la colère, le jeune homme frappa la console du poing. Une musique apaisante emplit aussitôt l'habitacle. Angus se laissa aller dans son siège. A quoi bon ? L'aéro vira et prit place dans l'une des files.
— Quelle est votre choix de destination ?
Angus serra les dents. L'intelligence de bord lui tapait sur les nerfs. Dépité, il observa l'extérieur au travers des parois transparentes. Un gamin de deux kilojours pourrait franchir le quadrilatère de Milta sans problème ! Si seulement, on me laissait essayer. Il soupira.
— L'université… Emmène-moi là-bas…
Riel doit y être. Il vérifia rapidement sur son bracelet que son ami s'y trouvait bien, afficha les disponibilités pour les cours de cosmogonie et s'inscrivit à celui qui démarrait trois quarts d'heure plus tard. Quelques instants plus tard, son aéro quittait la file, accélérait et prenait la direction de l'université, bâtie dans l'unique espace vert de la région : le parc de Gangue, toujours bondé malgré sa superficie de huit hectares. Riel, qui avait choisi d'étudier l'Histoire et la Linguistique, lui avait expliqué qu'à l'origine, l'université était un lieu exclusivement dédié à l'étude. Des cours y étaient dispensés par des êtres humains à de jeunes écoliers et un diplôme ponctuait la fin des études. Rien à voir avec ce qu'elle était devenue : un lieu de divertissement. L'enseignement y avait toujours sa place, par l'entremise des androïdes, mais les leçons étaient dispensées individuellement et il n'y avait aucun examen. On y allait pour se faire plaisir, pas pour devenir un expert. Angus avait choisi d'étudier la cosmologie, la planétologie et l'exobiologie. Cela convenait à son tempérament rêveur. Entre ses mains, les équations qui régentaient les trajectoires de planètes ou d'étoiles prenaient vie. Il modelait des mondes nouveaux : des planètes géantes tournoyant autour d'étoiles doubles, sur lesquelles s'ébattaient des monstres au corps écailleux et à la mâchoire proéminente ; des mondes paradisiaques où soufflaient continuellement des alizés et dont les habitants ne connaissaient que la paix des océans à bord de leurs villes flottantes ; des mondes de feu et de soufre peuplés de bulles d'air aussi intelligentes qu'une IA… Tout devenait possible et Angus n'était jamais à court d'idée pour décrire une race extraterrestre, son environnement, sa culture. Il rêvait de quitter Onyx pour aller contempler de ses propres yeux ces races étrangères qu'il avait inventées, bien que jusqu'ici nulle trace d'intelligence extrahumaine n'ait jamais été découverte lors des colonisations IAs.
— Totale transparence, ordonna-t-il.
Les parois disparurent. Il put contempler la ville. A plusieurs centaines de mètres sous lui défilaient les sommets des buildings de la mégalopole. Il sourit. Riel se moque de mon vertige mais il ne supporterait jamais une telle vue. Comme la grande majorité des Onyxiens, son ami aimait voyager dans un habitacle opaque, regardant un quelconque programme télévisé pour lui faire passer le temps, sans jamais vouloir jeter un œil sur l'extérieur. Angus, au contraire, se plaisait à s'immerger dans cette vision abyssale, imaginant qu'il volait par-dessus les toits, sans aucune contrainte.
Le parc de l'université apparut et l'aéro prit une trajectoire descendante rapide. Les douces pentes herbeuses se rapprochèrent. Angus distingua des groupes disséminés un peu partout, prenant le soleil, discutant ou jouant à la balle. Le tarmac sombre de la piste d'atterrissage monta à sa rencontre. Un léger frémissement avertit le jeune homme qu'il avait atterri, confirmé par l'intelligence de bord.
— Vous êtes arrivé à l'université.
Angus se leva. La porte s'ouvrit alors que les parois retrouvaient leur opacité. Le jeune homme sortit et s'écarta promptement, alors qu'un homme pénétrait dans l'appareil. Angus quitta la zone de sécurité de l'aéro. L'appareil décolla aussitôt, l'ébouriffant au passage. Un nouvel engin se présenta, resta posé juste le temps de déposer ses passagers, décolla et fut aussitôt remplacé par un autre. Le va-et-vient était incessant, le vacarme effroyable. Le sol goudronné vibrait en continu sous les pieds des milliers de voyageurs.
Angus prit place dans la longue file qui s'égrenait vers la sortie, croisant ceux qui, dans le sens inverse, attendaient un aéro-taxi. L'étroitesse des voies, imposée pour des raisons de sécurité, causait des embouteillages à toute heure du jour ou de la nuit.
Son bracelet se mit à biper. Riel se trouvait derrière lui. Angus se dégagea de la procession et attendit que son ami le rejoigne. Ils s'étreignirent un bref instant et main dans la main reprirent leur lente progression vers la sortie.
— Je me demande quand notre gouvernement va se décider à agrandir, fit Riel.
Angus grimaça.
— Elles, tu veux dire…
Son ami éclata de rire.
— Elles, le gouvernement, quelle différence ?
Angus lui jeta un regard peu amène. Riel dévia sur un sujet moins délicat : les bottes à boucles. Grâce à son bracelet, il en avait obtenu une superbe paire la veille au soir.
— Qu'en dis-tu ? demanda Riel, en désignant ses pieds.
Angus leur jeta un vague regard blasé, acquiesça à regret. Riel était toujours vêtu à la dernière mode et cela avait le don de l'agacer. Qu'on puisse passer autant de temps pour s'habiller ! Il y a tant d'autres choses à faire !
— Elles te vont à ravir…
— Je vais avoir un succès monstre ce soir.
Angus sourit légèrement.
— Tu as toujours du succès Riel.
Son ami avait à son actif de nombreuses conquêtes féminines et masculines. Tous craquaient pour son allure décontractée, la beauté de ses traits, sa gaieté naturelle et surtout l'ambre de ses yeux. Sa couche ne restait jamais vide. Ses plus grandes passions ne duraient guère plus d'une dizaine de jours, vite remplacées par d'autres. Angus faisait figure de timide en comparaison, privilégiant la discussion au sexe.
Ils franchirent enfin le seuil de la bulle-silence, qui entourait l'aéroport et garantissait un calme relatif au parc, et atteignirent la plaine herbeuse. Quelques bosquets d'arbres, des massifs de fleurs, de petits ruisseaux enjambés de ponts délicats l'agrémentaient. Une foule nombreuse parcourait les allées. Des jeunes gens s'étaient octroyé un carré de pelouse et s'évertuaient à donner des coups de pieds dans une balle pour lui faire franchir un faisceau lumineux généré par deux robots. Des supporters les encourageaient ou les huaient. Le score holographique flottait en chiffres rouges et verts à deux mètres du sol.
Angus et Riel s'arrêtèrent pour observer des joueurs, récoltant grommellements et bousculades.
— Une nouvelle variante du bolgey ? questionna Angus.
— Oui, et elle est vraiment pas mal. Tu peux me croire ! J'y ai joué hier. Ca te dit une partie ?
Angus secoua la tête, l'air peiné.
— Je ne veux pas jouer à cette version, ni à une autre. Riel, Tu ne te rends pas compte ? Nous n'inventons plus rien ! Cette version, je ne sais pas comment vous l'appelez…
— Roltey, l'interrompit Riel.
— Oui et bien ce roltey, je suis sûr qu'il existe des tas d'autres noms pour ce jeu et qu'il a déjà été inventé des dizaines de fois au cours des derniers siècles.
Riel soupira ostensiblement.
— Angus, tu n'es vraiment pas drôle. Tu es toujours en train de nous seriner la même chose. Et toi, tu crois que tu inventes quelque chose ? Je t'entends surtout critiquer. Tu devrais t'amuser au lieu de réfléchir. Laisse ça aux IAs. Elles sont là pour ça. Maintenant, si tu permets, une petite partie de roltey, ce bon vieux sport, m'intéresse davantage qu'une nouvelle conversation avec toi. A plus.
Riel le laissa et se dirigea d'un pas vif vers le groupe de supporters. Il fit l'accolade à chacun et alla embrasser une blonde. Angus se détourna et se dirigea vers le plus proche bâtiment. L'université était composée de plusieurs immeubles disséminés dans le parc. Chacun d'eux abritait salles de cours, bibliothèques, ateliers et laboratoires et accueillait les élèves quelle que soit la matière étudiée.
A son entrée dans le hall, son bracelet lui indiqua l'ascenseur qu'il devait prendre parmi la dizaine disponible. Il se fraya un passage parmi la foule et pénétra dans la cabine avec une vingtaine d'autres personnes. D'une légère vibration, son bracelet l'avertit qu'il avait atteint son étage. Jouant des coudes, il descendit.
Il se retrouva dans un large couloir, fortement éclairé. Des robots-fauteuils, lévitant à une cinquantaine de centimètres au-dessus du sol, y transportaient hommes et femmes. Légèrement basculés en arrière pour assurer la stabilité de leur passager, ils empruntaient le milieu du couloir laissant les côtés aux rares piétons. L'un d'eux, sans passager, vint à sa rencontre.
— Puis-je vous conduire à votre salle de cours ?
— Sans façon, répondit sèchement Angus.
Sa destination se trouvait à peine à cinquante mètres. Et il le sait ! Utiles pour de longues distances, Angus ne leur trouvait aucun sens pour de courtes distances. Ils ne devraient même pas poser la question. Le robot s'adressa à une jeune fille tout proche. Elle s'empressa de s'installer. Angus la vit s'arrêter avant sa propre salle et descendre du fauteuil, ravie. Il secoua la tête, agacé, et avança avant qu'un nouveau robot ne vienne lui proposer de l'emmener. Il s'efforçait toujours de se débrouiller sans eux et ne comprenait pas que tous ne fassent pas de même. Ce besoin d'utiliser ces machines le mettait mal à l'aise, sans qu'il sache exactement pourquoi. Riel se moquait de lui quand il en parlait.
— Les robots sont là pour nous aider, Angus. C'est normal qu'on s'en serve.
— Mais ils n'ont qu'à faire quelques pas pour rentrer dans leur salle. Je suis sûr que s'il n'y avait pas de robot, ils seraient incapables de la retrouver.
— Tu exagères toujours. Si tu ne veux pas les utiliser, ne les utilise pas ! Mais n'en dégoûte pas les autres. Tu voudrais vivre dans un monde sans robot ?
— Non, tu ne me comprends pas...
Angus avait plusieurs fois tenté d'expliquer son malaise à son ami, sans succès. Les mots lui faisaient défaut. Il avait tout pour être heureux : une totale liberté, des cours qui l'enchantaient, des amis, des fêtes. Il déciderait sans doute bientôt de faire un enfant. Quelques hommes et femmes le lui avaient déjà proposé mais il ne se sentait pas encore prêt. Il pouvait même quitter Onyx pour une planète nouvellement colonisée s'il le désirait. Mis à part le surpeuplement, il ne voyait rien qui pourrait l'attrister ainsi et pourtant, il n'était pas heureux. Il ne se sentait tout simplement pas à sa place dans ce monde.
Parvenu à sa salle, il décida de prendre un limofrais, en attendant l'heure du cours. Il choisit l'icône de la boisson sur son bracelet. Le plateau-robot fit son apparition quelques secondes plus tard, rasant le plafond, et descendit face au jeune homme. Angus se saisit du verre transporté et commença à en siroter le contenu. Le robot repartit vers le fond du couloir.
Un groupe de cinq personnes se forma un peu plus loin. Comme lui, ils attendaient le cours de cosmologie. Angus connaissait certains de vus mais pas tous. Il consulta son bracelet. Les informations défilèrent sur son écran, lui apprenant l'âge, le domaine d'étude et le quartier d'habitation de chacun. Un petit descriptif personnel lui était également accessible. Il faudrait que je revoie le mien. Rien ne l'attirait spécialement chez eux et il laissa son bracelet répondre par la négative à leurs propositions de venir les rejoindre. Il choisit l'icône du journal local et passa en mode holographique. Images et textes s'affichèrent dans les airs entre le mur et lui : fêtes, événements sportifs, informations des quartiers, mesures gouvernementales, pages de mode, potins sur les personnalités connues du moment, publicités incitant notamment à venir suivre les nouveaux traitements de rajeunissement. Pourquoi ont-ils besoin de faire de la publicité ? Tout le monde connaissait et utilisait ces soins. Suivant la mode en cours, l'âge, il fallait modifier son apparence. Même son père qui ne se souciait guère de son aspect avait fait éliminer ses rides. Angus, lui, avait fait retailler les lobes de ses oreilles, sur les conseils de Riel.
Le limofrais terminé, Angus jeta le verre vide au sol. Un petit robot-ramasseur glissa jusqu'au déchet et l'avala d'une seule bouchée. La porte de la salle de classe s'ouvrit sur six élèves qui s'égaillèrent sur des robots-fauteuils. Angus entra, suivi par le reste du groupe, et s'installa devant l'un des pupitres. Le cours était assuré par un androïde. Sans son visage de métal, l'être mécanique aurait aisément pu passer pour un humain. Une rumeur persistante voulait que la plaque masque une figure humaine, les IAs désirant que les hommes ne soient pas confrontés à la présence d'un être aussi identique à eux-mêmes et pourtant si différent. La majorité des cours étaient donnés par des androïdes. Peu d'humain était enclin à le faire et encore moins à les écouter. La machine avait l'avantage de pouvoir répéter inlassablement les mêmes explications et de s'adapter au rythme de chacun de ses élèves. Les groupes se modifiaient d'une session à l'autre en fonction de l'apprentissage de chacun. Ainsi, Angus progressait vite et changeait régulièrement de niveau. L'écran holographique de son bracelet afficha ses icônes de travail. Le cours débuta et il fut bientôt totalement absorbé par les équations mathématiques.
— L'heure est terminée, monsieur.
Angus releva la tête, intrigué.
— Ah, euh oui…
Il ne s'était même pas rendu compte du temps passé. Il enregistra les données de son bureau et sortit de la pièce. Les autres élèves avaient déjà disparu. Angus pesta et vérifia sur son bracelet qu'il n'avait pas trop dépassé le temps attribué pour la cosmologie. Il constata avec soulagement qu'il avait travaillé une heure pile. Il était dangereux de passer plus de temps à un tel niveau de mathématiques. Les IAs préconisaient une heure toutes les quatre heures. Heureusement, l'androïde professeur était là pour vérifier que les consignes étaient bien respectées. Un robot-fauteuil se posa près de lui. Angus déclina son offre, regrettant une fois de plus de ne pas avoir la possibilité de lui faire savoir d'avance qu'il n'avait pas besoin de lui. Elles devaient l'avoir interdit pour d'obscures raisons. Il décida de rejoindre Riel. Il devait avoir terminé sa partie.
Il le retrouva, étendu sur l'herbe en compagnie d'une jeune femme rousse.
— Je ne vous dérange pas ? demanda Angus en s'asseyant près d'eux.
— Non, j'allais justement partir, répondit la jeune femme.
Elle embrassa Riel avec passion, se releva et s'en fut. Riel la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans la cohue.
— Elle est épatante, tu sais ?
Angus haussa les épaules.
— Comme toutes les autres…
— Ouais… Et ton cours ?
— Comme d'habitude, des équations à la dizaine. Et toi, tu comptes aller voir ce que devient la linguistique, aujourd'hui ?
Angus s'allongea aux côtés de Riel.
— Non, pas aujourd'hui. La linguistique devra m'attendre encore un peu.
Des nuages floconneux dérivaient lentement au-dessus de leurs têtes, leur blancheur pigmentée de nombreux points noirs : les aéros.
— Tu es sûr que tu veux devenir linguiste un jour ? Tu ne vas pratiquement pas en cours ces derniers temps.
— Linguiste ? Tu comptes devenir cosmologue, toi ? Ne dis donc pas de bêtise ! Tu sais bien que c'est juste comme ça, pour passer le temps, et en ce moment, Lise m'occupe suffisamment. Une petite partie de roltey ?
Angus fit la grimace.
— Je n'ai pas changé d'avis sur ce sport. Mais je ne vais pas à nouveau t'ennuyer avec tout cela…
Il ne comprendra jamais ce que je ressens. Il se leva.
— Je rentre. A demain.
— Tu ne viens pas à la soirée ? demanda Riel en roulant sur le côté pour observer son ami. Tu fais la tête ?
— Non, non. Le commandant et moi, on se fait une petite virée entre nous. Tu sais, c'est notre anniversaire. Je viendrais faire la fête demain. Bye !
Angus se dirigea vers la piste d'atterrissage, pianotant sur son bracelet pour réserver un aéro-taxi. Avec un peu de chance, j'y serai dans une demi-heure.
Il ne passa pas l'aéro en pilotage manuel. A quoi bon ? L'intelligence de bord déciderait de me reprendre les commandes au moindre prétexte. J'aurais peut-être mieux fait d'apprendre l'informatique. J'aurais peut-être pu empêcher le déclenchement du pilote automatique… Je sais bien que non. Ce n'est pas possible. Elles ont dû prévoir ce cas. Elles ne le permettraient pas. Ses pensées se tournèrent vers ses parents. Elles sont si intelligentes et pourtant mes parents sont morts à cause d'Elles. Une panne d'intelligence de bord…
L'accident s'était produit quatre kilojours plus tôt. Il n'avait alors que dans les cinq kilojours. Les IAs avaient statué sur une exceptionnelle panne de l'intelligence de bord. Elles avaient parlé de perturbations d'origine électromagnétique mais il était resté sceptique. L'aéro avait filé tout droit vers une falaise, en bordure de la mer que ses parents survolaient. Son père avait réussi à prendre les commandes manuelles mais trop tard pour éviter le crash. Angus avait été le premier orphelin depuis des siècles. Elles avaient dû chercher dans Leurs bases de données, Leur mémoire, pour savoir que faire en pareille circonstance. Angus était un cas à part. Ses parents avaient toujours refusé de lui octroyer un robot-nounou. Il était seul au monde. Quand Elles avaient parlé d'adoption, le commandant Vince s'était proposé. Il était un vieil ami de son père et avait toujours refusé la procréation. Angus était un cadeau.
Le jeune homme se rappelait leur toute première rencontre. Personne ne s'était décidé à lui avouer la mort de ses parents mais il voyait des larmes couler sur bien des visages. Des robots-psychologues, vêtus de leur longue blouse blanche, l'entouraient, formaient une sorte de rempart entre lui et le monde. Vince avait traversé leur rang et lui avait annoncé le décès de ses parents. Angus était resté de marbre, incapable d'éprouver la moindre émotion. Ce n'est que trois jours plus tard qu'il s'était effondré, en larmes, dans les bras de Vince, réalisant seulement alors la perte de ses parents. Quatre kilojours s'étaient écoulés depuis et les liens qui unissaient les deux hommes s'étaient renforcés. Ce soir, ensemble, ils commémoraient leur vie commune, fêtant leur première sortie en tant que père et fils.
Ils étaient allés visiter la Tour Intellart, le spatioport d'Onyx. Angus, alors enfant, avait été subjugué par le gigantisme du monument, ses formes élancées, les colonnes qui en soutenaient le porche, la kyrielle de sculptures qui enserraient la façade.
— L'extérieur est identique au spatioport originel créé par l'homme, il y a de cela des megajours, lui avait expliqué Vince. Les statues seules ont été ajoutées. Elles représentent les pionniers, je crois. Quand Elles colonisent un nouveau monde, les IAs commencent par ériger la Tour Intellart. Le premier bâtiment que les colons découvrent en arrivant, le dernier qu'ils contemplent en partant.
Ils avaient passé le seuil et de nouveau, Angus s'était figé, captivé par la démesure des lieux. La voûte s'élevait à quatre-vingt mètres au-dessus de sa tête, soutenue par vingt magnifiques colonnes de granit blanc veiné de bleu. Chaque étoile de la galaxie y figurait, flamboyante de couleur ou minuscule point lumineux sur le fond noir. Angus était tombé en extase devant la représentation, rêvant à tous ces mondes inconnus, brûlant d'apprendre à les connaître. Sa passion pour l'espace était née ce jour-là. La galaxie tournait majestueusement sur elle-même entraînant l'esprit du jeune garçon dans sa danse. Sur les hauts murs du hall gravitaient les systèmes solaires colonisés, présentant tour à tour les planètes qui les constituaient. Leurs noms et des informations diverses défilaient en lettres d'or et d'argent. Sur le sol, les plus beaux paysages d'Onyx se succédaient : plages de sable blanc, couchers de soleils sur des mers turquoises, la métropole de Véga, la vallée du Qia, des vues de l'Egarée, la plus haute chaîne montagneuse de la planète, et bien d'autres merveilles. Plusieurs galeries, garnies de balustrades de marbre blanc délicatement ouvragé, courraient tout autour du hall, à différentes hauteurs. Les visiteurs s'y pressaient pour contempler les paysages d'Onyx ou la galaxie.
Vince avait poussé Angus vers une rangée d'ascenseurs. L'un d'eux les avait menés jusqu'à mi-hauteur de l'édifice. De larges baies vitrées donnaient sur le tarmac du spatioport. De petits vaisseaux lourdement chargés en décollaient alors que d'autres, vides, s'y posaient. Ils alimentaient en matériaux et matériels divers les vaisseaux de colonisation en cours de construction dans l'espace.
— Regarde, il reste deux cent trois jours avant le prochain départ.
Vince lui avait montré les chiffres sur son bracelet. Bientôt, des Onyxiens quitteraient le monde qui les avait vus naître pour coloniser de nouvelles terres. Le cœur d'Angus s'était emballé à cette idée. Moi aussi, un jour, je quitterai Onyx.
— Il y a trois vaisseaux en préparation.
Une vue holographique du chantier s'était affichée devant eux. Les colosses de l'espace étaient si lourds qu'ils n'auraient jamais pu décoller de la planète. Ils étaient donc construits directement dans l'espace. Leurs passagers et leurs possessions les rejoindraient par navette.
— Tous les deux kilojours, une nouvelle colonie est ouverte par les IAs. Peut-être un jour, en ferons-nous partie. Cela te plairait ?
Les yeux du jeune garçon s'étaient mis à briller et il avait vigoureusement hoché la tête. Vince avait souri.
Ils avaient postulé dès le passage d'Angus à l'âge adulte, persuadés que la position du commandant au gouvernement activerait leur demande. Six hectojours plus tard, ils n'avaient toujours pas reçu de réponse. Les IAs ne prenaient visiblement pas ce genre de paramètre en considération.


L'aéro-taxi le déposa sur le toit de l'immeuble où il partageait un trois pièces avec son père. A son âge, il aurait dû vivre dans son propre appartement, mais n'en ressentait pas le besoin. Et puis obtenir le moindre logement relevait de la gageure, surtout pour un célibataire. Riel n'avait obtenu un minuscule studio que deux hectojours après sa demande. Les appartements étaient réservés en priorité aux couples avec enfants, puis sans, et les célibataires venaient loin en dernier. Les demandes pour quitter Onyx s'en trouvaient multipliées. Beaucoup rêvaient d'espace, loin de la mégalopole surpeuplée.
Vince l'attendait déjà. Ils dînèrent en tête-à-tête, parlant de tout et de rien, profitant pleinement de ces instants père-fils. A la fin du repas, le commandant sortit une bouteille d'alcool Tiekth et en servit un verre à Angus, avant de se laisser aller au fond d'un fauteuil. Angus s'affala de tout son long sur le divan. Ainsi allongé, il laissa son regard se perdre dans les volutes vertes de l'alcool. Chaque torsade avait ses propres tonalités, se mélangeant à d'autres pour se séparer l'instant suivant. Un verre de Tiekth constituait une œuvre d'art à part entière. C'était un breuvage rare et il fallait une occasion bien spéciale pour que le commandant ait débouché une bouteille, un événement plus important que leur anniversaire. Il attendit, confortablement installé, que son père prit la parole. Il ne le fit qu'au bout de plusieurs minutes.
— As-tu toujours envie de partir à la découverte d'un autre monde, Angus ?
Le jeune homme se redressa vivement.
— Ne me fais pas languir ! Notre demande a été acceptée ? Quand partons-nous ?
Le commandant sourit, amusé.
— Dans soixante-dix-huit jours. Nous sommes censés coloniser Liuce. Il nous faudra environ cent vingt jours pour nous y…
La fin de sa phrase fut couverte par le cri de joie d'Angus. Il avait jailli du canapé et poussait de vigoureux hourras. Le sourire du commandant s'élargit.
— Mais nous n'allons pas sur Liuce, ajouta-t-il, profitant d'un court répit.
Angus le fixa, éberlué.
— Nous n'allons pas sur Liuce ? Mais tu viens de me dire que notre demande était acceptée !
Son père contempla son verre de Tiekth.
— Oui, notre demande a été acceptée, et pourtant, nous n'allons pas sur Liuce.
Il releva les yeux et étudia son fils, avant de continuer.
— Nous sommes quelques-uns à penser que ce n'est pas seulement Onyx que nous devons quitter, mais également les IAs.
Angus se rassit, les sourcils froncés. Son père expliqua.
— Nous voulons gagner une planète non terraformée par Elles, loin d'Elles.
Angus le dévisageait comme s'il était devenu fou.
— Une planète non terraformée ? Sans les IAs ? Mais c'est impossible, voyons !
Vince éclata de rire.
— Tu sais bien que c'est possible, Angus. C'est toi qui suis des cours de cosmologie et d'exobiologie. Tu t'en souviens ?
Angus se renfrogna. Vince reprit son sérieux.
— Penses-tu vraiment que les IAs soient indispensables à notre survie ?
— Oui, enfin non … Mais… comment ? Jamais Elles ne nous laisseront partir. Elles ne nous laissent même pas piloter nos propres aéros, alors quitter la planète…
— Nous ne Leur demanderons pas leur avis. Pour une fois.
— Et pour aller où ? demanda Angus, perplexe.
Son père l'observa longuement, le jaugeant du regard, avant de continuer.
— Nous comptons sur toi pour nous le dire, Angus.
— Moi ? s'étrangla ce dernier.
Le commandant sourit.
— Oui, toi. Allez viens. Je t'expliquerai tout en détail une fois que nous serons là-bas.
Vince se leva, attrapa sa veste et sortit de l'appartement. Incrédule, Angus courut à sa poursuite. Deux minutes plus tard, ils étaient dans un taxi, volant vers une destination inconnue.


L'aéro-taxi les déposa dans une avenue peu animée, bordée de gratte-ciel identique à celui qu'ils venaient de quitter. Ils marchèrent sur une centaine de mètres et stoppèrent devant un immeuble que rien ne différenciait des autres. Le jeune homme, mal à l'aise, jetait des regards inquiets autour de lui, dévisageait les rares passants. Les IAs sont forcément au courant. Jamais Elles ne nous laisseront faire. Ils entrèrent. Le hall était désert. Deux robots-fauteuils se présentèrent à eux, aussitôt éconduits par son père.
— Par ici, Angus.
Il ouvrit une porte et descendit un escalier. Angus le suivit. Il connaissait l'existence de tels escaliers, mais il n'avait jamais eu l'occasion d'en emprunter. Les ascenseurs étaient bien plus rapides. Pour lui, l'aventure commença dès la première marche.
Parvenus en bas, ils franchirent une deuxième porte et se retrouvèrent au centre d'un long couloir mal éclairé. Ils avancèrent, passant devant d'autres couloirs et d'autres portes. Le commandant frappa trois puis deux coups à l'une d'elle, puis attendit. Une suite de coups lui répondit. Il acquiesça silencieusement et entraîna Angus dans un autre couloir pour stopper de nouveau. Une voix s'éleva de derrière une porte.
— Le mot de passe.
Le commandant, la bouche collée à la paroi, murmura quelque chose. Angus sourit, amusé par tant de secrets. On ouvrit et Vince franchit rapidement le seuil, tirant Angus par le bras. La porte se referma aussitôt derrière eux. Ils étaient dans une pièce nue sans aucune décoration holographique. Où sommes-nous ?
— Content de te revoir, Schein. Tout va bien ?
Vince s'adressait à celui qui leur avait ouvert, l'homme le plus maigre qu'ai jamais vu Angus. Il devait bien peser cinq ou six kilos de moins que le standard. Ses grands yeux noisette brillaient d'intelligence dans son visage émacié. Angus jeta un œil à son bracelet pour connaître son identité et hoqueta. L'écran était noir, éteint. C'est impossible. Paniqué, il hurla. Une main se plaqua sur sa bouche, faisant taire ses cris.
— Du calme ! lui intima son père. Ton bracelet est juste déconnecté. Tu n'as rien à craindre. Entendu ?
La respiration rapide, Angus acquiesça silencieusement. Son père le relâcha.
— Schein, je te présente mon fils, Angus. Angus, Schein de Qia.
L'homme lui sourit avec chaleur.
— Ca fait toujours un choc la première déconnexion.
Angus, penaud, grimaça un pâle sourire.
— Schein s'occupe de tout ce qui concerne les IAs, expliqua Vince. Et surtout de détourner leur attention de notre projet.
— Comment ? questionna Angus, interloqué. Tu peux Les reprogrammer ?
Schein éclata de rire.
— Non, je serais bien incapable de reprogrammer une IA. Je me contente de développer des programmes qui Les mettent sur de fausses pistes. Mais il n'y a pas que ça. Viens avec nous.
Les trois hommes empruntèrent plusieurs couloirs et petites pièces semblables à la première avant d'arriver dans une salle partiellement aménagée. Une trentaine de personnes y était assise sur de petits tabourets, face à une représentation holographique des plans d'occupation d'un vaisseau colonisateur. Un homme d'une quinzaine de kilojours, debout devant eux, commentait chaque portion. Angus s'étonna. Pourquoi se préoccuper de couper les bracelets alors que ce plan provient visiblement du réseau ? Les IAs n'auront aucun mal à le détecter. Schein et Vince s'assirent, imités par Angus. L'exposé tournait à présent autour de la logistique, essentiellement agricole. Le jeune homme n'y comprenait pas grand chose. Deux ou trois personnes intervinrent longuement pour donner leur avis. Angus finit par perdre tout intérêt pour le débat et laissa errer son regard. Dans un coin, il repéra une étrange petite boîte de métal mat, posée sur une table. Il n'avait jamais vu ce genre d'objet. Il jeta un œil à son bracelet éteint. Ce n'est pas lui qui me renseignera... Il dévisagea les inconnus qui l'entouraient. Qui peuvent-ils bien être ? Sans le réseau, il se sentait complètement déboussolé, mal à l'aise. Tous ces gens veulent Les quitter… Pour quelles raisons ? Il chercha des réponses sur les visages, sans en trouver. Ils ressemblaient à tous ceux qu'il connaissait. Rien de spécial n'émanait d'eux. Et moi, pourquoi voudrais-je partir loin d'Elles ? Il se souvint de toutes les conversations qu'il avait eues avec ses amis et de ses vaines tentatives pour leur exprimer son malaise à vivre dans une société où Elles régentaient tout. On avait beau lui répéter que tout y était fait pour son bonheur. Il ne se sentait pas heureux. Au contraire, il avait toujours l'impression qu'on l'avait dépossédé de quelque chose et que sa vie ne serait jamais pleinement satisfaisante.
— Crise de l'adolescence ! Tu verras quand tu seras réellement adulte ! prétendaient certains.
Il savait que ce n'était pas le cas. Il sentait confusément qu'il y avait autre chose, qu'il avait un besoin que cette société, aussi idéale fut-elle, ne lui permettrait jamais de combler : un sens à sa vie.
Schein et son père se levèrent. La réunion était terminée et la pièce se vidait rapidement. Les trois hommes se dirigèrent vers un petit groupe qui demeurait près de l'étrange boîte qu'avait repérée Angus.
— Angus, voici Krys de Rigulm. Il se charge de la logistique.
L'homme au visage sévère devait avoir dans les vingt kilojours. Il donna une puissante accolade à Angus.
— Ravi de faire la connaissance du fils de Vince.
— Eduerdo de Juikul, le responsable de nos futurs agriculteurs et éleveurs.
Les cheveux roux coupés en brosse, le visage carré, ses yeux gris vert semblaient toujours en alerte, curieux de tout. Il plut d'emblée à Angus.
— Sa femme, Marina, le secondera.
Elle était un peu plus petite que lui, ronde. Un sourire timide accentuait l'impression de gentillesse et de douceur qui émanait d'elle.
— Et Erika de la Masside, notre médecin.
L'allure sportive, la jeune femme au regard gris pâle, ne devait pas avoir plus de douze kilojours.
— Doctoresse ? s'étonna Angus.
— Je m'occuperai de soigner les malades, expliqua Erika.
Angus la dévisagea avec des yeux ronds. Un humain s'occuper des malades ? Erika éclata de rire.
— Ne sois pas surpris. Quand nous aurons quitté les IAs, il faudra complètement nous prendre en charge, et même pour les maladies.
Angus avait du mal à s'imaginer comment la jeune femme pourrait savoir ce qu'il fallait pour le soigner. Son bracelet s'en était toujours chargé. Il avait les IAs et le réseau pour cela. Son père ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus avant.
— Maintenant que tu connais tout le monde, Angus, je vais t'expliquer ce que nous attendons de toi.
Il l'amena devant la boîte métallique. Schein était assis devant la table, et ses mains courraient sur un objet long en plastique blanc. Un clavier. Angus n'en avait jamais vu. Les touches étaient habituellement holographiques. Cela devait faire des mégajours que plus personne n'utilisait de clavier. Mais alors, la boîte de métal…
— C'est un ordinateur ? demanda le jeune homme, timidement.
Schein opina.
— Exact. Il est complètement indépendant du réseau. Je suis en train d'élaborer un programme qui nous permettra de naviguer dans l'espace, sans IA à bord. Enfin, dès que tu nous auras dégoté la planète idéale.
— La planète… idéale…
— Oui, Angus, reprit le commandant, après avoir jeté un regard noir à Schein. Nous avons décidé d'aller sur une planète non terraformée, de nous y installer, d'avoir nos propres cultures et élevages.
Il désigna Eduerdo et Marina d'un geste de la tête.
— Cela ne sera pas facile, il nous faudra déconnecter l'IA du vaisseau spatial et nous ne savons pas encore comment. Schein travaille sur un programme qui remplacera l'IA une fois qu'elle sera désactivée. Mais pour que tout cela soit réalisable, il nous faut une planète vierge et en dehors des zones prospectées par les IAs. Tu fais des études de cosmologie et d'exobiologie, et tu es la seule personne que je connaisse qui soit capable de nous trouver une planète qui pourrait nous convenir. Nous avons besoin de toi, Angus. Es-tu prêt à nous aider ?
Le jeune homme le dévisagea quelques instants, incapable de répondre. Bien sûr, il faisait des études de cosmologie et d'exobiologie mais ce n'était que pour passer le temps. Qu'arrivera-t-il si je me trompe ? Si je choisis la mauvaise planète ? Et si… ? Il baissa la tête. Son cœur battait avec force dans sa poitrine. Je ne peux pas prendre une telle responsabilité… Ce serait de la folie. Il releva la tête pour refuser. Ses yeux se posèrent alors sur le petit groupe autour de lui. Dans leurs regards, ils lisaient l'attente, l'espoir. Vince le fixait, avec l'assurance qu'il lui connaissait. Il se rendit compte qu'il ne pouvait refuser. Il ne pouvait décevoir cet homme qui lui faisait ainsi confiance. Puisant la force dans le regard de son père, il sentit lentement le doute refluer pour laisser place à la certitude. Je trouverai notre planète !
— Quand partons-nous, déjà ? demanda-t-il, innocemment.

1 commentaire:

  1. Bravo, c'est vraiment bon. Et pourtant je ne suis pas une accro de la SF. J'espère vivement que tu seras éditée, car tu vois, tu as déjà une première acheteuse!!

    J'ai fait les corrections en rouge mais ça ne passe pas ici. Est-ce que tu as une adresse e-mail? Il n'y a pas grand chose, mais bon, si ça peut t'aider :)

    Bonne continuation et surtout je croise fort fort les doigts!!!

    Maira

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